Cette photographie a été captée lors du dernier concert de Jacques Clément avec l’Orchestre symphonique du Saguenay–Lac-Saint-Jean. À la retraite depuis deux ans, le chef émérite sera de retour à la faveur du programme 40 ans et encore classique, présenté les 29 et 30 septembre à Dolbeau-Mistassini et à Chicoutimi.

Jacques Clément de retour avec l’orchestre

Un visage familier se rappellera au bon souvenir des mélomanes de la région, les 29 et 30 septembre. Le chef fondateur de l’Orchestre symphonique du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Jacques Clément, dirigera l’une des pièces intégrées au programme du concert 40 ans et encore classique. Il le fera d’abord à la salle Desjardins-Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini, à 20 h, puis le lendemain, à 14 h, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi.

Il s’agira de sa première apparition depuis sa retraite amorcée en 2016, après 35 ans de loyaux services. Celui à qui on a conféré le statut de chef émérite reprendra l’une des compositions livrées à ses débuts avec la formation, Kaléidoscope, de Pierre Mercure. Ce choix reflète le désir qui l’a toujours animé de présenter de la musique contemporaine, pas juste le patrimoine ancien, et de ménager une place de choix aux oeuvres québécoises, des principes qui demeurent chers à son coeur.

« C’est la pièce de Mercure la plus jouée au Québec et ailleurs dans le monde. À la fois accessible et révolutionnaire, elle constitue un genre de fantaisie symphonique et trace des liens avec différentes formes d’art. Comme le public de la région a toujours manifesté de l’ouverture, plus que dans les grands centres, à bien des égards, j’ai préféré diriger une composition comme celle-ci plutôt qu’un Schubert », a confié Jacques Clément à la faveur d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Invité par son successeur, le chef Jean-Michel Malouf, il aura à sa disposition des effectifs s’apparentant à ce qu’on appelle l’orchestre Mozart. « C’est un gros orchestre de chambre, les bois par deux, pour employer une expression familière. Le défi consiste à établir un équilibre entre les sections parce qu’il y a des choses importantes que le public doit bien entendre. La pièce comporte également de grandes phrases. Il faut arriver à les soutenir », indique le chef émérite.

Une douce transition
Hormis quelques sauts de puce effectués dans la région, Jacques Clément n’a pas eu l’occasion de voir jouer l’orchestre depuis qu’il a déménagé à Bois-des-Fillion. C’est dire si son retour au lutrin, en répétition, puis dans les salles, constitue un événement important à ses yeux. Plusieurs musiciens de la première heure sont toujours actifs, ce qui conférera à ce rendez-vous des airs de retrouvailles.

« Ça me donnera l’occasion de voir qui est encore là et de retrouver des lieux que je connais bien. Ce sera spécial, à la fois une joie et une expérience difficile, puisque j’ai vécu des années exceptionnelles au plan musical, ainsi que dans mes relations avec les gens. Ces relations furent d’autant plus riches que je dirigeais aussi le conservatoire », fait observer le maestro.

La transition a été adoucie grâce aux fonctions assumées par le retraité. En plus de diriger l’Orchestre des jeunes de l’Orchestre symphonique de Laval, une formation spécialisée dans la musique de chambre, il préside l’Association des orchestres de jeunes du Québec. « C’est si gratifiant de travailler avec des jeunes. Ils ont besoin d’une personne d’expérience pour avancer », note Jacques Clément.

Il a également trouvé le moyen d’obtenir le meilleur de deux mondes en s’établissant à Bois-des-Fillion, une communauté située en banlieue de Montréal. « Je voulais préserver la dimension rurale que j’appréciais au Saguenay. En même temps, je profite de l’offre culturelle de la métropole. J’aime les concerts, mais aussi la danse, le cinéma et le théâtre », résume l’ancien patron de l’orchestre symphonique régional.