Guillaume Beauregard sera de passage au Côté-Cour de Jonquière le 30 novembre dans le cadre de sa tournée Disparition.

Guillaume Beauregard en chanson et en humour

Les harmonies douces et la voix posée de Guillaume Beauregard contrasteront avec l’humour et l’énergie qu’il compte mettre de l’avant dans sa mise en scène, lors de son passage à Jonquière samedi.

« C’est très drôle, en fait », lance l’auteur-compositeur-interprète, à l’autre bout du fil, en entrevue avec Le Quotidien. Pas question, pour l’ancien meneur du groupe punk rock Vulgaires Machins, qui mène aujourd’hui une carrière solo, de laisser planer dans une ambiance qui pourrait laisser place à la déprime.

« J’ai eu envie d’écrire un show qui allait un peu équilibrer les choses par rapport aux chansons. Je me suis rendu compte que les chansons sont vraiment smooth. Il y a aussi un propos qui peut sembler un peu noir, un peu déprimant de temps en temps. »

Il a donc choisi de monter le spectacle de la tournée Disparition, du même nom que son deuxième album folk paru à l’automne 2018, avec l’acteur et metteur en scène François Bernier. Le résultat est « assez flyé », promet celui qui foulera les planches du Côté-Cour de Jonquière samedi. Le spectacle qui était initialement prévu la veille, vendredi, à la Boîte à Bleuets d’Alma, a été annulé jeudi.

Il ne souhaite pas trop en dévoiler, mais le secret repose dans les échanges avec le public, partage-t-il. Exit les traditionnels « Bonsoir, je suis content d’être là ! » ou encore « La prochaine chanson parle de... », vous ne les entendrez pas de la bouche de l’artiste.

« Moi, c’est une affaire dont je suis complètement lassé quand je vais voir des shows. Je m’intéresse beaucoup à ce qui se passe entre les tounes et c’est là-dessus qu’il y a énormément d’espace pour être créatif », estime-t-il.

Les spectateurs pourront donc en apprendre davantage sur l’album, mais sans tomber dans les formules convenues et sans saveur. Jusqu’à maintenant, le concept surprend et les commentaires qu’il reçoit sont positifs.

« J’ai le goût que ce soit divertissant, j’ai le goût qu’on soit ému, qu’on rit », résume-t-il. Le concept est maintenant rodé : plusieurs formules ont été testées, selon que le spectacle soit présenté en duo, ou avec un plus grand nombre de musiciens.

La qualité avant la quantité

Le temps et l’énergie investis dans la mise en scène du spectacle sont à l’image de la philosophie de travail que Guillaume Beauregard a toujours voulu mettre de l’avant, avec Vulgaires Machins ou dans sa carrière solo, qu’il mène depuis la pause du groupe, en 2014.

« Je passe mon temps à me dire : “Mais pourquoi on passe pas plus de temps sur ce qu’on propose et qu’on n’essaie pas d’atteindre des niveaux plus élevés que ça ? ” », partage l’artiste. Cette réflexion, il l’a eue à de nombreuses reprises en écoutant des albums ou en assistant à des spectacles qui lui donnaient l’impression d’un travail inachevé.


« J’ai le goût qu’on soit ému, qu’on rie »
Guillaume Beauregard

« On est tellement nombreux à faire de la musique. On ne peut plus offrir quelque chose de bon ou d’ordinaire. Je pense qu’il faut aller au-delà de nos capacités et s’investir personnellement dans quelque chose qui est sincère et abouti. »

Pour en arriver à ce résultat, il apprend à s’écouter. Aujourd’hui, il ne part plus en tournée sur la route pendant des semaines et n’hésite pas à prendre les années qu’il juge nécessaires pour livrer un album à la hauteur de ses critères de qualité.

Il se laisse aussi la liberté, par exemple, de faire revivre Vulgaires Machins le temps de quelques spectacles, comme cela a été le cas cet été – dont en première partie de NOFX à Chicoutimi – sans pour autant prendre d’autres engagements en ce sens, si lui et les membres du groupe n’en ont pas envie.

« Je ne me pose pas la question tant que ça, à savoir ce qui est pertinent, ce que je devrais faire comme projet, constate celui qui a de nombreux projets et idées en tête. J’écoute mon cœur, je fais ce que j’ai envie, au moment où j’ai envie de le faire. »