Jocelyn Maltais a profité du 97e anniversaire de Georges Villeneuve pour parler de ses ouvrages, dont le plus récent, Le sens de la vie, qu’il tient dans sa main. À ses yeux, l’ancien notaire, qui fut également maire de Mistassini et député fédéral, a produit des oeuvres fortes, où filtrent ses convictions régionalistes.

Jocelyn Maltais rend hommage à Georges Villeneuve

Jocelyn Maltais s’est senti privilégié, le 20 février, lorsqu’il a rencontré Georges Villeneuve au CHSLD l’Oasis de Dolbeau-Mistassini. Grand amateur d’histoire et de littérature régionale, l’artiste qui fut longtemps associé à La Grande Marche des Tacons Sites, un projet faisant la promotion de la ouananiche en tant qu’emblème animalier du Saguenay-Lac-Saint-Jean, s’était mis en tête de célébrer le 97e anniversaire de naissance d’un homme qu’il juge admirable.

« C’est un patrimoine vivant, un érudit qui a été député fédéral dans les années 1950, maire de Mistassini et fondateur du Festival du bleuet, a raconté Jocelyn Maltais au cours d’une entrevue accordée au Progrès. Pendant plusieurs années, il a aussi croisé le fer avec Monseigneur Victor Tremblay, de la Société historique du Saguenay. Celui-ci soutenait que le mot Saguenay englobait toute la région, ce que n’a pas accepté Georges Villeneuve, qui est tellement enraciné dans le territoire. »

Un premier contact avait eu lieu en décembre. Constatant que le nonagénaire était alerte, capable de soutenir une conversation, il est revenu en compagnie de sa conjointe afin de souligner l’anniversaire du Jeannois. « Je me suis intéressé à lui pendant mes recherches au sujet de l’emblème animalier. Je veux rencontrer les témoins de notre terroir qui sont toujours vivants », explique Jocelyn Maltais.

Bien qu’il soit âgé de 97 ans, Georges Villeneuve a gardé un esprit vif, affirme l’artiste Jocelyn Maltais, qui a eu la chance de le rencontrer récemment. «Cet homme possède une belle tête», a-t-il confié au Progrès.

Il était d’autant plus motivé que Georges Villeneuve a produit une oeuvre littéraire importante, parallèlement à sa fonction de notaire. Ses quatre livres forment une somme que chérit l’artiste, à commencer par Les portageurs de la Chamouchouane, le plus ancien du lot. « C’est le récit d’une expédition à laquelle son père avait participé, mentionne-t-il. Le groupe était parti de Saint-Prime pour se rendre à Chibougamau. »

Les deux suivants, Chape de plomb et Les emmurés, poussent encore plus loin la réflexion sur l’identité régionale. « Chape de plomb, c’est son chef-d’oeuvre, un roman extraordinaire portant sur un jeune prêtre qui oeuvre dans le Haut-du-Lac. Quant au second ouvrage, il montre à quel point nous étions emmurés par les montagnes, ainsi que la doctrine religieuse. L’écriture est formidable », soutient Jocelyn Maltais.

Ce cycle créatif est complété par Le sens d’une vie, qu’on peut assimiler à des mémoires. « Cette fois, on constate que son esprit critique remonte à ses jeunes années, ce qu’illustrent ses travaux d’étudiant annotés par ses professeurs. Les descriptions sont justes. On sent que l’auteur a une formation de notaire », fait remarquer l’artiste qui, lui aussi, vit au Lac-Saint-Jean.

Pendant l’entretien du 20 février, il fut question de ces livres, mais aussi de plein d’autres choses. « Tout lui revient en mémoire et ses propos sont d’une grande précision. Cet homme possède une belle tête. C’est un bâtisseur, en même temps qu’un superbe régionaliste », lance Jocelyn Maltais. Il souhaite que son oeuvre demeure vivante et se réjouit à l’idée qu’un hommage sera rendu à Georges Villeneuve dans les prochains mois, une initiative pilotée par la Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine.