Signe que la statue de Tessouat se trouve sur un site exceptionnel, elle se déploie dans le voisinage du parlement fédéral, situé de l’autre côté de la rivière des Outaouais.

Jérémie Giles rend hommage à un chef algonquin

Depuis quelques semaines, la silhouette d’un personnage historique se dresse fièrement sur les bords de la rivière des Outaouais. C’est celle du chef algonquin Tessouat, dont une statue en bronze de plus de huit pieds perpétue la mémoire à Gatineau, sur le site du Musée canadien de l’histoire. Elle a été réalisée par le Jonquiérois Jérémie Giles, qui rêvait depuis 1980 de rendre hommage à cet homme dont la naissance remonte à 450 ans.

« C’est en lisant les écrits de Champlain que j’ai appris l’existence de Tessouat, un homme qui contrôlait le négoce des Indiens avec les Blancs, pour qui la rivière des Outaouais représentait une voie commerciale importante. En se montrant conciliant avec Champlain, il a joué un rôle majeur dans l’histoire de ce pays », a mentionné l’artiste vendredi, lors d’une entrevue accordée au Quotidien.

Un premier projet de sculpture a vu le jour en 2004. Il aurait mené à la production d’une oeuvre destinée à la Place du Portage à Gatineau, sauf que le montage financier s’est révélé problématique.

En fin de compte, des démarches menées auprès de la communauté algonquine, jumelées à l’appui accordé par le ministère du Patrimoine canadien, ont permis au Jonquiérois de s’engager dans son ambitieux chantier l’été dernier.

« J’ai représenté Tessouat en Algonquin debout, avec son bâton de pèlerin. Il se trouve sur un territoire que lui-même a foulé et sur lequel il exerçait un contrôle. C’est la première fois qu’une sculpture représentant un personnage historique se dresse sur le site du musée. C’est une belle symbolique puisqu’il aurait eu 450 ans, tandis que le Canada, dont on voit le parlement derrière, célèbre son 150e anniversaire », fait observer Jérémie Giles.

Pour dépeindre le grand chef, bien sûr, il ne disposait d’aucun document historique. Champlain avait produit un dessin, mais il était tellement sommaire que c’est ailleurs que l’artiste a trouvé des informations pertinentes. « J’ai reconstitué le visage à partir de la génétique des Algonquins et en tenant compte du fait que Tessouat était borgne », décrit-il.

L’inauguration de la sculpture a eu lieu le 9 novembre, en présence de plusieurs membres de la communauté algonquine, ainsi que de représentants du musée et de Patrimoine Canada. Jérémie Giles et sa conjointe Christine Bouchard, qui l’a aidé lors de la création de l’oeuvre, y ont évidemment assisté. « Je suis content qu’on reconnaisse enfin la contribution d’un Amérindien », affirme le sculpteur.