Frédéric Lalancette s’est pleinement investi dans la création de son premier EP, lequel renferme cinq pièces épousant un caractère autobiographique. Le chanteur originaire de La Doré mise sur cet enregistrement pour réaliser son rêve de vivre uniquement de son art.

Frédéric Lalancette mise sur la chanson

L’histoire de Frédéric Lalancette est celle d’un homme qui, à force de se montrer raisonnable, était en train de passer à côté de sa vocation. Lui qui a toujours aimé chanter s’était convaincu d’ajouter d’autres cordes à son arc, notamment l’enseignement. L’appel de la musique s’est fait plus insistant, toutefois, au point d’amener l’artiste originaire de La Doré à mettre toutes ses billes dans la production d’un album.

Il était rendu à la mi-trentaine quand c’est arrivé. Réalisant que le temps filait, que son rêve était en voie de s’évaporer, le Jeannois transplanté à Montréal a pris une décision lourde de conséquences. « J’avais joué ‘‘safe’’ parce que je ne m’assumais pas en tant que chanteur. Je me suis dit que si je m’investissais à moitié comme je le faisais, en donnant des spectacles à l’occasion, je récolterais à moitié », a-t-il raconté il y a quelques jours, lors d’une entrevue accordée au Quotidien.

Le métier de comédien lui a fourni du travail en publicité. Les réclames de BMR diffusées cet automne, c’est lui. La chanson, elle, l’a aidé à payer son loyer par le biais du volet corporatif. L’objectif ultime, cependant, demeure inchangé. Il consiste à faire carrière en misant sur son répertoire à lui, au disque et à la scène, ce qui passe par la création du EP lancé la semaine dernière à Montréal, Québec et Saint-Félicien. Il est disponible uniquement sur les plates-formes électroniques, malgré l’existence de copies physiques.

Sur la pochette, on voit un homme assis sur une chaise, le regard tourné vers l’horizon. On dirait qu’il attend quelque chose, peut-être le coup de pouce qui jettera un peu de lumière sur sa démarche. Le premier extrait, Moi, l’a sorti de l’anonymat, sans toutefois répondre à ses attentes en matière de diffusion. Ce titre, qui est également celui de l’album, a pourtant des accents de vérité. C’est son portrait à lui, à travers les mots de Laurence Castera et Mariève Proulx.

« Cette chanson parle d’affirmation de soi parce que trop souvent, on s’efface. Moi le premier, je m’étais oublié en effectuant des choix autres que la chanson. Le ton est épuré afin de mettre la voix en avant », note Frédéric Lalancette. Il croit que le deuxième clin d’oeil aux radios commerciales, La résilience, fera plus de vagues. Il sera proposé en octobre.

La résilience aussi montre un bout de sa vie. « Quand on fait des auditions pour une pub et qu’on n’est pas sélectionné, sur le coup, c’est dur. Ensuite, on reprend le dessus », énonce le Jeannois. En même temps, il se reconnaît dans Un combat, où l’individualisme que favorisent les médias sociaux lui fait épouser le ton de la critique sociale. Le problème est que lui-même s’est laissé prendre au piège, comme des milliards d’individus.

La boucle est fermée par Tous les regrets, autre pièce qui l’amène sur un terrain familier. C’est justement pour ne plus en avoir, des regrets, qu’il aborde la quarantaine ailleurs que dans une salle de classe. « J’ai dressé une liste de choses pas réalisées et j’en ai parlé à mon amie Amélie Larocque, auteure du texte. Elle présente l’histoire sous l’angle d’un homme qui veut s’en sortir, réaliser certains de ses rêves. C’est tristounet, mais avec de l’espoir, une ballade soul qui vient du fond de l’âme », décrit Frédéric Lalancette.

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UNE ALLIANCE FRUCTUEUSE AVEC JÉRÔME COUTURE

Lorsqu’il a décidé de faire carrière en tant que chanteur, Frédéric Lalancette a souhaité enregistrer un album, mais encore fallait-il dénicher la personne capable de porter ce projet. Une première expérience s’est révélée infructueuse. Les visions ne concordaient pas. Puis est arrivé Jérôme Couture, un autre fils du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Les deux se connaissent depuis une dizaine d’années, ce qui remonte à l’époque où Frédéric Lalancette résidait dans la Vieille capitale. « Nous nous sommes croisés là-bas pendant que Jérôme faisait Les Misérables. Il m’a donné des cours de chant et rendus à Montréal, nous avons continué à nous voir », raconte l’interprète. 

Au fil de leurs échanges, il a été question du disque que celui-ci voulait créer. L’idée de le faire ensemble est venue tout naturellement.

« J’avais des compositions et nous avons commencé par explorer différents styles, histoire de trouver le son qui irait le mieux avec ma voix. Nous avons finalement opté pour de la pop accessible, avec un côté soul. Je m’inspire de ce que proposent Corneille et King Melrose. En plus de faire les choeurs, Jérôme a réalisé l’album », relate Frédéric Lalancette.

Lui qui avait besoin d’un EP pour se faire connaître auprès du public et des membres de l’industrie juge que le produit fini est à la hauteur de ses aspirations. « La première fois que je l’ai écouté ailleurs que dans un studio, j’ai ressenti beaucoup de fierté parce qu’au plan musical, je trouve que ça se tient, affirme le chanteur. En même temps, je me disais : ‘‘Est-ce que c’est vraiment arrivé ? ‘‘.»

Prochaine étape 

L’étape suivante est tout aussi délicate. Il faut monter un spectacle qui pourra s’adapter à la capacité d’accueil des salles et espérer que les diffuseurs manifesteront de l’intérêt. « Si on a une bonne réponse du côté des radios, ça pourrait aboutir au printemps. En ajoutant les reprises, je dispose d’un répertoire qui fonctionnerait autant dans un cadre intimiste que dans un festival », fait valoir Frédéric Lalancette.