Dans sa boutique réaménagée, Jello a placé les vinyles à la place d’honneur, comme en témoigne cette photo. Il propose également une sélection de CD à laquelle il faut ajouter ceux qui se trouvent dans sa réserve.
Dans sa boutique réaménagée, Jello a placé les vinyles à la place d’honneur, comme en témoigne cette photo. Il propose également une sélection de CD à laquelle il faut ajouter ceux qui se trouvent dans sa réserve.

Jello Musique fait fi de la pandémie

Pour un gars qui fait dans le rétro, Angelo Villeneuve est pas mal moderne. Même si le commerce Jello Musique est demeuré fermé pendant le plus clair de la pandémie, ne rouvrant ses portes que le 1er juin, aux Galeries Lac-Saint-Jean d’Alma, celui qu’on appelle Jello a réalisé de bonnes affaires en communiquant différemment avec la clientèle.

« Le magasin a marché à cause du show de radio. Il y a des jours où les commandes jouaient entre 700 $ et 800 $ », s’est-il émerveillé lundi, au cours d’une entrevue accordée au Quotidien. Le plus vieux disquaire indépendant de la région surfe en effet sur la popularité d’une émission créée en mars, à la station CKAJ de Jonquière. Il l’anime en compagnie d’Annick Bilodeau.

Baptisée Dansons comme dans le temps, cette production est diffusée du lundi au vendredi, de 14h à 15h30. Le ton est résolument rétro, comme en font foi les demandes spéciales soumises par les auditeurs. Souvent regroupées par thèmes, les chansons recoupent les 50 dernières années du siècle précédent.

« C’est une idée d’Annick. Elle anime en direct de la station, alors que je reste au magasin pour respecter la distanciation, raconte Jello. L’idée derrière le choix musical, c’est de faire comme dans les soirées de noces. On peut commencer avec un cha-cha, puis aborder d’autres styles de danse avant de finir sur du Offenbach. »

Ces temps-ci, Jello affiche autant d’enthousiasme que sur cette photo captée en 2016, alors qu’il célébrait son 30e anniversaire à titre de disquaire. Une nouvelle émission diffusée sur les ondes de la station de radio CKAJ a donné un coup de jeune à Jello Musique, sa boutique située aux Galeries Lac-Saint-Jean.

Animer à la radio, c’était l’un de ses rêves, mais il ne pensait pas que le ce projet né sous le confinement deviendrait si populaire. La direction est contente et lui, en tant que disquaire, voit à quel point les gens apprécient le contenu. Puisque l’émission est disponible en ligne, on lui écrit même de l’extérieur afin de dénicher un album.

« C’est arrivé, l’autre jour, avec une dame de Shawinigan. Il y a aussi quelqu’un qui a commandé un disque que j’avais en stock depuis 25 ans. Comme notre public est formé de boomers, il préfère le CD au vinyle, qui surfe encore sur une belle vague grâce aux jeunes. Ça représente de 15 % à 20 % de mon chiffre d’affaires », fait observer le disquaire.

Une deuxième vie

Le scénario initial consistait à présenter Dansons comme dans le temps jusqu’à la réouverture des centres commerciaux, ce qui coïncidait avec le retour de Jello dans sa boutique. Le succès a toutefois imposé sa loi, si bien qu’il n’y a plus d’échéance. Privé de disco-mobile cet été, une autre activité victime de la pandémie, le coanimateur a la chance de communiquer autrement.

« Ça me manque, la disco-mobile, et la journée où je vais recommencer, ça va chauffer », promet cependant Jello, qui a profité de la fermeture des Galeries Lac-Saint-Jean pour déménager son commerce. Désormais, lui et sa conjointe, Oulaya Toumi, propriétaire de La Belle Boutique, travaillent à l’intérieur d’un même espace.

Jello est bien fier d’avoir conservé l’enseigne au néon qui l’accompagne depuis l’ouverture de son commerce, en 1986. Pour donner une idée du temps qui s’est écoulé depuis, signalons qu’à cette époque, l’Allemagne de l’Est était communiste et que le Canadien n’avait pas encore gagné sa dernière coupe Stanley.

Ouvert depuis 1986, il a profité de cette mutation pour réduire le plancher, sans toutefois rogner sur l’inventaire. La collection de vinyles occupe la place d’honneur aux côtés de ses meilleurs CD. Et si les clients veulent autre chose, la plupart du temps, l’Almatois va le trouver dans sa réserve, l’équivalent d’une cave à vins pour les oreilles.

« Je suis dans la deuxième vie de mon magasin. C’est bien qu’il y ait encore un disquaire indépendant dans la région. Il existe encore un marché et parce que je l’annonce à la radio, c’est moi qui l’ai », résume Jello d’un ton enjoué.