Hélène Lefebvre ignore s’il s’agit d’un record à l’échelle du Québec, mais elle met la dernière main au 12e tome d’une saga familiale, celle des Corbin. Ils vivent à Dumontel, une petite ville calquée sur Saint-Félicien, le patelin de l’auteure.

Hélène Lefebvre, romancière au long cours

Il y a quelques jours, Hélène Lefebvre a sorti un livre intitulé «Les amours à conquérir». Il raconte la vie tumultueuse de la famille Corbin, composée de membres éminents de la bourgeoisie de Dumontel. Outre le fait que cette localité est calquée sur le patelin de l’auteure, Saint-Félicien, ce qui confère un caractère singulier à cette publication, c’est la séquence dans laquelle elle s’insère.

« C’est le 11e et avant-dernier chapitre de la saga », souligne ainsi la Jeannoise. Maintenant installée à L’Assomption, cette écrivaine au long cours profite de l’automne gris pour peaufiner l’ultime manuscrit. Elle en connaît déjà les contours, ainsi que le titre, Les amours du millionnaire. Ses fidèles lecteurs, qui la suivent depuis 2013, le découvriront quelque part en 2019.

« Après le huitième, j’avais l’impression d’avoir fini cette série quand mon éditeur, Sylvain Vallières, m’a demandé de la prolonger, raconte Hélène Lefebvre. Même si je voulais passer à autre chose, j’ai accepté de faire quatre livres supplémentaires, ce qui nous amène à l’époque actuelle, où évolue la sixième génération de la famille Corbin. À travers elle, on voit comment a évolué la société depuis le début de la série, en 1920. »

Fruit de son imagination, les Corbin étaient propriétaires d’un magasin général avant de constituer un empire financier qui les fera rayonner bien au-delà de leur communauté. Ils sont tellement nombreux, impliqués dans tant d’histoires, que l’auteure a ressenti le besoin de former un arbre généalogique pour prévenir les incohérences. Elle a aussi dressé l’équivalent de ce qu’on appelle la bible dans l’univers des séries télévisées. On y trouve leurs préférences, leurs traits physiques et bien d’autres informations.

Les amours à conquérir est le 11e tome sur 12.

« Chaque roman m’amène aussi à faire des recherches à caractère historique. Je m’assure de camper l’action dans le contexte approprié. Je ne voudrais pas intégrer une chanson de Pierre Lalonde dans une scène qui se déroulerait pendant les années 1950 », donne en exemple Hélène Lefebvre. Quant au processus d’écriture, il est balisé par des tableaux de dix à 20 pages dont les moindres nuances sont définies à l’avance.

« Avant de rédiger le texte, je vois les péripéties dans ma tête », indique la romancière. Le plaisir de côtoyer ses personnages représente l’une de ses sources de motivation, en même temps qu’un déchirement lorsqu’ils passent de vie à trépas. Elle a également apprécié les nombreuses conversations avec son père, Marcel Lefebvre, qui a participé à la fondation du zoo de Saint-Félicien. Les premiers tomes ont bénéficié de ses expériences passées, que ce soit au Lac-Saint-Jean ou au sein de l’armée canadienne.

C’est entre 1983 et 1985 qu’il a été sollicité, ce qui correspond à la période pendant laquelle neuf volumes ont vu le jour. Hélène Lefebvre venait de déménager à Val-d’Or, où son conjoint avait obtenu une promotion. Ne voulant pas demeurer inactive, elle a brossé le portrait des Corbin à la faveur d’un premier jet qui est demeuré dans un tiroir jusqu’en 2013.

Le déclic est survenu au Salon du livre de Trois-Rivières, à la suite d’un échange avec Sylvain Vallières. Lui qui se lançait dans l’édition l’a accueillie à bras ouverts. Les premiers tomes ont été publiés et rapidement, la Jeannoise a réalisé que sa saga suscitait de l’intérêt. « Il y avait des listes d’attente dans les bibliothèques », se souvient-elle. Cette popularité ne s’est pas démentie, mais aujourd’hui, le moment est venu de refermer ce chapitre de sa vie.

« Je ne sais pas ce que je fais faire ensuite. Ça pourrait arriver que d’autres sujets m’interpellent. J’ai aussi des poèmes que j’aurais peut-être le goût de publier. La seule chose dont je suis sûre, c’est que je vais continuer à écrire », assure Hélène Lefebvre.