Thomas Hellman partage la scène avec deux musiciens, le multi-instrumentiste Olaf Gundel et le contrebassiste Sage Reynolds.

Hellman trois fois dans la région

Il reste quelques arrêts québécois à l’auteur-compositeur-interprète Thomas Hellman avant de s’envoler vers l’Europe pour une tournée de quelques mois du spectacle Rêves américains : de la ruée vers l’or à la grande crise, et trois de ces représentations seront au Saguenay-Lac-Saint-Jean la semaine prochaine.

« C’est un peu une surprise. On a joué une fois en Europe devant 35 diffuseurs, et ils ont tous acheté le spectacle », relate l’artiste en entrevue téléphonique. Il visitera donc plusieurs villes de France et de Belgique, de janvier à avril 2018, accompagné de deux musiciens. Mais avant, on pourra le voir à Alma, à la Boîte à bleuets, le 16 novembre, le lendemain à Jonquière, au Côté-Cour, et finalement à Saint-Prime, au Vieux Couvent, le 18 novembre.

Si le spectacle a fait aussi bonne impression sur le Vieux Continent, c’est probablement grâce à sa formule qui plaît déjà beaucoup aux Québécois présentement. 

« C’est à mi-chemin entre le théâtre, la musique et le conte. C’est différent de ce à quoi les gens sont habitués », décrit Thomas Hellman, qui a eu quelques rôles au cinéma plus jeune.

Ce dernier a monté le spectacle d’après une série de ses chroniques radiophoniques diffusées à Radio-Canada entre 2012 et 2014. Il n’était pas prévu que la demande au Québec serait aussi forte. Hellman fait resurgir des pans de l’histoire américaine, de la conquête de l’Ouest à la crise des années 30, un propos qui fait réfléchir sur notre propre époque.

« Je suis passionné d’histoire, mais je ne veux pas donner un cours d’histoire, clarifie-t-il. Je fais ressortir l’américanité qui compose notre société. Il y a quelque chose dans le spectacle qui parle beaucoup aux gens. En Europe, il y a un parallèle à dresser entre la crise des migrants actuelle et celle vers la Californie à l’époque, dans la recherche d’une seconde chance. Ici, les gens se rappellent leur grand-mère qui racontait avoir vécu la crise, ou leur grand-père qui travaillait dans les mines. »

Aussi notre histoire

Après tout, les Canadiens-français ont aussi participé à la conquête de l’Ouest, mais surtout au peuplement du nord du territoire. « C’est aussi notre histoire », résume celui qui est à moitié Américain par son père, mais qui a toujours vécu au Québec. 

Thomas Hellman propose des adaptations bilingues de chansons peu connues des années 30, des textes transposés en musique comme Les raisins de la colère de John Steinbeck, et ses propres morceaux. Il incarne sur scène les personnages évoqués, comme ce tueur de centaines de milliers de bisons qui œuvrait avec l’accord du gouvernement américain, ou ce travailleur des chemins de fer qui a gagné la course contre la machine qui menaçait son emploi.

« C’est très intense, très physique comme spectacle, assure l’écrivain et musicien. On part d’une certaine euphorie, puis on chute dans la noirceur, et on finit vers la lumière sur une note d’espoir. Ça peut avoir un écho chez n’importe quel individu. »

Un album inspiré de la première partie du spectacle est déjà sorti, et le deuxième tome, qui portera sur la grande crise, devrait paraître au printemps 2018. 

Thomas Hellman planche aussi sur un essai qui lui permettra d’aborder plus en profondeur ce qu’il a découvert durant ses recherches historiques.