Jano Bergeron vient de publier un premier roman de fiction. Celle qui a longtemps chanté a l'impression de retrouver la petite fille en elle qui rêvait d'écrire.

Jano Bergeron refuse le silence

Jano Bergeron ne chante plus. La maladie l'en empêche. Elle pourrait être réduite au silence, mais elle refuse. Aujourd'hui, plus que jamais, elle s'exprime, par ses écrits et ses toiles. Elle vient d'ailleurs de publier un premier roman intitulé La voix du silence. L'ouvrage lui permet de revenir à son essence, elle qui rêve d'écrire de la fiction depuis la tendre enfance.
La voix du silence est le premier roman de fiction de Jano Bergeron. Le livre est publié aux Éditions La Semaine, la même maison qui avait publié Autopsie de plusieurs vies en 2015.
Jano Bergeron a tout un parcours. Après avoir connu le succès grâce à sa voix dans les années 80 et 90, elle s'est retirée du monde public. Celle qui est née à Saint-Thomas-Didyme a vécu des années difficiles avec un conjoint violent, puis la maladie s'est emparée de son corps. Elle a frôlé la mort à plusieurs reprises. 
« C'est devenu dangereux pour moi de chanter. Mon ventre est abîmé. J'ai eu plusieurs chirurgies. L'effort abdominal m'est interdit, affirme celle qui a été hospitalisée à trois reprises depuis septembre dernier. Il faut que je vive avec, que j'accepte, que j'assume ». 
La dame qui est installée au Lac-Saint-Jean depuis une dizaine d'années donne l'impression d'y être parvenue. 
« Ma santé est tellement précaire que je ne peux pas voyager. Je dois avoir une vie réglée et calme, éviter tout stress. Je suis ''pognée'' à la maison, mais je veux communiquer avec les gens. Je me consacre à ça. À l'époque, répéter toujours les mêmes chansons, ça me lassait. Je n'avais pas assez de temps pour créer. Quand je suis tombée malade, j'ai eu du temps. J'ai d'abord écrit, puis peint. J'ai trouvé d'autres façons de m'exprimer. »
Jano Bergeron a d'abord raconté son histoire dans Autopsie de plusieurs vies, publié aux Éditions La Semaine, en 2015. 
« Pour écrire ce livre, je me suis détachée de moi-même. Le but n'était pas de faire une thérapie. J'ai écrit comme on écrit un roman. D'ailleurs, les gens me disent qu'ils l'ont dévoré comme un roman. J'ai réussi ce que je voulais. À partir de là, je me suis dit que j'étais sur la bonne voie pour devenir une auteure. »
Forte de son expérience, elle s'est ensuite lancée dans l'écriture de son premier roman. 
« C'est un rêve que je caresse depuis l'enfance, même avant de chanter. Avant tous les autres rêves, je voulais écrire de la fiction. Il aura fallu que la vie m'amène ailleurs avant de réaliser ce rêve. J'ai l'impression que je reviens à mes premières amours. »
L'histoire existait dans sa tête depuis l'âge de 15 ans. 
La voix du silence raconte l'histoire d'une famille installée dans une petite municipalité du nord du Québec où elle possède des terres. « Il y a une histoire de maladie mentale dans cette famille-là. L'histoire s'amorce avec l'incendie d'un hôpital. Vingt ans plus tard, on retrouve Gabriel qui reçoit en héritage d'une tante religieuse un journal qui lui raconte l'histoire de la famille. On apprend beaucoup de choses. Elle a été cloîtrée pendant 20 ans. C'est ce qui a inspiré le titre du livre. C'est un roman rempli de surprises, de suspense, je considère que c'est un thriller psychologique », décrit-elle. 
Jano Bergeron écrit comme elle enregistrait ses chansons. Trois mois de travail seulement ont été nécessaires pour donner vie au roman. « Mon fils dit que je suis une créatrice spontanée. Quand ça décolle, ça va vite. Si je prends trop de temps pour fignoler, je perds mon essence. C'était la même chose en studio », assure-t-elle. 
Déjà, elle a un autre projet de roman en chantier. Une suite à La voix du silence n'est pas exclue non plus. Elle entretient également le site Internet Jano.biz où elle met en ligne des contes de son cru, des réflexions, des vidéos et des images de ses toiles. 
« J'ai adoré chanter, je n'ai aucun regret. Je suis nostalgique un peu, mais ça ne me manque pas tant que ça puisque je m'exprime autrement. Je suis très fière de ce que je fais. Ça me rend heureuse. Mon imagination est plus en santé que jamais. J'ai longtemps écrit des chansons, mais trois couplets et deux refrains, ça ne me suffisait pas. Je manquais d'espace. Aujourd'hui, je ressors beaucoup de choses de mes tiroirs. J'ai l'impression que la petite Jano est de retour. »