Pendant leur séjour au Bengale, les membres du groupe Mosaïque se sont fait photographier devant une affiche qui témoigne de la popularité de leur ami Surojit. Il les a surpris lors de leur premier spectacle à Kolkata en leur confiant la responsabilité de jouer, seuls comme des grands, devant une foule réunissant 10 000 personnes.

Heureux qui, au Bengale, a fait un bon voyage

La première fois que le groupe Mosaïque s’est rendu au Bengale, il avait donné des spectacles aux côtés de son ami Surojit, l’un des artistes les plus populaires de cette région de l’Inde. De retour là-bas du 2 au 20 janvier, ses membres, qui vivent tous au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ont eu la satisfaction de connaître encore plus de succès, et ce, en portant seuls la responsabilité de divertir le public.

Juste avant le premier des deux rendez-vous figurant à leur agenda, en effet, Surojit leur a réservé une surprise. Il a annoncé aux cinq chanteurs et musiciens – Khosrow Maghsoudi, versé dans les instruments traditionnels iraniens, n’a pu faire le voyage – qu’il ne les accompagnerait pas sur scène, contrairement à ce qui s’était produit lors de leur incursion précédente, en 2015.

Pour avoir une idée de ce qu’ils sont ressenti, en cette soirée du 14 janvier, il faut comprendre que l’événement auquel le groupe participait à Kolkata, le Festival Pithe Puli, est très populaire. Près de 10 000 personnes étaient regroupées sur le site extérieur, attendant de découvrir ces artistes venus de loin, dont elles ne connaissaient rien.

« Surojit était présent, mais il a tenu à ce que nous jouions seuls parce qu’à son avis, Mosaïque était prêt à assumer cette responsabilité. De notre côté, nous sentions une pression, mais ça s’est bien passé. Plein de gens ont dansé pendant le spectacle. Après, nous avons reçu beaucoup de commentaires positifs », a raconté le fondateur de la formation, le percussionniste Jayanta Guha, à la faveur d’une entrevue accordée au Progrès.

Le programme comprenait des pièces sud-américaines et africaines, des compositions de Surojit, ainsi que des airs traditionnels québécois. Il a été si apprécié que le comité organisateur a lancé une nouvelle invitation au groupe, en vue de l’édition 2019. La direction d’un autre festival, présenté quelques semaines plus tard, a aussi émis le voeu d’intégrer le groupe dans sa grille. L’horaire, toutefois, ne concordait pas avec celui des artistes.

« Notre principal objectif a été atteint ce jour-là, en ce sens que nous avons partagé notre musique avec de nouvelles personnes. C’était extraordinaire », affirme Jayanta Guha. Encore sous le charme, lui et ses camarades Pascal Bouchard, Denis Turbide, Jean-François Sauriol et Marisol-Josée Beauchesne, ont participé à la soirée internationale tenue dans l’une des salles les plus exclusives de la ville, le Calcutta Club.

« C’est très huppé. Pour devenir membre de ce club, il faut passer dix ans sur une liste d’attente, précise le percussionniste. À cette occasion, nous avons partagé l’affiche avec une troupe chinoise, ainsi qu’une compagnie de ballet russe. Et cette fois, nous avons fait une chanson avec Surojit. Il a chanté avec nous. »

Leur ami, justement, a profité du séjour de Mosaïque dans ses terres pour procéder à l’enregistrement de deux compositions. Elles ont pour but de souligner les 25 ans de la formation, possiblement par l’entremise d’extraits disponibles sur le Web. Toujours en lien avec cet anniversaire, les musiciens planchent sur un spectacle qui aura lieu le 14 avril, au Côté-Cour de Jonquière. D’autres suivront d’ici à la fin de l’année.

Surojit ne sera pas présent à Jonquière, mais si les astres s’alignent comme il le faut, il reviendra au Saguenay-Lac-Saint-Jean au cours de l’été. « Nous prévoyons jouer dans la région et aussi à l’extérieur. Nous voulons également travailler en studio », mentionne Jayanta Guha, qui ajoute que le voyage au Bengale a reçu l’appui du Conseil des arts du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts de Saguenay.

Cette image captée le 14 janvier, pendant le spectacle du groupe Mosaïque donné dans le cadre du Festival Pithe Puli, évoque une tradition à laquelle souscrit le comité organisateur. Il remet une statuette à chaque musicien, ce qui a surpris - et touché - Marisol-Josée Beauchesne.