Roger Sarrasin fabrique aussi des mobiles pour enfants. Il prend plaisir à voir les yeux des petits briller lorsqu’il leur fait découvrir ses créations.

Inspiré par son modèle, il crée

L’âge n’est qu’un chiffre. Roger Sarrasin en fait la démonstration en concrétisant un projet qu’il caressait depuis des décennies. À l’aube de son 84e anniversaire, il fabrique des mobiles, inspiré par son modèle, l’artiste américain Alexander Calder.

Bien droit, l’oeil vif, Roger Sarrasin ne fait incontestablement pas son âge. Toujours curieux, passionné, il a décidé il y a cinq ans à peine de se lancer dans la création de mobiles. 

Le projet lui trottait en tête depuis des décennies. Celui qui a enseigné l’histoire de l’art au Cégep de Jonquière pendant 28 ans a découvert le peintre et sculpteur américain Alexander Calder dans les années 80. L’artiste, un ingénieur de formation surtout connu pour ses mobiles et ses stabiles, était déjà mort, mais son oeuvre lui survivait. 

« Lorsque je traitais de sculpture contemporaine, je tombais toujours sur Calder. Je me disais qu’il faudrait que je fasse des mobiles un jour. Je ‘‘tripais’’ sur Calder, explique Roger Sarrasin. Calder s’est écouté dans ses fantaisies les plus folles de A à Z. Il jouait avec toutes sortes d’affaires. Il s’est demandé pourquoi la sculpture ne serait pas aérienne et c’est ce qu’il a fait. »

Plusieurs années après avoir pris sa retraite, Roger Sarrasin s’est lancé dans la création. 

« Calder est mon inspiration. Je ne m’en cache pas. Je me glorifie d’être un ‘‘chum’’ de Calder, mais je ne fais pas de la copie. Je fais des mobiles sans prétention. En créant, je découvre des choses. J’ai un tempérament de sculpteur », estime-t-il. 

Roger Sarrasin utilise les couleurs primaires. Le cercle et la sphère sont très présents dans ses créations.

Il fabrique ses mobiles à l’aide de tôle, de boules de styromousse et de fil métallique.

Il choisit d’abord ses formes, puis à l’aide d’un élastique, il prend les mesures, calcule, afin de s’assurer que ses pièces de métal soient assemblées de façon harmonieuse. Son travail est basé sur des calculs de poids, de distance. 

« C’est très technique, assure-t-il. Ma technique évolue aussi. Au fil du temps, elle est moins simple », affirme celui qui s’est lancé dans la tridimensionnalité il y a quelques mois.

Roger Sarrasin travaille plusieurs heures dans son petit atelier afin de concevoir chacun de ses mobiles.
Les mobiles de Roger Sarrasin sont créés à l’aide de tôle, de boules de styromousse et de fil métallique. Le cercle et la sphère sont très présents dans ses créations où sont mises en valeur les couleurs primaires.

Créer un mobile demande quatre jours de travail à l’octogénaire, en raison du temps nécessaire pour faire sécher la peinture. Jusqu’à maintenant, il en a réalisé environ 25. Deux d’entre eux ont été exposés à la Galerie d’art du Cégep de Jonquière dans le cadre d’une exposition soulignant le 50e anniversaire de l’institution. 

Une de ses créations a même trouvé preneur, souligne-t-il avec fierté. 

S’il est heureux de vendre certaines de ses pièces, c’est la passion de l’art qui l’a toujours motivé. 

Après avoir travaillé pendant plusieurs années comme technicien de laboratoire pour Alcan lorsqu’il était jeune adulte, il a tout laissé tombé pour se consacrer à l’enseignement de l’histoire de l’art. 

Avec sa femme et ses deux enfants, Claire et Paul Sarrasin, l’animateur longtemps associé à MusiquePlus, il s’est installé à Bloomington en Indiana pendant plusieurs mois pour y réaliser une maîtrise en histoire de l’art en plus de suivre un cours de journalisme d’art.

Depuis, l’amour de l’art ne l’a jamais quitté. 

« Je vis au jour le jour. Je crée par plaisir. J’ai toujours le goût d’apprendre. On me dit souvent que je n’ai pas l’air de mon âge. Ça, c’est de la chance. J’ai aussi la chance d’avoir un heureux tempérament. J’ai eu deux cancers. Je pourrais dire que ce n’est pas drôle, mais ça ne me ressemble pas du tout. Je suis heureux », assure celui qui a trois petits-enfants et cinq arrière-petits-enfants.