Françoise Desbiens, qu’on voit au centre, a veillé pendant 20 ans aux destinées de la Coopérative de développement culturel de Chicoutimi, l’organisme qui chapeautait le Théâtre du Saguenay.

Françoise Desbiens, femme de culture

COMMENTAIRE / Une personne qui a joué un rôle majeur sur la scène culturelle, Françoise Desbiens, est décédée lundi, à l’âge de 91 ans. Pendant deux décennies, elle a dirigé la Coopérative de développement culturel de Chicoutimi, l’organisme connu ensuite sous le nom du Théâtre du Saguenay. Cette femme d’une grande discrétion, appuyée aux communications par la regrettée Marie Talbot, a monté des programmations qui ont fait les beaux jours de l’Auditorium Dufour.

C’est sous son règne que Robert Lepage a joué au théâtre pour la première et dernière fois au Saguenay-Lac-Saint-Jean, dans la pièce Vinci. Soucieuse de présenter ce qu’il y avait de plus novateur, quitte à déranger un peu, l’ancienne directrice générale a accueilli New Demons, une production de la compagnie La La La Human Steps mettant en vedette la danseuse étoile Louise Lecavalier.

Au cours de la même saison, soit à l’automne 1989, Gerry Boulet s’était pointé avec son Rendez-vous doux, tout comme Martine St-Clair et Rock Voisine, alors associés à la relève. Je garde également un souvenir ému du passage de Jean Lajeunesse dans la pièce de Marcel Dubé, Un simple soldat. Lui que je ne connaissais que par la télévision avait été brillant dans le rôle du père, un type dépassé par la colère qui habitait son fils incarné avec une vigueur peu commune par Gildor Roy.

Certes, il y avait moins de spectacles qu’aujourd’hui, mais le désir d’offrir un menu diversifié était manifeste, ce dont témoigne la présence de Pier Béland dans la grille. À l’autre bout du spectre, un concert proposé avec la collaboration de la station locale de Radio-Canada avait permis d’apprécier le travail de l’Ensemble Sonos, appuyé par le violoniste Elmut Lipsky.

Agréable à côtoyer, respectant le travail des médias, Françoise Desbiens possédait une autorité naturelle que j’ai vue s’imposer le soir où Marjo avait dû interrompre un spectacle à peine amorcé en raison d’une extinction de voix. C’était au temps où ses fans étaient plus jeunes et plus rock’n roll, mais il a suffi que la patronne de la salle apparaisse, explique la situation d’une voix assurée, pour étouffer toute velléité de contestation.