Guylaine Tanguay vient de lancer l’album 3764 Elvis Presley BLVD, où elle pose sa voix sur les classiques du King. Il a été enregistré au Tennessee, avec des musiciens qui connaissent ce répertoire sur le bout des doigts.

Guylaine Tanguay sur les pas du King

Disponible depuis vendredi, le nouvel album de Guylaine Tanguay, 3764 Elvis Presley BLVD, possède une authenticité qui trahit ses origines. La chanteuse originaire du Lac-Saint-Jean est en effet retournée au Tennessee, le lieu où sont nés ses trois derniers enregistrements, afin de poser sa voix sur les classiques du King. C’est son ami Steve Madile, producteur à Nashville, qui l’a guidée dans cette exploration d’un répertoire plus « piégeux » qu’on l’imagine.

« Moi et Steve, on se connaît depuis dix ans et c’est une histoire de coeur. Il a aménagé un studio dans sa maison et l’atmosphère est différente des installations plus commerciales, très efficaces, mais impersonnelles. Au fil des projets, j’ai construit mon équipe avec lui, en respectant la même philosophie qu’avec les gens qui m’accompagnent en spectacle au Québec », a souligné l’artiste jeudi, à la faveur d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Très tôt, elle a réalisé qu’il ne fallait pas jouer avec les chansons d’Elvis, leur faire porter des habits trop neufs. Or, ses complices étaient bien placés pour en capter l’essence, eux qui les connaissent depuis le berceau. « Cette histoire, ils l’ont vécue. C’est comme nous avec Céline », explique Guylaine Tanguay, en donnant l’exemple de son partenaire sur Are You Lonesome Tonight ? , Andy Childs. Non seulement chante-t-il comme le King, mais ce diable d’homme est proche de ses anciens musiciens.

Chanter du Elvis a constitué un défi pour Guylaine Tanguay, qui a dû reproduire son groove caractéristique, trouver en elle l’énergie qui portait cet interprète hors normes.

C’était donc à elle de se mouler aux succès du King, un défi d’autant plus grand que les interprétations originales comportent une forte dose de testostérone. Hormis les ballades, chaque titre l’a poussée dans ses derniers retranchements, tandis que les musiciens – excellents – tricotaient une trame efficace.

« Chanter du Elvis, ce n’est pas facile. Tu ne peux pas faire Jailhouse Rock ou Don’t Be Cruel assis sur un tabouret, raconte la chanteuse. Ça prend du chien. Tu dois t’adapter à son style, à sa voix qui groove tellement. C’est ce qu’il avait à l’époque, beaucoup de vivant au niveau du rythme et de l’interprétation. Comme il faut chanter un peu comme un homme, j’ai été chercher le côté rauque dans ma voix. »

Elle reconnaît que ça lui a fait peur, au début, d’entrer dans cette zone peu familière. À l’usage, cependant, le plaisir a pris le dessus. « J’ai lâché mon fou et je me suis amusée », reconnaît Guylaine Tanguay, qui a la ferme intention de porter cette énergie à la scène. La tournée de l’album précédent, Mon livre vert, se poursuivra jusqu’à la fin de l’automne, mais en filigrane, elle intégrera des pièces créées par des contemporains du King, notamment Patsy Cline et Johnny Cash.

Suivront quelques sorties destinées à appuyer son prochain disque, Que les Fêtes commencent, que ses fans pourront découvrir à l’automne (les derniers titres seront enregistrés ce mois-ci, toujours à Nashville). Puis viendra le spectacle centré sur 3764 Elvis Presley BLVD. Il sera mis sur les rails à la fin de février, au Casino de Montréal.

« J’aime mettre de la vie dans la salle et ce concept est idéal. Les gens n’auront pas de misère à reconnaître les pièces et pourront se remémorer de beaux souvenirs. Je veux qu’ils aient le goût de chanter », énonce Guylaine Tanguay, dont la prochaine visite au Saguenay-Lac-Saint-Jean aura lieu le 8 juillet, alors qu’elle sera l’invitée du Festirame d’Alma.