Inspiration d'Islande

(2/2) La froidure se fait sentir, la neige a recouvert le sol, l'hiver est bel et bien arrivé. Depuis quelques semaines, la saison froide s'est aussi installée à l'intérieur des murs de Langage Plus. Jusqu'au 22 janvier, le centre d'art actuel d'Alma propose deux expositions où le froid est devenu source d'inspiration et sujet de création.
L'artiste Émilie Bernard a effectué deux résidences de création en Islande. Chaque jour, elle partait à la découverte d'un environnement qui lui était étranger. Avec l'exposition Récits d'un séjour en terre nouvelle, elle invite le visiteur de Langage Plus à voyager, grâce à sa propre interprétation de ce territoire. 
La salle principale de Langage Plus est bien remplie. Elle regorge d'objets recueillis et créés qui réfèrent au paysage, à la nature et à la tradition. Le tout est froid, mais pas glacial. Plutôt doux comme une neige légère qui tombe un beau jour d'hiver. 
Émilie Bernard est allée à la découverte de montagnes, de cascades, elle a cueilli des plantes, ramassé des cailloux. Elle s'est aussi familiarisée avec les motifs de tricots locaux. C'est tout ça qui a inspiré sa démarche. Visiter Récit d'un séjour en terre nouvelle nécessite du temps, force à s'arrêter. C'est sans doute de cette façon que l'artiste parvient à nous plonger dans son univers. 
Malgré la multitude d'éléments réunis, une impression de grandeur se dégage de la salle d'exposition. Un mur rempli de silhouettes de végétaux et d'animaux n'est certainement pas étranger à cette sensation. C'est la première chose qui frappe en entrant. En bois, en plâtre, en argile, les formes se déclinent dans les teintes de brun et de beige. Tout est disposé avec précision, donnant l'impression au visiteur de se trouver devant une immense tapisserie inspirée de la nature en trois dimensions. 
Sur un écran, des images de montagnes défilent. Sur un autre, des branches et des feuilles d'arbres sont superposées, séparées par de minces feuilles de papier. Elles forment un tout où la transparence est mise en évidence. 
La montagne et les végétaux sont très présents dans l'exposition. On découvre souvent ces derniers par leurs silhouettes, comme des traces de leur existence. 
Nombre de dessins font aussi partie de l'exposition, notamment dans un assemblage où plusieurs sont réalisés au plomb. Quelques douces couleurs sortent du lot, sans troubler la quiétude qui émane de l'ensemble. Du nombre, quelques-uns rappellent le tricot, comme s'ils étaient confectionnés de mailles. 
Émilie Bernard aime jouer avec les pleins et les vides, les tons, les contrastes, le noir, le blanc, le gris. 
Sur une tablette, des minéraux cohabitent avec des végétaux de carton, de bois et de plâtre. Le réel et l'imaginaire de l'artiste cohabitent pour composer un portrait du paysage. 
Au centre de la pièce, des os, des pierres, des objets fabriqués et trouvés forment un inventaire. Les éléments sont taillés dans du papier ou du bois, dessinés, moulés dans du plâtre, photographiés. L'artiste répète et réinterprète les éléments. 
Des écrits ont également été regroupés. L'artiste partage ses notes de voyage. Elle a aussi choisi des extraits d'auteurs islandais qui décrivent les paysages de leur coin de pays. 
Avec Récits d'un séjour en terre nouvelle, il devient facile d'imaginer le paysage nordique, le froid, les couleurs anciennes, les textures, la nature.