Lori Freedman est connue entre autres pour enflammer de créativité les planches.

FMC: rafraîchissement mélomaniaque

Pour sa 27e édition, le Festival des musiques de création (FMC) plonge une fois de plus les amateurs de découvertes musicales dans un amalgame saisissant et prometteur. Conférences, concerts, programmes doubles et même ateliers peuplent la programmation de l’évènement qui se tient cette année du 16 au 20 mai 2018. Nul doute que l’offre éclectique et bien entendue hétérogène rejoindra plus d’un curieux.

Rassemblée jeudi dernier au Centre culturel du Mont-Jacob pour le lancement du rassemblement saguenéen de la musique actuelle et créative, l’équipe du FMC a dévoilé le calendrier complet des évènements qui feront vibrer l’arrondissement de Jonquière durant quatre jours, ce format plus condensé figurant comme nouveauté cette année. La projection du documentaire de Roger Frappier, L’infonie inachevée, a efficacement donné le ton à ce rendez-vous juxtaposant une foule de genres artistiques, dont la musique créative est bien évidemment le fil conducteur. Rencontré au lancement, le directeur artistique André Duchesne s’enthousiasme : « La présente édition promeut en quelque sorte un hommage à l’histoire de la musique créative au Québec, et l’oeuvre fondatrice de Duguay et Boudreau d’inspiration zappesque (Zappa) était tout indiquée afin d’ouvrir le bal. Le créateur de La bittt à Tibi fera l’honneur de sa présence à Jonquière durant la fin de semaine.

L’oeuvre phare de Raoul Duguay et de Walter Boudreau, l’Infônie, créée dans la foulée d’Expo 67, est en effet un excellent référent pour la présente édition du FMC : l’âme de l’oeuvre jazz poétique née à Terre des Hommes rejoint à merveille les visées émancipatrices du festival, au sens ou elle s’arrime à merveille avec l’aspect émergent et improvisateur de ce dernier. Elle sera d’ailleurs reprise par l’ensemble 333 Toutartbel lors de la soirée d’ouverture à la salle Pierrette-Gaudreault : en plus des 18 musiciens et musiciennes qui construiront les assises de l’univers infoniaque, 4 artistes visuels plongeront les spectateurs dans une aura qui a tout pour être prometteuse. Au lendemain, le premier programme double (d’une série de trois) proposera la clarinettiste de renommée internationale Lori Freedman, connue entre autres pour enflammer de créativité les planches qu’elle foule ; suivra à sa suite, dès 21 h 30, le duo Horseman, pass by. Osmose entre violoncelle et batterie, autant acoustique qu’électronique, cette rencontre risque d’être éblouissante, à cheval entre le noise music et l’avant-gardisme. Joane Hétu, une habituée du FMC, lancera le second programme double du vendredi 18 mai en formule quintette, et cédera la scène à Afrirampo, formation nippone au rock/pop déjanté. Une certaine continuité japonaise s’installera à l’Espace Côté-Cour puisque samedi, le guitariste Rainer Wiens mènera les mélomanes en incursion poétique avec Maya Kuroki à la voix. L’ensemble britano québécois New dialect s’amènera ensuite avec une bonne dose d’improvisation musicale auxquelles s’agenceront des projections.

Joane Hétu, une habituée du FMC, lancera le second programme double du vendredi 18 mai en formule quintette.

Le jazz, le pop rock et le métal exploreront la musique expérimentale

L’épilogue du FMC risque d’être couru, notamment en raison de la fascinante rencontre qui se tiendra à l’Espace Côté-Cour, le dimanche 20 mai dès 17h. Le Centre d’expérimentation musicale (CEM) saguenéen, dont la destinée fut toujours liée de près au Festival des musiques de création, explorera en formule cabaret divers styles musicaux en plus de mettre de l’avant une dimension textuelle qui promet beaucoup.

Ce 5 à 7 exploratoire tenu au Côté-Cour clôturera de belle façon le rendez-vous musical saguenéen. Pas moins de huit créateurs provenant du Saguenay-Lac-Saint-Jean, dont Ovide Coudé, Guillaume Thibert et Pascal Beaulieu, convient les curieux à un moment dominical unique. Le comédien Guillaume Ouellet assurera pour sa part l’animation et mettra de l’avant le slam poésie. Si l’improvisation est définitivement au rendez-vous, les troubadours promettent de visiter divers répertoires dont la rencontre risque de faire jaillir des moments épiques: c’est ainsi que le jazz, le pop rock et même le métal expérimental côtoieront la musique actuelle. Directeur artistique de la présente édition et fondateur du FMC, le Jonquiérois André Duchesne s’emballe de cette conclusion locale à la mixité des genres prometteuse. «À la base, je me suis pas un partisan des compartiments, surtout en musique. La formule alliant improvisation musicale, texte et animation s’arrimait bien à l’attitude exploratrice typique du FMC», termine le compositeur dont la feuille de route en matière de musique expérimentale dépasse les frontières du Québec. 

L’ensemble 333 Toutartbel sera de la soirée d’ouverture à la salle Pierrette-Gaudreault.