Le travail de Graeme Patterson est des plus accessible.

Graeme Patterson propose un rendez-vous avec l'enfance

Les représentations à échelles réduites fascinent, suscitent la curiosité, poussent à s'arrêter. Elles permettent de plonger dans un monde dont l'on devient témoin. En mariant les sculptures miniatures et l'animation, l'artiste Graeme Patterson explore les vicissitudes de l'amitié masculine. Avec son exposition Secret Citadel, c'est un rendez-vous avec l'enfance qu'il propose aux visiteurs de l'Espace Séquence du Centre Bang jusqu'au 6 mai.
Deux projections sont présentées à l'intérieur de la montagne. On y découvre aussi des instruments de musique, des jeux, un ordinateur, une caméra, des livres, ainsi qu'un atelier au centre duquel trône une maquette de montagne, identique à la première. Un désordre y règne aussi.
Une des deux maisons créées par l'artiste est vide. Tout autour, des meubles ont été placés sur le gazon. Probablement une façon d'illustrer le déménagement de l'ami d'enfance de l'artiste.
Ceux qui ne mettent jamais, sinon rarement, les pieds dans un centre d'art actuel devraient saisir l'occasion qui leur est offerte. Le travail de Graeme Patterson est des plus accessible.
L'artiste originaire de Saskatchewan maintenant installé au Nouveau-Brunswick suscite l'attention un peu partout. Il a été finaliste à deux reprises pour le Prix Sobey pour les arts, considéré comme le plus prestigieux prix en art contemporain canadien.
L'exposition qu'il présente au Centre Bang de la rue Racine à Chicoutimi a tout pour plaire.  
Elle est composée de sculptures miniatures, et pourtant, l'installation est imposante.
Secret Citadel se décline en quatre installations et une vidéo d'animation de 30 minutes image par image. L'espace étant insuffisant, le Centre Bang propose une d'entre elles seulement, The Mountain. Il s'agit toutefois de la pièce maîtresse de l'oeuvre, la première de la série, celle qui traite de l'enfance.
Dans son projet, l'artiste relate une amitié d'enfance. Par la vidéo, il met en scène deux personnages, un puma et un bison anthropomorphes, avatars de l'artiste et de son ami.
Une montagne se dresse au centre de la salle d'exposition. Deux petites maisons sont installées de part et d'autre. Elles sont toutes deux reliées à la montagne par des tunnels miniatures composés de petites boîtes de carton.  
Deux projections sont présentées à l'intérieur de la sculpture multimédia. On y découvre aussi des instruments de musique, des jeux, un ordinateur, une caméra, des livres, ainsi qu'un atelier au centre duquel trône une maquette de montagne identique à la première. Un désordre y règne aussi.
La montagne représente l'enfance. Elle devient l'espace de rencontre. Le fait qu'elle soit recouverte de couvertures lui donne un air intime, rappelle les cabanes improvisées des enfants, petits repères éphémères où se vivent de grandes aventures.
Les personnages de Secret Citadel, un puma et un bison anthropomorphes, sont les avatars de l'artiste et de son ami d'enfance. Les costumes qui ont servi au tournage sont aussi exposés à l'Espace Séquence du Centre Bang.
La deuxième salle d'exposition de l'Espace Séquence du Centre Bang permet de découvrir une vidéo de 30 minutes qui présente un résumé de l'ensemble du projet de Graeme Patterson.
Le visiteur est invité à plonger le regard dans chacune des ouvertures qui lui sont accessibles.
Il découvre tout un univers et par le fait même tout un travail.
D'innombrables détails composent chacune des sculptures.
Des projections sont aussi présentées dans chacune des petites maisons ainsi que sur le mur de la pièce. L'une des maisons est complètement meublée. L'autre est vide. Les meubles ont été placés sur le gazon qui l'entoure, une façon, probablement, d'évoquer le déménagement de l'ami disparu.
La seconde salle d'exposition de l'Espace Séquence du Centre Bang permet de présenter une vidéo de 30 minutes résumant l'ensemble du projet.
Elle met en scène deux personnages qui tissent des liens et traversent les différentes étapes de leur vie.
Présentés de façon déconstruite, à la manière des souvenirs qui surgissent, les bouts de film ont été tournés en image par image, qu'ils s'agissent de film ou d'animation.
Graeme Patterson sait s'exprimer, raconter et fasciner, autant par la sculpture que la vidéo.