Rosaire Duchesne lancera le roman Les bleuets empoisonnés, le 10 décembre, à la bibliothèque municipale de Jonquière. Ce livre constitue un hommage à sa belle-mère, dont la force de caractère fut exemplaire.

Hommage à une femme exemplaire

Rosaire Duchesne a inscrit le mot roman sur son nouvel ouvrage, Les bleuets empoisonnés, mais il n'y a rien d'inventé dans cette histoire centrée sur le destin de Marie-Rose Savard, dont la vie constitue un symbole de résilience. Il s'agit de sa belle-mère, une femme qui a été plongée au coeur d'un horrible fait divers à l'été 1966, sans toutefois perdre sa foi ni sa confiance en l'avenir.
« Ça fait 16 ans que je suis le conjoint de l'une de ses filles. Comme il n'y avait pas de consensus à propos de ce que j'entendais au sujet de sa mère, j'ai réalisé des entrevues avec les membres de la famille en essayant de faire la part des choses. Le livre, c'est donc une forme de cadeau à des gens que j'aime beaucoup », a expliqué l'auteur il y a quelques jours, à la faveur d'une entrevue accordée au Quotidien.
Personne n'a lu le roman publié chez KLEMT Édition. C'est seulement à compter de samedi, à 13 h 30, que les proches de l'auteur découvriront le portrait qu'il a brossé de Marie-Rose Savard. Précisons que le lancement aura lieu à la bibliothèque municipale de Jonquière, qu'il sera accessible gratuitement et que toutes les personnes que la chose intéresse sont invitées à y assister.
« En incluant les entrevues et la rédaction, j'ai travaillé six mois sur ce projet et maintenant, je vois la famille autrement. Je la savais forte, mais j'ai réalisé à quel point ses membres ont hérité des qualités de ma belle-mère. Je retrouve chez eux son sens de la famille, son don de soi », fait observer Rosaire Duchesne, dont le livre sera disponible à la Librairie Marie-Laura de Jonquière à partir du 12 décembre.
« Faire confiance à Dieu »
Née à Matane en 1917, Marie-Rose Savard était encore un bébé lorsque ses parents ont dû la protéger de l'épidémie de grippe espagnole qui a endeuillé la planète. Elle a aussi vécu la Crise, ce qui ne l'a pas empêchée d'épouser le bûcheron Antonien Potvin en 1935, puis de s'installer au lac Kénogami, dans ce qui constituait un territoire non organisé. C'est là que ses 21 enfants ont vu le jour.
On le devine, la vie était dure, surtout à partir du moment où le père a perdu son emploi pour cause de ralentissement économique. Pas du genre à se laisser aller, lui et son épouse, ainsi que plusieurs de leurs proches, ont entrepris de cueillir des bleuets dans le bout de La Tuque. C'est lors d'une expédition de cette nature qu'est survenu le drame évoqué tantôt.
« Le mari de Marie-Rose, une de leurs filles, une amie, un beau-frère et une belle-soeur se trouvaient dans une chaloupe. Ils voulaient voir une talle de bleuets située sur l'autre rive de la rivière Tranche lorsqu'une pitoune à moitié immergée les a fait tomber à l'eau. Personne ne portait de gilet de sauvetage et tous se sont noyés », relate Rosaire Duchesne.
Démolie par cette tragédie qui avait fait les manchettes à l'échelle du Québec, Marie-Rose Simard a demandé conseil au curé de la paroisse Saint-Dominique de Jonquière, Luc Morin. « Il lui a suggéré de faire confiance à Dieu. C'était une femme très croyante et en s'appuyant sur sa foi, elle est passée à travers cette épreuve », note son beau-fils.
La famille a emménagé à Jonquière, où ont été élevés les plus jeunes enfants du couple. C'est là, aussi, que Marie-Rose a refait sa vie en savourant de petits bonheurs comme les quilles et la couture. Le plus important, toutefois, fut de constater que les siens étaient retombés sur leurs pattes et formaient un clan uni lors de son décès, survenu il y a une vingtaine d'années. « En fin de compte, tout le monde s'en est bien tiré », se réjouit Rosaire Duchesne.