Francine Lareau évoque le destin des pionnières de l’humour au Québec dans un spectacle qui sera présenté le 28 octobre, à la Boîte à Bleuets d’Alma. Il a pour titre Merci Manda, Dodo, Denise, Clémence... 100 ans d’humour au féminin.

Francine Lareau: pour l'amour des pionnières

Tous connaissent Clémence Desrochers, Dominique Michel et Denise Filiatrault, mais qui se souvient de Manda Parent, Juliette Pétrie et Rose Ouellette, dite La Poune ? Il faut avoir un certain âge, ou une vocation d’archéologue, pour apprécier à sa juste valeur la contribution de ces femmes associées à l’ère du vaudeville.

On les disait vulgaires. L’Église condamnait les personnes qui assistaient à leurs spectacles. Pourtant, ces artistes ont suivi la petite voix qui affirmait que leur place était sur la scène. « Ce que je retiens d’elles, c’est d’abord leur audace. Chacune a accompli des choses qui n’avaient jamais été faites auparavant », énonce la comédienne et humoriste Francine Lareau.

Elle qui n’appartient pas à la même génération, non plus qu’à la suivante, admire ces pionnières au point de leur consacrer un spectacle, le deuxième de sa carrière en solo. Intitulé Merci Manda, La Poune, Dodo, Denise, Clémence... 100 ans d’humour au féminin, il sera présenté le 28 octobre à 20 h, à la Boîte à Bleuets d’Alma. Il s’agira de sa deuxième incursion dans la région, après une escale à l’auberge Île du Repos de Péribonka l’été dernier.

« Ce que ces femmes ont réalisé va au-delà de leur talent de comiques. La Poune a été la première à gérer un théâtre, tandis que Juliette Pétry s’est battue pour faire du vaudeville en français. Chacune a fait progresser la cause des femmes, ainsi que l’ensemble de la société. Elles étaient passionnées, frondeuses, courageuses. Et toutes ont reçu l’amour du public », fait valoir Francine Lareau.

Devoir de mémoire

Créé il y a un an, le spectacle prend la forme d’un monologue pendant lequel l’artiste évoque la carrière de ses devancières, tout en traçant des liens entre ce qu’elles ont vécu et la situation qui prévaut de nos jours. Son propos est teinté d’humour, bien sûr, et à l’exception d’un texte de Clémence, le contenu est original.

« Dans le cas de La Poune, Juliette Pétry et Manda, j’ai dû réinventer des numéros parce qu’on ne trouve rien dans les archives. J’amène le public dans leur univers et je joue avec les époques. Il s’agit d’un hommage qui s’apparente à un devoir de mémoire et je sens que ça parle aux gens, même les plus jeunes », souligne Francine Lareau.

Ils apprennent, entre autres, que Juliette Pétry était la reine de l’improvisation, une pratique qui existait bien avant la LNI. Le spectacle rappelle aussi que Dodo et Denise ont fait leurs premières armes dans les clubs, ce qui a alimenté le snobisme de ceux qui déploraient la présence de Moi et l’autre à Radio-Canada. « Ils n’ont pas eu le choix de suivre, toutefois, parce que les gens aimaient l’émission », rapporte l’invitée de Ville d’Alma Spectacles.