Jacinthe Couture a concocté un programme se voulant à la fois cohérent et accessible, lequel sera présenté le 3 mai, à la salle Pierrette-Gaudreault. La pianiste participera alors à un concert dont les profits aideront le Réseau des organismes de Lac-Kénogami à sauvegarder la chapelle Saint-Cyriac.

Jacinthe Couture en concert pour la chapelle Saint-Cyriac

Jacinthe Couture l’admet d’emblée, la confection d’un programme représente pour elle une grande source de plaisir. La pianiste aime jongler avec les compositions, déterminer dans quel ordre elles seraient le mieux servies. C’est le genre d’exercice qui pourrait la tenir en éveil jusqu’à la fin des temps s’il n’était pas nécessaire, à un moment donné, d’envoyer quelque chose à l’imprimerie.

« Ce n’est pas évident. Il doit y avoir une progression. Il faut faire attention aux tonalités, aux atmosphères et au style, tout en prenant en considération le contexte dans lequel l’événement s’inscrit. S’il n’en tenait qu’à moi, je jouerais encore avec le programme de mon prochain concert, mais il faut qu’on le mette sous presse », a raconté la musicienne il y a quelques jours, à l’occasion d’une entrevue accordée au Progrès.

Elle réfère au concert-bénéfice tenu le 3 mai, à la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. Cette initiative du Réseau des organismes de Lac-Kénogami a pour but de financer un projet de sauvegarde de la chapelle Saint-Cyriac. Les billets étaient vendus au coût de 100 $ (tous sont déjà écoulés), ce qui donnera accès à un 5 à 7 couronné par l’apparition en solo de Jacinthe Couture sur le coup de 20 h. 

Elle disposera d’une fenêtre d’une heure pour exercer son art, un mandat qui lui tient à coeur en raison du plaisir que lui a procuré un concert présenté à la chapelle, il y a deux ans. C’était dans le cadre de la série annuelle proposée par des citoyens du secteur, et comme d’habitude, on avait fait salle comble. « Comme il s’agit d’une construction en bois, c’est idéal pour l’acoustique », énonce la pianiste.

Pour revenir à la confection du programme, elle a été complexifiée par la brièveté du concert, qui commande de présenter des pièces relativement courtes. « Je voulais que ce soit varié et que ça se tienne au plan musical. C’est plus facile d’y arriver quand il y a une longue composition », fait observer Jacinthe Couture, qui ouvrira la soirée avec la Chaconne de Haendel.

Mozart suivra avec son Rondo en ré majeur, relayé par l’un des Impromptus de Schubert. Deux oeuvres de Chopin, un Nocturne, ainsi que La Grande Polonaise brillante précédée par l’Antande Spianato, figureront également au menu. La touche latine viendra de trois Danses espagnoles de Granados, puis viendra le temps de conclure avec une Étude de Liszt. Il s’agira du premier concert de Jacinthe Couture depuis celui qu’elle a donné en août, dans le cadre du Rendez-vous musical de Laterrière. Il ouvre une saison truffée d’événements heureux, parmi lesquels on remarque sa nomination en tant que lauréate de l’Ordre du Bleuet. Annoncée récemment, elle sera officialisée le 2 juin, à l’occasion d’un gala tenu à la salle Desjardins-Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini.


« Ce n’est pas évident. Il doit y avoir une progression. Il faut faire attention aux tonalités, aux atmosphères et au style, tout en prenant en considération le contexte dans lequel l’événement s’inscrit. »
Jacinthe Couture

Une retraite active centrée sur le piano

Depuis qu’elle a cessé d’enseigner au Conservatoire de musique du Saguenay–Lac-Saint-Jean, l’année dernière, Jacinthe Couture vit ce qu’on appelle une retraite active. Sans l’avoir vraiment cherché, la pianiste a été sollicitée pour différentes activités, un concert au Rendez-vous musical de Laterrière, celui du 3 mai à Jonquière et d’autres qui se matérialiseront dans les prochains mois.

« Je suis surprise de voir arriver autant de propositions », reconnaît la musicienne. Elle qui souhaite demeurer active a profité de ses temps libres pour améliorer sa forme pianistique, ce qui passait par une remise en forme au plan physique. Le goût d’aborder de nouvelles oeuvres, de vivre des expériences de scène intéressantes, constitue une puissante source de motivation.

« Je donnais des concerts avant de prendre ma retraite. La différence est qu’aujourd’hui, je me sens plus libre », confie Jacinthe Couture, qui prend aussi plaisir à revoir ses anciens élèves. C’est ainsi qu’elle s’est pointée récemment au Côté-Cour de Jonquière, où Gentiane Michaud-Gagnon se produisait en compagnie des membres de son trio, ainsi que du saxophoniste Yannick Rieu.

D’autres retrouvailles se concrétiseront le 22 juin, au Camp musical du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Ce soir-là, l’enseignante jouera aux côtés de Nicolas Ellis qui, il faut le préciser, se consacrait au piano avant de bifurquer vers la direction d’orchestre. C’est en tant qu’ambassadeurs du Concours de musique du Canada pour la région, une compétition dont on célèbre les 60 ans, qu’ils seront réunis.

« Je ferai la première partie du concert en solo, puis nous travaillerons ensemble. Entre autres, nous allons interpréter le Concertino pour deux pianos de Chostakovitch », révèle Jacinthe Couture, qui a participé au concours en tant que concurrente dans les années 1960, avant de faire partie du jury national en 1994.

D’autres concerts seront confirmés sous peu, dans la région, de même qu’à l’extérieur. Il est question, entre autres, d’un retour à Saratoga, dans l’État de New York. Une série consacrée à la musique de chambre pourrait l’accueillir au printemps 2019. « Je n’ai pas été là depuis une douzaine d’années. C’est une activité à laquelle j’ai été associée pendant dix ans », fait observer la Saguenéenne.