Le journaliste Frédérick Lavoie

Frédérick Lavoie, dans la lignée des grands

CHRONIQUE / J’ai beaucoup d’admiration pour Frédérick Lavoie, un journaliste qui a fait ses débuts au Quotidien à l’époque où j’étais chef de nouvelles. Son désir de devenir correspondant à l’étranger, qui était déjà très affirmé, aurait pu constituer une lubie. C’est pourtant lui qu’on a vu emménager dans l’ex-URSS, où sa résilience a été testée par le régime autoritaire de la Biélorussie.

Ça ne l’a pas empêché de visiter les républiques ayant déclaré leur indépendance après l’effondrement du régime communiste, notamment celles de l’Asie centrale. Frédérick en a tiré un livre fascinant, Allers simples: Aventures journalistiques en Post-Soviétie. Déjà, cette manière qu’il avait de s’arrimer au vrai monde, sans perdre de vue les grands enjeux, le distinguait des autres correspondants. Pour lui, faire du terrain, ça ne voulait pas dire crécher à l’hôtel avec les collègues.

Dans une veine similaire, on l’a vu aborder le drame ukrainien, puis la chute interminable du régime Castro, cette tragi-comédie qui forme la trame d’Avant l’après. Voyages à Cuba avec George Orwell. Ce qui m’a impressionné dans cet ouvrage, c’est sa construction originale. On y trouve même une courte pièce de théâtre, fruit d’une expérience qui, au final, s’est révélée concluante.

Je sens la même ambition dans son désir de parler du Bangladesh en évoquant la problématique de l’eau. Frédérick a pris le temps d’apprivoiser le sujet et a beaucoup réfléchi sur la façon de le livrer. On pourrait affirmer qu’il se donne du trouble, qu’il serait plus simple de la jouer straight, mais je suis sûr que ça donnera un livre dans lequel on sera heureux de plonger.

Malgré sa relative jeunesse, Frédérick me fait penser à d’autres correspondants dont les textes sont devenus des classiques. J’ai déjà mentionné les noms de l’Autrichien Joseph Roth, dont les reportages dans le Berlin des années 1920 se lisent comme des romans, et du Polonais Ryszard Kapuscinski, qui a brossé un portrait si juste de l’Éthiopie au lendemain de la chute de l’empereur Haïlé Sélassié. Tous les ingrédients sont là: le sens de l’observation, la rigueur, la qualité d’écriture .

Tout ceci pour dire que le 30 avril à 19h 30, Frédérick prononcera une conférence à la Salle Marguerite-Tellier de la bibliothèque municipale de Chicoutimi. Il profitera de la tribune offerte dans le cadre de la série Regards sur le monde pour évoquer ses séjours à l’étranger, ainsi que la nature de sa démarche. L’entrée est libre et pour obtenir plus d’informations, il suffit de joindre Christine Payette au numéro 418 698-5350, poste 4185.