Kathleen Fortin profite des répétitions des Belles-Soeurs pour apprivoiser le personnage de Germaine Lauzon, dont elle a hérité à la suite du retrait de Maude Guérin pour raisons de santé.

Germaine et fière de l’être

Kathleen Fortin y a toujours cru et l’a beaucoup espéré, le retour du théâtre musical Les Belles-Soeurs. Elle qui a participé à ce spectacle de 2009 jusqu’à la fin de la première mouture en 2013, campant plus souvent qu’autrement le personnage de Des-Neiges Verrette, est d’autant plus heureuse de reprendre du service qu’on lui a confié la mission d’incarner Germaine Lauzon elle-même, grande colleuse de timbres devant l’Éternel.

Les circonstances ne sont pas idéales puisque c’est le retrait de Maude Guérin, pour cause de santé, qui a conduit l’équipe à brasser les cartes. « Jusqu’à la semaine dernière, je devais refaire Des-Neiges. C’est à ce moment qu’on m’a demandé de remplacer Maude, mais je suis familière avec le rôle parce que j’ai déjà remplacé Marie-Thérèse Fortin, l’interprète précédente. Je l’ai fait à Paris et au Québec », a raconté la comédienne au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Le plus dur était fait, d’une certaine manière, parce que l’horaire de la tournée avait été arrimé au calendrier de tournage de la série télévisée Unité 9, où Kathleen Fortin prête ses traits à Boule de Quille. En ajoutant les autres projets, ceux qu’il serait prématuré d’annoncer, ça fait beaucoup de pirouettes qui donnent la mesure de son désir de fréquenter à nouveau Les Belles-Soeurs.

« À la fin de la première série de représentations, nous les filles, on se croisait les doigts pour que ça revienne. On a les mêmes chansons de Daniel Bélanger, en plus d’une nouvelle pièce qu’on appelle la chanson religieuse parce qu’elle évoque la pression que l’Église exerçait sur les femmes. C’est très beau. Il y a des sonorités grégoriennes », fait observer la comédienne.

Un hommage aux femmes
Une autre source de motivation tient évidemment au texte de Michel Tremblay, dont la création sur scène remonte à 50 ans. L’histoire de Germaine Lauzon invitant ses proches à participer à une séance de collage de timbres Gold Star peut sembler datée, mais la trame de fond, elle, demeure aussi pertinente, aussi fascinante, qu’en 1968.

« Germaine n’arrête pas de parler de ce qu’elle va se payer avec ses timbres, qui font penser aux Air Miles qu’on accumule de nos jours. C’est le rêve de la consommation qui ne coûte rien et elle entretient la convoitise des autres femmes qui, à la fin, vont toutes la voler. C’est effrayant pour Germaine, lorsqu’elle se rend compte de ce qui lui arrive, mais comme actrice, le fait d’incarner ce personnage-clé de l’oeuvre de Tremblay est fascinant », mentionne Kathleen Fortin.

Elle se sent honorée de prolonger la longue et belle lignée de consoeurs ayant prêté vie à Germaine, tout en soulignant que la pièce constitue un hommage aux femmes qui ont tenu ce pays à bout de bras, nos mères et nos grands-mères dont le souvenir demeure vivace. « Ce sont des femmes qui bougeaient, animées par une grande énergie », s’émerveille l’interprète.

Ce qui lui plaît également dans la nouvelle incarnation des Belles-Soeurs, c’est la formule prévoyant des escales prolongées dans les villes du Québec. C’est ainsi qu’après avoir séjourné du 4 au 14 juillet à Sainte-Thérèse, cette production emménagera du 18 au 28 juillet, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi. Les billets sont disponibles par le truchement de Diffusion Saguenay.

« Ce sera le fun de s’installer dans les villes, ce qui sera nouveau pour moi. Nous profiterons davantage de notre séjour », note Kathleen Fortin, qui ne doute pas de l’impact qu’aura le spectacle jusqu’à la fin de la tournée, en février. Elle se souvient d’avoir vu des gens bouleversés, en effet, y compris des hommes. Il y a de l’émotion, du rire et des chansons si bien intégrées à la pièce que certains croient qu’elles en font partie depuis le début.

« C’est du théâtre musical dans ce qu’il y a de plus pur. Je suis très fière d’être associée à cette production », affirme l’interprète de Germaine qui sera appuyée, entre autres, par Évelyne Gélinas dans le rôle de Pierrette, ainsi que Sonia Vachon, appelée à camper Rose Ouimet. Quant à la mise en scène, elle est assurée par René Richard Cyr.