Laurence Butet-Roch a pris des images de la communauté Anishinabeks, au sud de l’Ontario, sur une période de 10 ans.

Gros plans sur les Premières Nations à Zoom photo festival

Des populations autochtones qui vivent sans eau potable, une communauté entourée par un complexe pétrochimique, des adolescents qui s’enlèvent la vie... Deux photographes dont le travail est exposé au hangar de la Zone portuaire, dans le cadre de la dixième édition de Zoom photo festival, montrent les conditions de vie difficiles des Premières Nations.

La photographe Laurence Butet-Roch documente depuis une dizaine d’années le côté sombre et lumineux des conditions de vie d’une communauté vivant au sud de l’Ontario. Elle visite régulièrement les Anishinabeks, qui vivent au cœur d’un complexe pétrochimique, tout près de la frontière avec les États-Unis.

Laurence Butet-Roch a commencé ce projet en accompagnant une amie qui faisait des études doctorales en sciences politiques sur la santé des Premières Nations et l’inaction des gouvernements pour régler les problèmes dans les communautés. Sa collègue lui avait demandé de prendre des images pour situer la communauté sur le territoire canadien.

Au fil du temps, la photographe s’est liée d’amitié avec les membres de cette communauté qui militent pour un environnement plus sain.

Toutes les expositions présentées à la Zone portuaire sont gratuites.

« L’industrie est très près de leur milieu de vie. On voit des grosses usines près des terrains de jeux pour les enfants, là où ils jouent au baseball, là où ils font la fête. Pour moi, c’était très important de montrer les effets [du complexe] sur l’environnement et sur la santé, mais il fallait aussi démontrer dans les photos l’aspect communautaire de leur vie. »

Vivant au travers de ce complexe qui se décline en 46 usines, la population conserve donc une existence relativement normale. Selon Mme Butet-Roch, ce secteur garde un contact avec la nature grâce aux Anishinabeks.

« S’ils venaient à quitter, ce territoire-là ne serait plus aussi vert, n’aurait plus autant de biodiversité », croit-elle. La série de photos montre d’ailleurs une certaine progression dans les valeurs de la population, alors que les enjeux du développement économique et de la protection du territoire se confrontent de plus en plus.

« Ce complexe-là, on en était très fier au Canada. Il a déjà été sur nos billets de 10 dollars dans les années 1970 », illustre la jeune photographe.

Nigel Dickinson présente une exposition dure, au hangar de la Zone portuaire, sur les pratiques des bouchers.

Sans eau potable

À quelques pas de l’exposition de Laurence Butet-Roch, le photographe Chris Donovan montre le quotidien d’une communauté qui vit sans eau potable depuis plus de 25 ans, au nord de l’Ontario, cette fois-ci.

Les Naskatangas détiennent un record bien peu enviable. C’est chez eux que l’on retrouve l’avis d’ébullition de l’eau le plus ancien au Canada.

L’eau qui coule dans les robinets est jaunâtre et impropre à la consommation. Les gouvernements qui se succèdent promettent tous de régler le problème, mais sans jamais passer de la parole aux actes. Après tant de promesses brisées, Chris Donavan montre une communauté affectée qui ne fait plus confiance aux politiciens.

Ces deux expositions font partie de la programmation de Zoom photo festival au hangar de la Zone portuaire. Une douzaine d’expositions y sont présentées gratuitement en tout.

Chris Donovan montre le quotidien d’une population autochtone qui vit sans eau potable depuis 25 ans.