Ismaël Rahem jouera du hautbois le 13 juin, pendant la finale des vents à laquelle il participera dans le cadre du Concours de musique du Canada. La première fois qu’il avait atteint ce stade de la compétition, son instrument de prédilection était la guitare.

Ismaël Rahem, entre la guitare et le hautbois

Ismaël Rahem vient de réussir un exploit rarissime, soit d’accéder à la finale nationale du Concours de musique du Canada en jouant de deux instruments différents. Après s’être illustré à la guitare, le voici qui revient dans la catégorie des vents, soufflant dans un hautbois. C’est le 13 juin que le Chicoutimien âgé de 19 ans se rendra à l’Université McGill afin de montrer aux juges de quel bois il se chauffe.

«Lors de ma première participation, je faisais déjà du hautbois, mais c’était moins sérieux. Aujourd’hui, par contre, je suis au même niveau et bientôt, je devrai choisir. Ce qui va se passer en finale pourrait me donner une indication à cet effet, à travers les commentaires des juges. Je devrai prioriser l’un des instruments, sans toutefois abandonner l’autre», a confié le musicien au Progrès.

L’une des raisons qui l’ont incité à s’inscrire cette année tient au nombre de concours auxquels Ismaël Rahem a participé. Le moment était venu d’en faire davantage et pas juste pour remporter le premier prix. «Ce sont de belles occasions d’améliorer ma présence scénique et d’apprendre à gérer le stress», note le Chicoutimien.

Le stress, justement, ne l’habite qu’en pointillé. «Quand on donne un récital, on offre un divertissement au public, alors que dans une compétition, le jugement génère une plus grande pression, ce qui est aussi le cas lors des auditions, explique le hautboïste. Cette fois, ça devrait bien aller parce que je connais bien l’oeuvre que je vais interpréter. Je l’ai travaillée avec Philippe Magnan, mon professeur au Conservatoire de musique de Saguenay.»

Il s’agit du Concerto en la mineur de Ralph Vaughan Williams, dont il fera le premier mouvement. Cette composition lui est d’autant plus familière qu’il l’a jouée aux côtés de l’Orchestre des jeunes du Saguenay-Lac-Saint-Jean, ainsi qu’au Festival de musique du Royaume. Sa participation à la finale dans la catégorie Virtuose I lui a permis de décrocher une bourse qui, l’été prochain, le conduira au Camp Orford.

«On a un moins gros répertoire que le piano et le violon, mais il y a de belles choses pour le hautbois. Cette oeuvre est jolie. C’est un rondo pastoral très calme, inspiré par le paysage anglais. Au Festival de musique du Royaume, c’était la première fois que je jouais cette composition de mémoire et ça s’est bien passé. Je n’ai pas eu de blanc», raconte Ismaël Rahem.