La population régionale pourra voir et entendre le baryton Jean-François Lapointe en direct du Met de New York sur l’écran du Cinéma Apéro de Jonquière le samedi 11 mai, à midi.

Jean-François Lapointe au cinéma Apéro

Jean-François Lapointe chante dans les plus grands opéras, partout à travers le monde, depuis 35 ans. Malgré l’expérience, cette semaine prend des allures de première pour le baryton originaire de Chicoutimi, qui vit son baptême sur les planches du Metropolitan Opera de New York et qui verra sa prestation projetée dans les salles de cinéma du monde pour une première fois.

Jean-François Lapointe a vécu il y a quelques jours sa première expérience au sein du célèbre opéra de New York.

Après quelques tentatives infructueuses, son horaire lui a enfin permis de se produire dans le prestigieux théâtre dans Dialogues des Carmélites où il campe le Marquis de la Force.

Les deux premières représentations ont déjà eu lieu. « C’est un théâtre de très très grande réputation, mais je ne ressentais pas de pression, juste un plaisir de retrouver ici une équipe et un accueil formidable », affirme-t-il au cours d’un entretien téléphonique

dernière représentation

La troisième et dernière représentation, prévue le samedi 11 mai, sera retransmise en direct dans plusieurs salles de cinéma à travers le monde, notamment le Cinéma Apéro de Jonquière.

Il s’agit d’une première occasion pour la population régionale de l’entendre et de le voir sur écran géant.

« Même si j’ai plusieurs fois chanté à l’Opéra de Paris – dont les productions sont régulièrement présentées dans les cinémas –, c’est la première fois qu’une des productions dans laquelle je suis sera retransmise en direct », confirme le baryton qui a souvent vu ses prestations captées pour la télévision, la radio ou des DVD.

« Il y a un stress supplémentaire, davantage de pression, puisqu’on veut bien faire, mais ça apporte aussi sa dose de satisfaction, assure-t-il.

Les amis et la famille vont pouvoir voir le spectacle alors qu’ils ne peuvent pas se déplacer partout dans le monde. C’est aussi une façon d’être proche des gens que je ne vois pas si souvent », explique celui qui habite Québec, mais qui parcourt le monde chaque année.

Cette fois, il est installé à New York depuis plus d’un mois, une expérience qu’il apprécie.

« Je n’ai pas beaucoup travaillé aux États-Unis. Ma carrière se déroule presque entièrement en Europe. Je me suis senti accueilli et respecté. C’est une production que le Met tourne depuis longtemps et qu’il ressort régulièrement. Cette fois, c’était pas mal une nouvelle équipe, avec Yannick Nézet-Séguin comme directeur artistique. C’est une très belle équipe, très forte au point de vue artistique, musical et humain. »

Jean-François Lapointe a aussi été impressionné par l’atmosphère qui règne au Met.

« Ce qui m’impressionne, c’est la gestion des équipes en place. Ils tournent trois opéras en même temps. Il y a une équipe de nuit qui défait les décors et en remonte de nouveaux. C’est une machine immense avec des professionnels et tout se déroule dans la bonne humeur. C’est une atmosphère agréable. »

Vacances méritées

Après la représentation de samedi, Jean-François Lapointe sera en vacances.

Un repos nécessaire avant d’amorcer une année bien remplie.

À la mi-août, il amorcera les répétitions à l’Opéra national de Paris où il interprétera Giorgio Germont dans la Traviata.

Il se rendra ensuite à l’Opéra de Marseilles, puis au Théâtre du Capitole de Toulouse où il reprendra les traits du Marquis de la Force dans Dialogues des Carmélites. Sa voix le mènera ensuite à Zurich, où il sera de la production Iphigénie en Tauride jusqu’en juin 2020.

Jean-François Lapointe entrevoit un retour au Met, mais pas avant trois ans.

« Il va sûrement y avoir un retour, mais il faut que ça fonctionne dans l’horaire. Mon calendrier est pratiquement complet pour les trois prochaines années. »