Voici la foule qui s’est rassemblée sur la rue Racine, le soir où Elvis Crespo a chanté dans le cadre du Festival international des Rythmes du Monde.

FIRM: rêver grand tout en préservant la magie

Oui, il a fait beau pendant deux semaines, mais ce n’est pas pour cette raison que la 16e édition du Festival international des Rythmes du Monde (FIRM) a revêtu un caractère historique. Plusieurs étapes ont été franchies, en effet, ce qui pèsera favorablement sur la suite des choses. Parmi elles, notons l’exploitation accrue de la Zone portuaire de Chicoutimi pendant trois jours, ainsi que le recrutement d’artistes tels Wyclef Jean et Elvis Crespo.

S’agissant de la Zone portuaire, dont l’accès était payant, le défi consistait à générer davantage de revenus, tout en préparant le terrain pour la venue des gros noms qui, on le sait, trottent depuis une éternité dans la tête du directeur général Robert Hakim. La preuve est maintenant faite, en ce sens que les gens ne craignent pas d’ouvrir leur portefeuille s’ils jugent l’offre attrayante. Reste à voir si le site tel qu’on le connaît pourrait accommoder un Santana ou une Shakira, ce qui est moins certain.

Il y a longtemps que le promoteur prône un réaménagement de la scène et quand on sait que les Halles sont condamnées, peut-être serait-il opportun de réfléchir aux besoins futurs. Partout en Amérique du Nord, en effet, on voit des vedettes confirmées se produire dans des communautés de taille modeste. Si Alan Jackson, un chanteur country qui a vendu 50 millions de disques, a pu jouer vendredi dans la ville de Gilford, au New Hampshire (7 126 habitants), tout est possible à Saguenay.

Or, il ne suffit pas d’avoir de l’argent ou un site adéquat pour attirer de la grande visite. Ça prend aussi un réseau de contacts et il n’y a rien de mieux, pour le nourrir, que les expériences vécues par les artistes qui sont déjà passés au festival. Prenez Wyclef Jean. Il a attiré moins de spectateurs que Marc Dupré et les Cowboys Fringants sur la Zone portuaire, mais la soirée de rêve passée à Chicoutimi résonnera encore dans son esprit, le jour où il croisera ses camarades Shakira, Santana ou Rihanna.

On pourrait dire la même chose d’Elvis Crespo, la vedette incontestable de l’édition 2018. C’est vrai que la rue Racine était trop petite, le 10 août dernier, mais l’excitation qui a gagné la foule ce soir-là, à laquelle a su répondre le chanteur portoricain, était aussi fonction du lieu où il s’est produit. La Zone portuaire permet de rêver grand, mais pour la magie, rien ne se compare à la scène dressée en face de la cathédrale.