À chaque métier ses outils montre les outils de travail des professions d’autrefois.

Hommage aux métiers révolus

L’Odyssée des Bâtisseurs met la lumière sur les travailleurs oubliés qui ont participé à la construction de la région, dans l’exposition À chaque métier ses outils.

Forgerons, laitiers, cordonniers, draveurs ; l’histoire de ces professions est illustrée par des outils et des objets oubliés. L’imposante pesée de l’épicier, le standard téléphonique, la hache du bûcheron sont des exemples de ces reliques d’un passé révolu, mais qui a contribué à créer le monde actuel.

Le standard téléphonique est un des objets les plus imposants de cette exposition.

Les objets qui sont exposés à Alma dormaient dans les archives du musée. L’Odyssée des Bâtisseurs a puisé dans la collection de la Société d’histoire du Lac-Saint-Jean, qui compte près de 3000 pièces, pour monter cette exposition temporaire.

Des boîtes d’épices vendues autrefois au Lac-Saint-Jean

La coordonnatrice des expositions et de l’éducation, Jessica Lapointe, raconte que les visiteurs demandaient souvent de voir ce qui se trouve dans les archives.

« On se fait souvent poser la question de ce qu’il y a dans la collection, si on peut les voir, etc. Le but, c’était de sortir le plus d’objets possible en lien avec la thématique », explique Mme Lapointe.

La Cordonnerie Potvin d’Alma a fourni des photos pour l’exposition.

À travers les époques

Sur place, on peut en apprendre plus sur les outils utilisés pour des professions qui se perdent ou qui ont changé à travers les époques. Si le travail de l’épicier persiste aujourd’hui, celui de la standardiste n’existe plus. D’autres professions, comme celle du bûcheron et celle du cordonnier, ont été transformées par les nouveaux modes de production et par l’automatisation du travail.

« À Alma, il reste un cordonnier qui a encore une boutique. Il nous expliquait que la qualité des chaussures est un obstacle à la survie du métier. Les fabricants utilisent des matériaux de moindre qualité et de la colle au lieu de clous. Ça vaut moins la peine de faire réparer ses souliers », indique Mme Lapointe.

De la même manière, l’invention de la scie mécanique a changé à jamais la profession de bûcheron et de draveur. « On a fait des recherches dans la collection et on a trouvé qu’il y avait beaucoup d’objets liés aux métiers fondateurs dans la région. On essaie aussi de mettre en valeur les fonds photographiques de la Société d’histoire », poursuit Jessica Lapointe, ajoutant que des entreprises familiales de plusieurs générations, comme la Cordonnerie Potvin, ont participé à la conception de l’exposition.

L’invention de la scie mécanique a changé à jamais le travail de bûcheron.

Pièce imposante

Une des pièces les plus imposantes de cette exposition est le standard téléphonique, cet objet utilisé par les standardistes à une époque où plusieurs fils étaient nécessaires pour faire fonctionner les téléphones.

Pour l’anecdote, un groupe d’anciennes téléphonistes qui travaillait pour Bell s’est présenté lors du vernissage. « Sur les photos les plus récentes, certaines personnes se sont reconnues. Elles possèdent un groupe et se réunissent de temps en temps. Elles étaient assez impressionnées », explique Mme Lapointe.

Un programme de médiation spécialement conçu pour les jeunes débutera prochainement, pour faire connaître ces professions en voie de disparition à la nouvelle génération.

À chaque métier ses outils est au programme jusqu’au 9 avril.

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RACONTER L'HISTOIRE À TRAVERS LES OBJETS

Dans la salle d’à côté, une autre exposition, fruit d’une collaboration avec les étudiants du Collège d’Alma, met en valeur la richesse de la collection des archives de l’Odyssée des Bâtisseurs. On peut y apercevoir des interprétations des pièces conservées par le musée.

C’est à un membre du corps professoral du Collège d’Alma que l’on doit l’idée de ce projet. «Élyse Simard, qui est une enseignante, est venue me voir l’automne dernier pour voir si on pouvait monter un projet d’exposition ensemble», explique Jessica Lapointe, coordonnatrice des expositions et de l’éducation.

Chaque étudiant du cours Évolution de l’art québécois a donc choisi un objet de la collection de la Société d’histoire du Lac-Saint-Jean et l’a interprété à sa façon. Parfois intégrés dans l’oeuvre, d’autre fois interprétés de manière figurative ou abstraite, les objets de Quand l’art raconte une histoire sont un prétexte pour donner une première expérience d’exposition professionnelle à ces étudiants collégiaux almatois.

Selon Jessica Lapointe, la participation des étudiants a dépassé les attentes. «Les étudiants sont vraiment impliqués dans le projet. Ça leur a tenu à coeur. Plusieurs des oeuvres sont vraiment touchantes», indique-t-elle.

On retrouve une quinzaine d’oeuvres, issues de plusieurs médiums, dont des sculptures, des peintures et des collages, qui se démarquent par la variété des styles artistiques proposés.

Un artiste a utilisé un crucifix pour faire une peinture qui traite du sort réservé aux membres des Premières Nations par le clergé. Un autre a utilisé une vieille bicyclette pour la réinterpréter de manière abstraite, en faisant des toiles géométriques non figuratives.

Si la plupart des oeuvres, accompagnées de leur objet historique, sont assez éloquentes pour que l’on comprenne leur signification, un petit texte informatif se trouve à côté de chacune d’elle. Le texte nous renseigne sur la démarche de l’étudiant et sur ses choix.

L’exposition peut être visitée gratuitement jusqu’au 9 avril.