Hervé Bouchard agit à titre de parrain de la 26e édition du Prix littéraire Damase-Potvin.
Hervé Bouchard agit à titre de parrain de la 26e édition du Prix littéraire Damase-Potvin.

Hervé Bouchard, le parrain qui colore la 26e édition du Prix Damase-Potvin

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
«Remporter un concours, c’est un encouragement formidable. C’est comme si on te disait que tu as raison de faire ce que tu fais.»

Lorsqu’il était étudiant, Hervé Bouchard a participé à des concours d’écriture. Ensuite, il a reporté des prix littéraires. Ces expériences ont marqué son parcours à titre d’écrivain. «Les concours, c’est l’occasion de pouvoir inscrire son nom dans cette profession. C’est aussi un moyen de rencontrer d’autres écrivains. C’est très, très important.»

Hervé Bouchard se remémore encore ce jour où étudiant, il a remporté un concours d’écriture de quatre lignes organisé par La Bonante, la revue de création littéraire de l’Université du Québec à Chicoutimi.

«Remporter le concours, ça m’avait beaucoup stimulé. J’étais plein d’ambition et de rêves.»

L’écrivain est sans équivoque: les concours littéraires sont importants. C’est pourquoi il a accepté d’agir à titre de parrain de la 26e édition du Prix littéraire Damase-Potvin.

«Céline Dion, la coordonnatrice du Prix littéraire, m’a approché quelques fois par le passé, mais ce n’était pas possible pour diverses raisons. Cette fois, je ne pouvais pas dire non. C’est un concours ouvert aux professionnels et aux non professionnels, ainsi qu’aux jeunes. C’est quelque chose de très inclusif, d’ouvert. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, beaucoup de gens écrivent. Ça veut dire que ce n’est pas un concours anodin, pas un concours paroissial, affirme-t-il. J’aime beaucoup le terme parrain. En fait, mon rôle consiste surtout à accueillir les auteurs. Je tiendrai également un discours lors de la remise des prix. Je place le concours sous mon nom d’écrivain professionnel. Je vais un peu donner ma couleur à cette édition.»

La première manifestation de son implication transparaît dans le thème du concours, «Balcon», un mot qui évoque plusieurs images et références pour l’écrivain qui aurait pu s’en nourrir avec un enthousiasme certain.

«J’ai envoyé quelques propositions de thèmes et le comité de sélection a choisi celui-là. J’étais assez enchanté. C’est un thème riche sur le plan littéraire. Ça ramène à Cyrano de Bergerac, à Roméo et Juliette, au texte de Jean Genet. L’élément architectural convoque le spectateur au théâtre. Un balcon, c’est déjà une scène qui amène le dialogue même s’il impose une barrière, estime l’auteur. Et puis il y a eu cet homme au printemps, qui a loué une nacelle pour voir sa femme isolée par la maladie d’Alzheimer et la pandémie dans un CHSLD de Jonquière. C’est une scène de balcon formidable. Le balcon, c’est un thème universel qui touche aussi la période dans laquelle ont est. »

En ces temps de pandémie où tout est chamboulé, Hervé Bouchard estime que la littérature, elle, peut poursuivre sa route.

«Évidemment, tout est différent. Il n’y a plus de rencontres. Mais la littérature sied à cette situation de confinement. La littérature, c’est paradoxal. C’est une activité qui se pratique dans le confinement, qui se pratique seul. Par contre, on rencontre ses lecteurs de façon virtuelle à travers ses textes. »

C’est davantage dans son rôle d’enseignant en littérature au Cégep de Chicoutimi que le coronavirus affecte Hervé Bouchard.

«Actuellement, tout se fait de façon virtuelle. J’ai l’impression que ça ne va pas trop mal, que les étudiants s’en sortent bien. Ce n’est pas l’idéal, je préfère la présence. Je dis toujours que je suis meilleur en direct qu’en différé. Mais l’important, c’est que mon enseignement arrive à passer quand même. Quand je vois les résultats obtenus, je crois que ça va. Mais je ne sais pas comment les étudiants se sentent. Je n’ai pas de contact et c’est ce que je trouve le plus dur. C’est très difficile de créer une énergie collective.»

Même s’il n’a plus à se rendre en classe, l’écrivain maintient la routine qu’il a établie lorsque ses enfants étaient petits. Chaque matin, il se lève vers 4h afin d’écrire une page de texte. «J’essaie de faire ma page chaque matin. Je me lève et je suis assis à ma table d’écriture de 4h15 jusqu’à environ 7h. Parfois, je n’ai pas avancé. Des fois ça va bien, des fois ça ne va pas bien. J’essaie de mener mes projets à bien, autant en prose qu’en illustré, assure celui qui a des projets en branle avec deux maisons d’édition, soit La Pastèque et Le Quartanier. Il ne faut pas que je meure. J’ai plein de projets dans ma tête», termine-t-il, un sourire dans la voix.

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UNE INVITATION POUR LES AMOUREUX DES MOTS

Le confinement est propice à l’écriture. Les auteurs professionnels ou non du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont une occasion de mettre leur temps à profit en produisant une nouvelle dans le cadre de la 26e édition du Prix littéraire Damase-Potvin. Un total de 3000 $ en bourses sera partagé entre les récipiendaires. 

L’édition 2021 du concours se déroule sous la présidence d’honneur de l’écrivain Hervé Bouchard. Les participants sont invités à produire un texte de 750 à 1000 mots sous le thème Balcon. 

Le concours réservé aux personnes originaires ou résidentes du Saguenay-Lac-Saint-Jean se divise en trois catégories, soit jeune adulte (18-30 ans), adulte (31 ans et plus) et écrivain professionnel. Les participants ont jusqu’au dimanche 7 février 2021 (minuit) pour faire parvenir leur création. 

Trois prix seront attribués dans les catégories jeune adulte et adulte. Un unique gagnant sera couronné parmi les professionnels. Tous les textes primés seront publiés dans la revue La Bonante du Département des arts et lettres de l’UQAC.

Une remise de prix se tiendra en avril, si la situation le permet. Sinon, un événement virtuel permettra de couronner les gagnants. 

Tous les détails du concours sont disponibles au www.damase-potvin.com et sur la page Facebook du Prix littéraire Damase-Potvin.