Jacobus a dû reporter sa première visite dans la région depuis la sortie de l’album Caviar. N’ayant pu assurer la première partie du groupe Alaclair Ensemble, puisque cet événement a été décalé, le rappeur souhaite venir à l’automne, cette fois pour un spectacle dont il sera la tête d’affiche.

Jacobus en mode Caviar

Du caviar aurait dû être servi ce soir, au Café Bistro Summum de Chicoutimi. Pas nécessairement dans les assiettes, mais sur la scène, grâce aux bons soins de Jacobus. Chargé d’ouvrir pour Alaclair Ensemble, le rappeur originaire des Maritimes brûlait du désir de présenter ses nouvelles chansons, celles qui figurent sur l’album intitulé, justement, Caviar. Or, ce spectacle vient d’être remis à l’automne, ce qui ne nous a pas empêchés de prendre des nouvelles du principal intéressé.

Comme cet enregistrement est tout frais, l’artiste considère qu’il est encore en mode promotion. Il effectue des sauts de puce dans l’est du pays, au Québec et même à Winnipeg, offrant quelques extraits en compagnie d’un DJ de Toronto et d’un jeune rappeur de la Nouvelle-Écosse, Shane Dulong, alias ESDÉ.

Celui-ci prépare quelques compositions de son cru, avec la complicité du grand barbu. Les premières seront diffusées sous peu.

Spectacle rodé

«Notre spectacle est bien rodé. Nous sommes engagés dans une tournée des bars en attendant de faire des festivals au cours de l’été. On a adapté les chansons du premier au son de Caviar, qui laisse voir des influences ontariennes. Il est plus dansant, un peu dans la veine de Drake», a raconté Jacobus au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

La plupart des amateurs de hip-hop ont connu le chanteur par le truchement de Radio Radio, dont la carrière se poursuit en pointillé. Il profite de ses plages de liberté pour faire de la musique d’une manière différente, une démarche qui l’a guidé pendant la mise en boîte du nouvel encodé. «On voulait tenter des expériences afin de se différencier du groupe, dont j’écris aussi les textes. Quand je suis en solo, je n’ai pas besoin de faire de compromis», avance le rappeur.

Un ton sans stress

Il est content du ton de Caviar, souligne son caractère joyeux, dansant, exempt de stress.

Ça commence avec About moi, ainsi que Faire la fête, une pièce qui fait entendre la voix de Pierre Kwenders.

On sent poindre le dandy en Jacobus, mais pas autant que sur Mr Bond, autre titre ludique où filtre son admiration pour l’agent 007. «Je suis fou de cet univers. J’ai toujours voulu écrire là-dessus, quelque chose le fun», confie l’artiste.

D’autres dates à venir

Quant à ses fans du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui souhaitent assister à un spectacle dont il sera la tête d’affiche, ils devront demeurer à l’affût.

Le calendrier est en cours d’élaboration et des développements pourraient survenir dans un avenir rapproché.

«Il est clair que j’ai l’intention de venir chez vous pour me produire en solo», assure Jacobus.

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SORTI DEUX ALBUMS, AVANT DE RENONCER AU FORMAT

Malgré le soin apporté à la conception de Caviar, qu’il s’agisse des enregistrements ou de la facture visuelle dominée par les jolis tableaux conçus par le peintre Matthew Belval, Jacobus voit venir le jour où il cessera de créer des albums. Son plan est déjà établi, en fait. Il lui reste un projet en solo à ficeler, ainsi qu’une collection de chansons portant la griffe de Radio Radio.

Comme on s’en doute, la crise de l’industrie du disque n’est pas étrangère à cette volonté exprimée par le Néo-Écossais, mais il y a autre chose. Les contorsions qu’il faut faire pour décrocher une bourse, se mouler aux catégories définies par l’ADISQ, lui pèsent sérieusement. «Je trouve que t’es plus un artiste quand tu dois entrer dans un cadre, fait observer Jacobus. C’est plate, par exemple, d’être obligé d’ajouter une ou deux pièces pour respecter une norme. Ça nuit à l’art.»

S’agissant de Radio Radio, il laisse entendre que l’ultime opus sera livré au printemps 2020. Entre-temps, il faudra dégager des plages de temps à même celles qui lui permettent de s’investir dans sa carrière en solo. «On planifie ça entre les deux équipes», note le principal intéressé, qui entend produire le successeur de Caviar en 2021 ou 2022.

En ajoutant Le retour de Jacobus, le CD qui a ouvert son parcours en solitaire, c’est une trilogie que les fans de l’artiste seront invités à découvrir. «C’était l’objectif en partant. Il y a un lien entre les différents éléments. Je veux dire de quoi à l’intérieur d’une période donnée. Quand ce sera fait, je serai rendu à 12 albums en carrière», rapporte le rappeur.

Si le disque est devenu moins important, cela ne signifie pas que l’abandon de ce format incitera l’artiste à se retirer dans ses terres. Au contraire, il demeurera engagé dans son art, quoique d’une manière différente. «Je n’arrêterai pas de faire des chansons. Ce qui va changer, c’est que je les sortirai quand ça me tente. Je vais prendre le temps de faire les choses comme il le faut», explique Jacobus.