JC Tellier, Marc Landry, Xavier Dufour-Thériault et Jean-Philippe Godbout de Gazoline se sont amusés en créant Yūgen.

Gazoline passe du rock au pop

Connu pour ses sonorités rock, le groupe Gazoline évolue et se tourne vers le pop avec un nouvel EP, Yūgen, qui deviendra le prétexte pour une tournée québécoise plus éclatée dès cet hiver.

La formation originaire de Saguenay a lancé l’opus de cinq titres le 20 octobre, et déjà, les critiques de l’industrie et les commentaires des fans sur les réseaux sociaux sont encourageants. La vraie réaction du public ne sera connue cependant qu’au prochain spectacle, le 12 janvier à la Sala Rossa à Montréal. D’autres dates suivront à travers la province.

Pour ceux qui connaissent Gazoline depuis un moment, Yūgen a de quoi surprendre. Dès les premières notes de Tu ne peux pas, le son du synthétiseur se fait entendre. Les quatre musiciens en avaient une douzaine avec eux en studio, lors de leurs recherches créatives pour l’EP qu’ils ont eux-mêmes réalisé et produit avec le label Duprince. 

Le chanteur Xavier Dufour-Thériault trafique sa voix au vocodeur dans Sous le lit, et il se met dans la peau d’une femme dans Regarde-moi. On reconnaît plus ce à quoi le groupe nous a habitués dans Une dernière chance. Finalement, la pièce qui a donné son nom à l’oeuvre révèle des paroles poétiques, inspirées d’un concept esthétique japonais. 

« On s’est amusé, et c’est plaisant de voir que les gens embarquent dans notre trip. On voulait s’occuper pour ne pas avoir de creux après notre dernier album. C’est quand même sérieux ce qu’on fait. On a vieilli un peu, et l’énergie punk adolescente qu’on avait à nos débuts, elle est moins vive qu’avant, confie le guitariste Jean-Cimon — JC — Tellier. Il y a toujours de la batterie et de la guitare, sauf qu’on écoute beaucoup plus de pop et de new wave nous-mêmes que du rock. C’est sûr que ça se traduit dans ce qu’on compose. »

On peut même remarquer des influences de « la belle époque des jeux vidéo et des années 90, sans que ce soit quétaine », note JC Tellier. 

De son premier EP en 2012 en passant par deux albums, dont le plus récent Brûlensemble a été nommé dans la catégorie Album rock de l’année à l’ADISQ le mois dernier, Gazoline a donc pris de la maturité. Cela donne aussi un beau répertoire à la formation complétée par Marc-André Landry et Jean-Philippe Godbout.

« Est-ce qu’on est en train de prendre une tangente ? Je ne peux pas dire. On n’a pas de plan précis, ça vient naturellement, poursuit JC Tellier. Si un groupe fait toujours la même chose, ça devient plate. On peut maintenant piger dans toute notre discographie pour faire un show plus nuancé, plus hétéroclite. »

Sur scène

C’est d’ailleurs sur quoi travaille le groupe présentement : monter un spectacle plus élaboré, intégrant une certaine mise en scène et des jeux d’éclairage. « Comme on a des chansons plus tranquilles, il faut que ça bouge un peu, on ne peut pas y aller tout le long avec l’attitude rock qu’on prenait avant, fait valoir JC Tellier. Aussi, on ne se donne aucune contrainte quand on enregistre, pour le nombre d’instruments par exemple, mais il faut fournir une fois sur scène ! »

Gazoline devrait être de passage au Saguenay dans les environs de février ou mars 2018. Le guitariste avoue que la fermeture du Sous-Bois à Chicoutimi embête un peu les musiciens. « On espère vraiment que quelqu’un va reprendre le flambeau. » La formation songe à se produire dans une salle « atypique », spécialement aménagée pour l’évènement, et amener deux groupes de Montréal avec eux.

Europe

Après la tournée québécoise, Gazoline lorgne sur l’Europe. « On travaille avec des partenaires européens, mais c’est un travail de longue haleine. Le nouvel EP peut être un produit plus intéressant là-bas, où c’est plus pop que rock », analyse JC Tellier. Le Vieux Continent risque aussi d’être une terre plus accueillante pour les musiciens francophones, habitués à des excursions au Canada anglais.

En ligne

On peut se procurer Yūgen en format numérique ou en magasin. Même si Gazoline a déjà eu des misères avec YouTube pour la diffusion d’un vidéoclip, le groupe n’en garde pas rancune et invite les gens à écouter sa musique sur leur plateforme préférée, payante ou pas, et en « repeat » même.