Une partie de l’équipe d’organisateurs derrière le Festival international des Rythmes du Monde, qui débute mercredi soir sur la rue Racine à Chicoutimi.

FIRM: l’envers du décor

Organiser un événement qui accueille plus de 150 000 personnes chaque année n’a rien de simple, et même après 15 ans de festival, l’erreur est toujours possible. Selon Robert Hakim, l’équipe derrière le Festival international des Rythmes du Monde (FIRM) est responsable de chaque victoire, et elle continue d’améliorer le produit offert aux festivaliers à chaque édition.

« On apprend de nos erreurs, de nos coups qui ont moins bien fonctionné. On existe pour amuser les gens. Si on ne fait pas notre travail comme il le faut, on va disparaître rapidement », a-t-il expliqué mardi après-midi lors d’une entrevue dans son bureau, moins de 24 heures avant le coup d’envoi de la programmation gratuite. « On commence à travailler sur le festival un an avant. Ça fait déjà quelque temps que l’on travaille sur l’édition 2019 », ajoute-t-il avec un sourire.

La clé pour organiser des événements d’une telle envergure, selon M. Hakim, est de travailler en équipe et de diviser les tâches. « Chacun sait ce qu’il doit faire, et comment le faire. La confiance est primordiale », dit-il.

Le FIRM est organisé par un noyau de quatre personnes, qui travaillent à longueur d’année. Ensuite viennent s’ajouter environ 15 employés dits saisonniers, qui arrivent pour la partie de l’année qui devient de plus en plus intense avec les semaines qui s’envolent. Puis des dizaines et des dizaines de bénévoles s’ajoutent pour les deux semaines que dure l’événement.

« On travaille 50 semaines pour vivre ces deux semaines durant l’été où tout est dupliqué. Mais c’est comme du bonbon, c’est exaltant », raconte le producteur de spectacles entre deux coups de fil pour éteindre des feux, alors que dehors, l’installation de la scène et des kiosques sur la rue Racine se poursuit.

En ce moment, pratiquement à la ligne d’arrivée pour les organisateurs, le casse-tête se construit lentement. Chaque pièce se met en place grâce aux bénévoles et aux employés qui travaillent d’arrache-pied pour que tout soit prêt à temps. « Peu importe quand le site ouvre, il y a toujours quelque chose à faire, un détail à améliorer. » Le producteur ajoute que les gens qui travaillent sur la production de tels événements sont de véritables passionnés. « La population pense souvent que tout ce que l’on fait, c’est de rencontrer des artistes, et de savourer les moments durant le festival. Mais sérieusement, ce n’est pas toujours facile. Comme partout, il y a des jours où rien ne va. »

Une des parties de l’organisation qui est sous-estimée est le financement. « Il y a deux choses qui importent quand on planifie un truc du genre ; l’argent et la météo. On essaie de ne pas trop penser au dernier, parce qu’on n’a pas le contrôle. Mais pour ce qui est du financement, ça, on peut le gérer ! »

Pour l’édition 2018 du FIRM, le budget d’exploitation frôle 1,25 M $. Cet argent provient entre autres de campagnes de financement et des partenaires du festival.

« C’est une des parties les plus importantes dans l’organisation, parce que sans argent, ce n’est pas le même produit qui sera présenté. Les partenaires que l’on a une année ne sont pas garantis de revenir l’année d’après. Donc, c’est de trouver les façons de convaincre les entreprises que nous sommes toujours les meilleurs, et d’innover chaque année », explique Robert Hakim. De plus, selon des données publiées par Le Quotidien le 18 juillet dernier, le festival reçoit autour de 365 000 $ de Saguenay.

Les artistes
Les artistes sont aussi une partie intégrante du festival. Après tout, c’est le clou du spectacle. « C’est ce qui va attirer les gens. On veut des artistes qui sont bien établis, mais aussi des plus émergents. »

Le truc est d’avoir un carnet de contacts bien rempli. « Ça et l’expérience, c’est ce qui nous permet d’amener de plus gros noms », explique le producteur. Il précise aussi que l’accueil que son équipe et lui-même réservent aux artistes invités est impeccable. « Ce n’est pas un secret, on les dorlote ! », ajoute-t-il.

Certains artistes arrivent avec une liste de demandes et d’exigences parfois tellement invraisemblables, que cela peut même mettre en péril la tenue de leur spectacle. « J’essaie de les raisonner, et de leur dire non quand c’est impossible de rencontrer leurs demandes, mais ça peut être dangereux de tout perdre. Alors parfois, on fait des petits miracles », conclut l’homme d’expérience.

Mercredi soir, le public pourra notamment entendre les Trois Accords sur la scène Loto-Québec à 21h30.