Jean-Marc E. Roy pose en compagnie de son collaborateur, Philippe-David Gagné.

Jean-Marc E. Roy en première mondiale à Québec

Le cinéaste établi à Saguenay, Jean-Marc E. Roy, présentera son premier long-métrage, Des histoires inventées, en primeur mondiale au Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ) le 15 septembre prochain, un film qu’il a écrit, produit et réalisé « à bout de bras » et qui a nécessité six ans de travail.

Celui que l’on est habitué de voir évoluer dans le format du court-métrage propose ce qu’il appelle un portrait d’auteur sur le cinéaste québécois André Forcier, « un pilier de la cinématographie québécoise ».

« Le choix est significatif et symbolique. Le cinéma d’André Forcier est une de mes principales inspirations. Ses films m’ont ouvert des horizons et ont fait le cinéaste que je suis aujourd’hui », explique Jean-Marc E. Roy en entrevue.

André Forcier a participé au tournage du long-métrage Des histoires inventées.

À la frontière entre le documentaire et la fiction, ce film revisite le répertoire d’André Forcier, composé d’une quinzaine de films dont les plus connus sont Une histoire inventée, Le vent du Wyoming et, plus récemment, Les États-Unis d’Albert.

Des histoires inventées recrée une scène de chacun des films du cinéaste, pour faire une promenade au sein de « son monde ».

Troupe d’acteurs
Les acteurs originaux qui ont joué dans les films d’André Fortier se sont prêtés au jeu de Jean-Marc E. Roy avec plaisir. La distribution comprend certains des plus grands acteurs québécois, soit Marie Tifo, Rémy Girard, Céline Bonnier, Louise Marleau et Marc Messier, pour ne nommer que ceux-là.

Le cinéaste Jean-Marc E. Roy a travaillé pendant six ans sur ce film, à la frontière entre le documentaire et la fiction.

« Les comédiens reprennent le rôle qu’ils jouaient à l’époque, avec leur physique d’aujourd’hui. Le film joue sur la ligne entre la fiction et le documentaire, sur la conception que l’on peut avoir d’un personnage. »

Des extraits d’entrevue d’André Forcier viennent meubler et faire les liens entre les scènes.

Les films du cinéaste ont la particularité de mettre en vedette les mêmes acteurs. « Ses comédiens lui sont fidèles. C’est un des rares à travailler avec ce qu’on pourrait appeler une troupe d’acteurs », précise Jean-Marc E. Roy. Cette fidélité a permis de réunir une distribution d’acteurs qui sort de l’ordinaire.

Première production
Des histoires inventées représente une autre première dans la carrière de Jean-Marc E. Roy : c’est le premier long-métrage produit par La Boîte de pick-up, l’entreprise qu’il a fondée avec Philippe-David Gagné. Ce dernier signe d’ailleurs le montage du documentaire.

« Pour te donner une idée, raconte-t-il, on a fait un long métrage avec un budget de court métrage. »

Produire ce film aura donc nécessité la participation de collaborateurs qui ont accepté de « travailler pour des peanuts », explique Jean-Marc E. Roy.

Malgré les conditions de production du cinéma indépendant qui peuvent parfois être difficiles, il se dit extrêmement fier de l’œuvre qu’il présentera à Québec, un film produit en région. Pour sa première mondiale, Des histoires inventées sera présenté en présence d’André Forcier et de plusieurs comédiens qui y figurent. Une période de questions avec le public suivra la projection.

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DIFFICILE DE PRÉSENTER LE FILM AU SAGUENAY

Ceux qui voudront voir Des histoires inventées sur grand écran devront se déplacer en dehors du Saguenay-Lac-Saint-Jean, aucune représentation n’étant prévue pour l’instant. Il demeure difficile de présenter du cinéma indépendant dans les cinémas de la région.

Après la première mondiale à Québec, le film de Jean-Marc E. Roy sera présenté à Montréal en novembre et vivra dans les festivals d’ici et d’ailleurs par la suite.

« Les occasions sont plutôt rares de présenter du long-métrage documentaire indépendant. Mon film, même si c’est de la fiction, est considéré comme un documentaire », fait valoir Jean-Marc E. Roy en ajoutant que le marché des salles de cinéma est plutôt limité pour ce genre d’œuvre.

Distribué par Spira, le film n’avait pas de date de sortie en salle de prévue, malgré le succès d’estime que possède Jean-Marc E. Roy.

Plus généralement, il existe un problème de distribution des films dans la région. « On a de la difficulté à avoir de la diversité dans les salles de cinéma d’ici. Et même quand on en a, le film est souvent présenté pour une période vraiment courte », déplore celui qui travaille présentement sur un autre film de fiction, intitulé Bijou.