Jimmy Larouche prépare une websérie sur une transgenre

Une personne au volant de sa voiture, sur l’air d’une chanson triste, Les chemins, interprétée par Safia Nolin. Un village apparaît dans un décor de neige, celui des origines, où elle revient à la suite d’une longue absence. Son visage ne laisse rien voir des sentiments qui l’habitent, mais si le vœu du réalisateur Jimmy Larouche se concrétise, on pourra les découvrir dans quelques mois, par l’entremise d’une websérie intitulée Appelle-moi Alice.

Pour l’instant, l’unique trace de ce projet consiste en une bande-annonce diffusée depuis quelques jours via Facebook. Le tournage a été bouclé le 20 février, à Saint-Alexis-des-Monts. Tous les participants ont collaboré à titre bénévole, puisque ce document fait partie du dossier de candidature soumis aux organismes subventionnaires.

« C’est pour s’assurer que nous serons en mesure de faire de quoi de bien au plan technique, dans l’éventualité où ils financeraient la websérie, a expliqué Jimmy Larouche mardi, au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien. En même temps, il est important que le plus grand nombre de gens possible visionnent la bande-annonce, puisqu’on en tiendra compte au moment d’évaluer notre capacité de générer de l’intérêt, notamment sur les médias sociaux. »

Jimmy Larouche vient de créer la bande-annonce de la websérie Appelle-moi Alice, laquelle pourrait être tournée à l’automne, au Saguenay.

Le réalisateur originaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean précise que la boîte qui porte ce projet, Les Productions de la Muse, s’attend à recevoir des réponses au printemps. Si elles sont positives, le tournage, qui durerait huit ou neuf jours, pourra se mettre en branle aux alentours du mois de septembre. Son vœu, partagé par le scénariste Frédéric Boudreault, est de créer Appelle-moi Alice au Saguenay. Pour illustrer à quel point le duo y tient, mentionnons que le titre initial de l’œuvre était Fjord.

Participation de Marc Béland

La personne dont il est question au début de ce texte est incarnée par le comédien Marc Béland. Il s’agit d’Alice, une transgenre épousant désormais des traits féminins. La voici qui retourne à la maison après 16 ans d’absence, là où l’attend sa fille, un rôle qui a été confié à Émilie Leclerc-Côté. Sur la bande-annonce, on la voit apparaître aux côtés d’Emmanuel Bilodeau, qui prête ses traits au conjoint. La distribution comprend également Louise Portal, Claire Jacques et France LaRochelle.

« Ce serait ma première websérie et je l’aborde comme un film en cinq parties, ce qui correspond aux cinq épisodes prévus dans le scénario. Ils dureront de cinq à dix minutes et chacun doit donner le goût de voir la suite. C’est pourquoi je tiens à ce que cette production affiche les mêmes qualités qu’un long métrage, que ce soit au niveau du jeu ou de l’éclairage », énonce Jimmy Larouche.

Le retour d’Alice dans son village serait d’abord présenté par Les Productions de la Muse. Ensuite, bien sûr, on espère que d’autres organisations prendront la série sous leur aile. « Elle pourrait aboutir à TV5 ou Tou.tv », laisse entrevoir le réalisateur.

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LE REPORT DE MAN LE DÉÇOIT ENCORE

Nécessité fait loi, dit-on, un principe auquel le cinéaste Jimmy Larouche n’a pas eu le choix d’adhérer dans les derniers mois. Confronté au report du projet de long métrage inspiré par Man, le roman de Kim Thuy, il a vécu un passage à vide qui l’a poussé à lancer plusieurs lignes à l’eau, histoire de ne plus voir le tapis lui glisser sous les pieds.

« Je me suis retrouvé devant rien quand la maison de production a changé, alors que le tournage devrait être complété, à ce stade-ci. J’avais mis tous mes oeufs dans le même panier et après avoir traversé une année de misère, j’ai pris la décision d’élargir mes horizons », confie le cinéaste. C’est dans ce contexte qu’il planche sur sa première websérie, Appelle-moi Alice, de concert avec le scénariste Frédéric Boudreault et Les Productions de la Muse.

En parallèle, Jimmy Larouche s’investit dans deux séries documentaires qui pourraient atterrir au petit écran, de même qu’un long métrage, des courts et une fiction destinée à la télévision conventionnelle. 

« Toutes ces choses prennent du temps à aboutir, mais à un moment donné, j’espère que la roue va se mettre à tourner », fait remarquer le réalisateur de La cicatrice (2013), Antoine et Marie (2015) et Mon ami Dino (2016).

Il voit aussi Man dans sa soupe, en dépit de la déception générée par le report du tournage. Il faut dire que ce long métrage avait déjà reçu l’aval des organismes subventionnaires lorsqu’un problème est survenu au niveau de la production. Or, il s’agit d’un film ambitieux, ne serait-ce qu’en raison du fait qu’il doit être tourné au Canada et au Vietnam, ainsi qu’en France.

« C’est ce que j’ai écrit de plus fort. Ce film va m’amener au prochain niveau », anticipe Jimmy Larouche.