Jean-Paul Lapointe continue de vivre dans le coeur des amateurs d'art et dans celui de Rina Simard-Lapointe, qui fut sa compagne pendant 34 ans.

Jean-Paul Lapointe, 10 ans plus tard

Jean-Paul Lapointe était le peintre de l'hiver et justement, c'est un jour de janvier qu'il a rangé ses pinceaux. Ça s'est passé il y a dix ans aujourd'hui, à la suite d'un cancer que le Chicoutimien avait combattu vaillamment. Même à l'hôpital, au moment où ses forces l'abandonnaient, il n'était pas rare de le voir se redresser et lever le bras juste ce qu'il fallait pour atteindre le chevalet que ses proches avaient placé à côté de son lit.
Malgré son courage face à la maladie et malgré son désir de continuer à peindre jusqu'à ce que ses forces l'abandonnent, Jean-Paul Lapointe n'a pu compléter tous les tableaux qui étaient en chantier à la fin de sa vie. Voici l'un d'eux, qui fait partie de la collection personnelle de sa compagne, Rina Simard-Lapointe.
«Sa dernière toile montre un personnage penché sur une toile, un autoportrait qui constituait une forme d'adieu. C'était sa façon de dire qu'il se dirigeait vers l'au-delà», raconte celle qui a partagé sa vie pendant 34 ans, Rina Simard-Lapointe. Jointe par Le Quotidien vendredi, elle reconnaît que malgré le temps qui a filé depuis la disparition de son compagnon, son empreinte demeure plus forte que le meilleur des vernis.
«J'ai eu une belle vie avec Jean-Paul, un homme qui était aimé, apprécié de tout le monde. Or, dix ans plus tard, je constate que je n'ai pas encore passé le cap», fait observer Rina Simard-Lapointe. Tant de liens ont été tissés qu'il est difficile de poser certains gestes, comme de céder des objets personnels à un musée, notamment ceux qui se retrouvent dans l'atelier où Jean-Paul Lapointe a tant travaillé.
Ce serait la chose à faire pour assurer sa postérité, mais à l'exception d'un échange avec une personne associée jadis à La Pulperie, aucune démarche n'a été initiée. «Je songe à confier son chevalet, son chapeau et plusieurs toiles à cette institution, mais je ne le ferai pas tout de suite parce que j'aurais le sentiment de jeter Jean-Paul hors de chez lui, note Rina Simard-Lapointe. Un jour, pourtant, il faudra bien que je me pousse.»
Dans l'intervalle, elle continue d'accueillir des visiteurs à sa maison de la rue Comtois, de leur montrer l'atelier, ainsi que les oeuvres qui sont toujours à vendre, autant que celles qui forment sa collection personnelle. On pourra également la rencontrer à Roberval en juillet, à l'occasion du Symposium provincial Multi-Arts, tenu pendant la Traversée du lac Saint-Jean.
«J'en serai à ma troisième participation et à chaque édition, les gens sont heureux de voir que je poursuis l'histoire de Jean-Paul. Ils adorent ses tableaux, en particulier ses scènes d'hiver, qui étaient très réussies. Il jouait constamment avec le reflet des maisons sur la neige. Il voyait plein de couleurs sur celle-ci», s'émerveille Rina Simard-Lapointe.
Elle rêve d'une rétrospective, tout en signalant que deux pages seront consacrées à Jean-Paul Lapointe dans le numéro de février de la revue française Art and Design. On verra cinq oeuvres, une photo du peintre et un article évoquant sa longue et fructueuse carrière. «Cette publication est très bien faite et comme elle totalise 290 pages, on dirait un livre, bien plus qu'un magazine», estime la Chicoutimienne.