À la manière d’un Steve Hill, Fred Fortin présente ses chansons en mode homme-orchestre. Il raconte que certaines de ses compositions sont faciles à adapter à la scène, notamment celles qui ont un fond rock’n roll, alors que d’autres le forcent à plancher une quarantaine d’heures avant d’obtenir un résultat satisfaisant.

Fred Fortin: pas facile, la vie d’homme-orchestre

Quand Fred Fortin amorce une tournée solo, c’est sans cérémonie. Pas de décor, pas de mise en scène, ni de première médiatique pour susciter un buzz plus ou moins artificiel. Il préfère canaliser son énergie vers la musique, vers les interprétations livrées en mode homme-orchestre. Cette pratique comporte cependant son lot de défis.

On pourrait croire qu’il est facile de jouer ses propres compositions, comme celles figurant sur Microdose, le nouvel album. Dans certains cas, c’est vrai, mais d’autres pièces résistent au passage du disque vers la scène. C’est le cas d’Électricité. « Comme pour Cave et Zé ro-trois-quart, je suis parti d’un beat de drums sur lequel j’ai mis de la guitare. J’ai commencé à la pratiquer et ce n’est pas le fun », lance en riant le gars du Lac.

Il faut savoir qu’en mode homme-orchestre, il chante et joue de la guitare, ainsi que de l’harmonica, tout en faisant résonner la batterie à l’aide de son pied. « Juste pour maîtriser une toune, ça peut me prendre 40 heures. C’est toute une chorégraphie, une opération complexe, et ça prend du temps avant de pas réfléchir. Au début d’une tournée, je ne suis jamais au-dessus de mes affaires. Ça se peut que je me plante », reconnaît Fred Fortin.

La bonne nouvelle pour lui est que la tournée Microdose a commencé tout doucement. Quelques dates autour de l’autre tournée qui le tiendra occupé jusqu’à la fin d’octobre, celle du groupe Galaxie. En prime, son ami Olivier Langevin lui tient souvent compagnie, comme ce fut le cas au début des années 2000. « Même si c’est vendu comme un solo, nous formons un duo ces temps-ci. C’est comme si je m’étais fait greffer une autre couille », décrit le musicien d’un ton amusé.

Après un rendez-vous en juin, lui et Olivier Langevin se sont retrouvés aux Îles-de-la-Madeleine, où malgré qu’il ait passé un mois sans toucher à sa guitare, Fred Fortin a été satisfait de sa performance. « Déjà, on fait des chansons comme Redneck, Cracher en l’air et Cuite, en plus de Led Zeppeline. Quand c’est plus « basic », plus rock’n roll, ce n’est pas trop compliqué », analyse-t-il.

Toutes les pièces figurant sur Microdose devraient être adaptées pour la scène, où elles cohabiteront avec ses anciennes gloires. Le répertoire est de plus en plus touffu, cependant, et l’artiste se donne la liberté de piger où bon lui semble, au gré des réactions du public.

« Chaque soir, ça peut changer. Je fais des « setlists » que je ne suis jamais », souligne-t-il.

C’est dans cet état d’esprit que le Jeannois reviendra dans ses terres. Attendu le 31 octobre au Côté-Cour de Jonquière, il se produira le lendemain au Vieux Couvent de Saint-Prime, le village qui l’a vu grandir.

« C’est des grosses dates et à partir de là, on pèse sur le gaz. Tant qu’à avoir travaillé aussi fort, on va tourner », annonce Fred Fortin.