Le directeur artistique de l'Ensemble Talisman, Luc Beauchemin, invite les mélomanes à se rendre à la chapelle de la cathédrale de Chicoutimi, mercredi à 17h30. Ils pourront entendre le Stabat Mater de Pergolèse, ainsi que des extraits du deuxième album de la formation, Dix réflexions.

Grosse saison pour l'Ensemble Talisman

Grosse saison pour l'Ensemble Talisman. Après avoir repris Les sept dernières paroles du Christ à l'occasion du Vendredi Saint, puis participé à l'hommage rendu au compositeur Jean-Pierre Bouchard dans le cadre du Festival des musiques de création, ses membres s'apprêtent à donner deux concerts en l'espace de trois jours.
Le programme sera identique et s'articulera autour du Stabat Mater de Pergolèse. Cette oeuvre sera précédée de quelques plages tirées de Dix réflexions, le deuxième album de la formation dirigée par Luc Beauchemin. La pièce de Pierre Dussault qui lui a donné son nom, Réflexions, fera partie du lot, tout comme Chagrin secret de François Beauchemin, ainsi qu'un air de Bach tiré de sa Suite en ré majeur.
« Le Stabat Mater est une oeuvre religieuse qui dépeint la souffrance de la Vierge au pied de la croix. Elle comporte 12 numéros chantés et se révèle extrêmement émouvante », a souligné Luc Beauchemin il y a quelques jours, à la faveur d'une entrevue accordée au Quotidien. Lui-même jouera du violon, tout comme Jessy Dubé, tandis que Bruno Chabot et Isabelle Harvey toucheront l'alto et le violoncelle.
À ces membres assidus de l'Ensemble Talisman se joindront quatre partenaires de Québec. Il s'agit de la soprano Jessica Latouche, de la mezzo-soprano Isabelle Plaisance, de l'organiste Hermel Bruneau et du contrebassiste Mathieu Boily. D'une certaine manière, leur présence explique la tenue de deux concerts dans un délai aussi rapproché. Après la représentation qui sera donnée mercredi le 24 mai à 17 h 30, à la chapelle de la cathédrale de Chicoutimi, les interprètes se déplaceront en effet dans la Vieille capitale, plus précisément à l'église de l'Hôtel-Dieu faisant partie du Monastère des Augustines. Ce bâtiment patrimonial situé sur la rue des Remparts sera le théâtre d'un concert présenté le 26 mai à 20 h (en passant, il existe un forfait comprenant le gîte et le déjeuner. L'offre se trouve sur le site du monastère).
« Ce projet a pris naissance lorsque nous avons été invités à jouer chez les Augustines. Nous nous sommes dit qu'il serait intéressant d'ajouter une activité à la cathédrale, où nous avons pris l'habitude de faire Les sept dernières paroles du Christ. Nous souhaitons aussi reprendre le Stabat Mater sur une base régulière, dans différents endroits et avec des formations qui pourront être plus imposantes », fait observer Luc Beauchemin.
Une sortie à l'île d'Orléans
Toujours dans la région de Québec, l'Ensemble Talisman se produira à l'île d'Orléans, le 4 juin. On pourra l'entendre à compter de 14 h à l'église de Sainte-Pétronille, à l'occasion d'un concert centré sur les compositions de son directeur technique, Yvon Tremblay. Certains le connaissent davantage sous son nom d'artiste : Yvon Dachille.
« Yvon sortira son sixième album et nous présenterons ses pièces aux côtés d'un chanteur originaire de l'île, Fernand Choquette. Celui-ci en profitera pour interpréter deux autres titres, dont Le tour de l'île de Félix Leclerc », précise Luc Beauchemin. Ajoutons que cet événement a pour titre Pièces montées et que les revenus tirés de la vente des billets, disponibles au coût de 20 $ l'unité, aideront à financer les activités de l'Association bénévole de l'île d'Orléans.
Mon village, le disque, sortira en novembre
L'intérêt que suscite l'Ensemble Talisman, autant que la nature des projets auxquels il est associé, vont bien au-delà de ce qu'avait anticipé Luc Beauchemin. Donnant l'exemple du troisième album de la formation, dont la sortie est prévue pour novembre, il signale que les enregistrements - qui ne sont pas complétés - ont mobilisé 32 musiciens à ce jour. De surcroît, ce chantier a pris une tournure imprévue, une tournure cinématographique.
«Nous sommes pris dans un tel tourbillon que le nom de la formation n'a été enregistré que tout récemment, note le directeur artistique d'un ton amusé. Une aura s'est créée autour de l'Ensemble. On a pris un erre d'aller et on ne peut plus arrêter.» Il voit d'autres possibilités s'ouvrir et s'en réjouit, l'une d'elles se rapportant aux compositeurs originaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le désir de leur donner une vitrine, notamment par le disque, se fait de plus en plus insistant.
Dans l'immédiat, cependant, c'est le numéro trois, dont le titre de travail est Mon village, qui occupe ses pensées. Il faudra retourner à l'église Notre-Dame de Laterrière pour réaliser les derniers enregistrements, dont celui de Bao, une composition de Luc Saint-Pierre figurant sur le nouveau documentaire du réalisateur Malcolm Clarke, Better Angels.
Ce sera la suite d'un projet qui est demeuré secret pendant plusieurs mois puisqu'il fallait attendre la sortie de ce film ambitieux, abordant les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Chine, pour parler de son volet saguenéen. Charmé par le son du deuxième album de l'Ensemble Talisman, Dix réflexions, Malcolm Clarke a souhaité qu'il enregistre la bande sonore, ce que les musiciens ont fait  l'an dernier, à Laterrière.
La suite se jouera à l'automne, alors que le groupe reprendra Bao, un titre qui a particulièrement touché le directeur artistique. «Il s'agit d'une mélodie rêveuse, un peu asiatique. Luc Saint-Pierre a préparé une version que nous insérerons dans le prochain disque, annonce-t-il. Nous en profiterons pour ajouter Scones, une pièce de Yvon Dachille qui constitue un petit bijou. On peut l'entendre dans la websérie de Philippe Belley, L'usine et ma vilaine mémoire de 9 ans.»
À propos de cette websérie, rappelons qu'elle a justifié la tenue d'une première séance d'enregistrement en février. On avait alors refait le classique de Paul Davis, Mon village, tout en enrichissant la bande sonore d'un thème censé se mouler au générique, ainsi que d'une composition intitulée Dark Septet. «Je l'ai conçue pour un alto, quatre violoncelles et deux contrebasses. J'ai été inspiré par une scène montrant la démolition de l'usine de la Consol à La Baie», note Luc Beauchemin.
Pour faire écho à Mon village, l'Ensemble Talisman a enregistré Mon pays de Gilles Vigneault à partir d'arrangements élaborés par Marc Bélanger. Au cours de leur deuxième visite à l'église Notre-Dame, laquelle est survenue le 12 mai, les musiciens ont aussi mis en boîte des pièces d'Alfred Marin (Recuerdo), Helmut Lipsky (Daydream) et Torbjörn Nësbon (Hommage Till En Spelman), ainsi que du clarinettiste syrien Kinan Azmeh (22nd November).
Si on ajoute l'Adagio de James Whitbourn, ainsi que Those Tender Feelings, un titre de Kees Schoonenbeek arrangé par Marc Bélanger, ça donne un menu copieux que seule une formation à géométrie variable, capable de se mouler aux exigences de différents répertoires,  peut assumer sans démériter. «Le nouveau disque sera éclectique, à la fois jazz, populaire, classique et proche de la musique de film. Et rendus au quatrième, on fera le contraire», lance Luc Beauchemin, sourire en coin.