Gisèle Munger vient d’officialiser la fin des activités de Jeunesse en Choeur, une chorale qu’elle a fondée il y a 30 ans. L’objectif initial consistait à donner à sa fille Marie-Ève une occasion de chanter, mais très vite, ce projet a pris une dimension imprévue. Un volet adulte a été ajouté, la Ville a accordé son appui, tandis que des concerts prestigieux, dont celui qui avait réuni Marie-Ève Munger et le ténor Marc Hervieux au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, ont été présentés.

Jeunesse en Choeur ferme les livres

La chorale Jeunesse en Choeur met un terme à ses activités, 30 ans après sa fondation. Mûrie au cours de l’hiver, cette décision a été officialisée vendredi, par le biais d’un avis de dissolution paru dans les pages du Quotidien. Elle a été prise par Gisèle Munger, celle qui en a assumé la direction pendant le plus clair de son histoire, de concert avec les membres du conseil d’administration.

Au cours de la dernière année, elle avait abandonné la fonction de chef de choeur au profit de Jennifer Tremblay, tout en gardant la haute main sur la gestion de l’organisme sans but lucratif. Or, cette tâche pesait de plus en plus lourd sur ses épaules. Le désir de concentrer ses énergies sur Le Choeur des Blés d’or et la chorale Dal Seigno, ainsi que l’Écho du Royaume, une formation qui se renouvelle à tous les deux ans, à la faveur d’une tournée à l’étranger, était devenu incontournable.

« Je voulais m’enlever des responsabilités et Jennifer était d’accord. Elle souhaite continuer avec les jeunes et pourra le faire en suivant une orientation différente, a souligné Gisèle Munger au cours d’une entrevue accordée au Quotidien. Le tout s’est fait dans l’harmonie et personnellement, je ne suis pas triste. Quand je pense à toutes les personnes qui ont chanté avec nous, ma fille Marie-Ève, Annie Villeneuve et bien d’autres, j’ai le sentiment du devoir accompli. »

Elle précise que Jeunesse en Choeur se portait bien au plan financier. Quant aux effectifs, ils comptaient une quinzaine d’enfants, tandis que le volet regroupant des adultes affichait une moins bonne santé. Pour compléter le processus de dissolution, il reste maintenant à disposer des partitions et des recueils de chansons, de même que des costumes qui faisaient partie du patrimoine de la chorale.

Deux rendez-vous émouvants
L’une des dernières activités de Jeunesse en Choeur a eu lieu en mai. Elle a pris la forme d’un souper concert pendant lequel on a rendu hommage à la fondatrice. « C’était extraordinaire. Ils ont organisé une activité en reprenant la formule de l’émission de télévision En direct de l’univers », fait remarquer Gisèle Munger. Quant à son ultime présence à la tribune, elle remonte à la fin de 2017, alors qu’un concert donné par les enfants a été présenté à la chapelle de Saint-Cyriac.

« J’ai fini de la même manière que j’ai commencé, en dirigeant des jeunes dans une église. J’ai trouvé ça émouvant », note la chef de choeur. La chorale est née sous des dehors modestes, en effet, à l’automne 1988. L’idée consistait à faire chanter sa fille Marie-Ève, ainsi que des camarades de son école, à l’occasion d’une messe de Noël. Dans la foulée de ce projet, des concerts ont été donnés pendant cinq ans, à l’église Saint-Jean-Eudes.

« Ensuite, nous avons reçu l’appui de la Ville et après dix ans d’activités, nous avons ajouté un groupe formé d’adultes. Pendant 30 ans, Jeunesse en Choeur aura donné 80 concerts, accueilli plus de 2500 choristes et accumulé au-delà de 5000 heures de répétitions, rapporte Gisèle Munger. C’est tout un accomplissement, mais je suis rendue à l’âge où il faut se délester de certaines choses. »

En plus des trois chorales qu’elle continue de chapeauter, la Jonquiéroise préside La Gaillarde, un organisme auquel sont rattachées 20 formations provenant de l’Est du Québec. « J’ai toujours été passionnée par la musique. Ce qui est différent, c’est que désormais, je ne dirigerai plus de répétitions en soirée », mentionne Gisèle Munger d’un ton enjoué.