Le cinéaste Nicolas de la Sablonnière complète le tournage d’un documentaire consacré à son ami Martin Bolduc, un homme trop discret à son goût.

Grand Manitou en spectacle au 4 Barils

Le spectacle qui sera présenté samedi à 20 h, à la salle le 4 Barils de Jonquière, n’aura rien de routinier. Il s’agira de la première sortie publique de la formation saguenéenne Grand Manitou, dont plusieurs membres animaient jadis le projet Pape Noir. Ils ont troqué le metal pour du rock plus groovy, plus festif, une mutation que le cinéaste Nicolas de la Sablonnière immortalisera dans le cadre d’un documentaire qui devrait sortir au printemps 2019.

Le sujet du film est Martin Bolduc, guitariste et chanteur au sein de Grand Manitou. L’idée consiste à montrer toutes les dimensions de sa vie, ce qui comprend son travail d’exterminateur, exercé depuis une dizaine d’années, ainsi qu’une démarche en arts visuels dont l’intérêt est inversement proportionnel à sa notoriété en tant que peintre. Se définissant comme un ermite, cet homme qui vit à Shipshaw n’a jamais souhaité tenir une exposition.

« Ce n’est pas par gêne que j’évite de me montrer. Ça vient d’un réflexe d’ermite. En plus, je n’ai pas la fibre de vente », a expliqué Martin Bolduc lors d’une entrevue accordée au Progrès. Ses toiles, qu’il décrit comme du « psychologique religieux avec des éléments de critique sociale et beaucoup de symbolisme », restent donc chez lui. Seuls ses proches ont pu les voir, ce qui comprend son ami Nicolas de la Sablonnière, qui l’a convaincu de se laisser filmer pendant quelques mois.

« Martin est un artiste à part entière, un artiste qui reçoit peu d’attention, toutefois. En faisant de quoi sur lui, je vais donc le faire chier par la bande », lance le cinéaste en riant. Plus sérieusement, il avait le goût de donner la parole à un vieux camarade dont la pensée, un brin iconoclaste, ajoute une couche de sens à ses multiples activités.

Voici les membres du groupe Grand Manitou, Mathieu Tremblay, Martin Bolduc et Jean-François Larouche. Ils donneront leur premier spectacle samedi soir, à la salle le 4 Barils de Jonquière, et préparent un album qui sortira en novembre.

« À la rencontre du monde »
Précédé par L’AboBinable Fanny Fay, Grand Manitou foulera la scène du 4 Barils à un moment charnière de son cheminement. Cinq ans après la brève apparition de Pape Noir dans le paysage musical saguenéen, ses membres, qui comprennent le batteur Mathieu Tremblay et le bassiste Jean-François Larouche, complètent l’enregistrement d’un premier album qui comprendra dix chansons, toutes en français.

Prévu pour la fin de novembre, le lancement coïncidera avec la sortie d’un clip, annonce Martin Bolduc. Priorité est accordée à Fantôme et zombie, une parodie de jeu vidéo, mais d’autres options pourraient se révéler attrayantes : La vie va vite et Stool’monde s’Trump. Les trois caméras disposées par Nicolas de la Sablonnière, samedi soir, capteront l’interprétation de ces pièces, dont une que le public sera invité à filmer à l’aide de téléphones cellulaires.

« Nous demanderons aux gens de nous envoyer leurs films. Ils seront intégrés au clip », mentionne le chanteur et guitariste, qui assume également la fonction de parolier. Ses textes aux accents poétiques évoquent « le stress, les nouvelles technologies, les choses que vivent nos générations », fait-il remarquer. Quant au son, il le situe dans la mouvance de groupes comme Matante Mutante, Les Fuses, Pygmate et Tapage, que l’artiste considère comme des fleurons de la scène régionale.

« Il se passe quelque chose, ici. On est en train de devenir le Seattle du Québec, alors que tout ce monde-là fait du rock en français », soutient Martin Bolduc. Confiant dans le matériel de sa formation, il n’est pas nerveux à l’idée de se produire devant trois caméras, parce que son ami a le don de se faire oublier pendant un tournage. Il n’entrera pas dans sa bulle.

« Les scènes tournées pendant le spectacle seront insérées à la fin du documentaire, où on va découvrir Martin tranquillement. On va partir avec un homme solitaire de Shipshaw. Il sera question de son travail d’exterminateur, puis de la peinture et à la fin, par l’entremise de son art, il ira à la rencontre du monde », raconte Nicolas de la Sablonnière.