France D’Amour était de passage au Saguenay–Lac-Saint-Jean, jeudi, dans le cadre de la tournée de promotion de son 13e album, D’Amour et rock’n’roll, qui est en kiosque depuis une semaine.

France D'Amour: confiance et courage au féminin

« Nous autres les filles, on peut-tu être comme on veut ? On peut-tu pas être obligée de rentrer dans des moules ? »

Dans son nouvel album, D’Amour et rock’n’roll, France d’Amour veut briser les stéréotypes. Donner confiance aux femmes. Leur donner le droit d’être fortes et fragiles, en même temps.

« On peut-tu être des superwomen avec des faiblesses ? » questionne-t-elle, en entrevue avec Le Quotidien, attablée au Passion Café de Chicoutimi, jeudi, alors qu’elle était de passage dans la région dans le cadre de la tournée de promotion de son 13e album en carrière.

France D’Amour vit de musique et de rock’n’roll, mais aussi de contacts humains. Un spectacle donné au début du mois à Chibougamau lui a rappelé l’impact que peuvent avoir ses chansons.

Une spectatrice, qui a pu mettre la main sur le nouvel album, lancé au début du mois de novembre et offert en kiosque depuis une semaine, lui a ensuite écrit pour lui confier qu’elle écouterait chaque matin Courage, l’une des dix chansons qui composent D’Amour et rock’n’roll.

« C’est peut-être pour ça que je fais de la musique, dans le fond, pas juste pour l’amour de la musique, partage-t-elle. [...] La musique, c’est la plus belle chose au monde, mais y’a quelque chose d’encore plus grand que la musique. »

Elle espère transmettre ce courage et cette confiance en soi autour d’elle, en apprivoisant elle-même ces sentiments pour mieux les incarner. « Si je dégage ça, il y a des gens qui peuvent prendre ça de ma musique », souligne l’auteure-compositrice-interprète.

Les chansons comme Bleus sur mon cœur, Tout à gagner ou encore Non c’est non portent ce message. « Faut que t’apprennes à dire non/Faut lire entre les lignes/Mords pas à l’hameçon/Reconnaître les signes », chante-t-elle dans ce dernier titre. Des paroles qui résonnent, deux ans après le mouvement #MoiAussi (#MeToo).

Pourtant, France D’Amour a écrit cette chanson dans les années 1990. Elle a eu beau dépoussiérer le texte à quelques reprises, il ne collait pas à l’époque et c’est le mouvement de dénonciation des agressions sexuelles qui a donné tout son sens aux paroles.

« Je pense sérieusement que si je l’avais sortie au début des années 2000, elle aurait passé dans le beurre », estime l’artiste.

Les paroles dénoncent les misogynes et les « mononcles cochons », mais invitent aussi les femmes à apprendre à dire non dans différentes sphères de leur vie. « Les oui nous ouvrent des portes, mais les non nous permettent d’avoir un contrôle », ajoute-t-elle.

Renouer avec le rock

D’Amour et rock’n’roll porte bien son nom en laissant une grande place au rock, ce qui réjouit ses fans de la première heure qui ont l’impression de renouer avec l’artiste révélée par Animal, en 1992.

France D’Amour, qui adore le contact avec le public – elle répond même elle-même aux messages qu’elle reçoit sur les réseaux sociaux – propose aussi dans cet album sa réflexion sur la communication à l’ère où les relations sur ces plateformes virtuelles font partie du quotidien.

Elle réserve d’ailleurs la dernière pièce de son album à celui qui lui a transmis cet amour du public et des contacts humains. Son père, son plus grand fan, est décédé le 23 mai 2019. Alors qu’elle cherchait ce qu’elle préparerait en prévision des funérailles, c’est plutôt par le biais de l’écriture de T’étais mon père qu’elle a trouvé les mots pour lui rendre hommage.

« Il était capable de mettre de la grandeur dans des petites choses, souligne-t-elle. La chanson que j’ai écrite pour lui, c’est ça que je lui dis. Je lui dis que t’as pas besoin d’être une vedette, d’être riche, pour être important dans la vie de quelqu’un. »

« À l’ère des réseaux sociaux, on voudrait les vedettes instantanées. C’est pas ça. Si t’es là pour quelqu’un, tu vas faire la différence. »