Les Dead Obies ont attiré une foule impressionnante, samedi soir, à l’occasion du spectacle qu’ils ont offert sur la rue Racine. Les jeunes ont répondu massivement à l’invitation lancée par le Festival international des Rythmes du Monde.

FIRM: grosses foules pour une dernière soirée éclectique

De la musique latine, du hip-hop et du disco. La dernière soirée de spectacles dans le cadre du Festival international des Rythmes du Monde fut on ne peut plus éclectique et preuve que le comité organisateur a eu du pif, chacune des formations invitées à se produire sur la rue Racine, à Chicoutimi, a connu un succès de foule.

Sur la scène aménagée à l’angle de la rue Labrecque, par exemple, un public jeune, tellement dense qu’il s’étirait jusqu’à la boutique Maya & Inca, a fait un triomphe aux cinq MCs des Dead Obies. Ce n’est pas la première fois que le festival cherche à toucher les moins de 30 ans, mais rarement ont-ils été aussi nombreux.

Les phrases fusaient sur un beat très percussif, avec des bruits de fusée pour ajouter une touche de fantaisie, tandis que les artistes marchaient de part et d’autre de la petite scène, chacun prenant le relais de l’autre sans jamais laisser échapper ne serait-ce qu’un mot. Or, même si le propos est parfois dru, l’atmosphère est demeurée bon enfant, ainsi que l’ont démontré les fans en tendant bien haut leurs cellulaires à la demande du groupe, juste pour la beauté de la chose. 

Détendus, manifestement contents de la réponse du public, les DJs ont laissé filer une ou deux minutes avant de reprendre le fil du spectacle. «Break syndical», a lancé l’un d’eux d’un ton enjoué. Puisque le temps filait dangereusement vite, l’un de ses camarades, s’exprimant avec un fort accent anglophone pour lequel il s’est excusé, a relancé l’action.

«Est-ce que vous connaissez la «track» Where They?», a-t-il demandé. La réponse coulait de source et les Dead Obies ont repris ce succès en jouant avec le débit, parfois accéléré, parfois proche de celui de la conversation, comme si c’était le chose la plus naturelle au monde. C’était la dernière interprétation, mais comme on s’en doute, les gars ont répondu à l’appel de leurs fans qui a pris la forme de vigoureux «Olé, olé».

«Chicout’, il vous en reste un peu?», a lancé l’un des membres du quintette. Satisfaits de la réponse, les Dead Obies ont offert une autre perle tirée de leur répertoire, Monnaie, sur un beat saccadé. Et pendant ce temps, à l’autre bout de la rue, une foule encore plus importante, refluant loin de la cathédrale, célébrait la musique d’une manière bien différente en compagnie du Boogie Wonder Band.

Voici le spectacle qui se déployait devant les membres des Dead Obies, samedi, lors de leur passage au Festival international des Rythmes du Monde. Comme les autres artistes présents ce soir-là sur la rue Racine, ils ont connu un succès de foule.

C’est à cette formation qu’est revenu l’honneur de clore cette portion du festival, mais il ne faudrait pas oublier celle qui l’a précédée sur la grande scène, la chanteuse cubaine Monika Mesa. Il s’agissait de sa première apparition à Chicoutimi et elle n’a pas raté l’occasion de produire une forte impression. Plus son spectacle progressait, en effet, plus il y avait d’amateurs et plus ceux-ci manifestaient leur enthousiasme en dansant de toutes les façons possible.

Certains l’ont fait en solo, d’autres en duo, tandis qu’un groupe qui s’est formé spontanément au milieu de la rue s’est payé une séance de danse en ligne pendant que l’interprète, flanquée de deux choristes et huit musiciens, prenait un air latin à bras-le-corps, chantant de sa voix à la fois claire et puissante tout en balançant les bras à répétition pour encourager ses nouveaux amis à profiter pleinement du moment. De la belle ouvrage à tous égards.

Or, il y en a eu plusieurs, des épisodes de douce folie comme celui-ci. Même si Monika Mesa ne connaît que trois mots de français, elle sait transmettre son enthousiasme, faire aimer la salsa, le bolero et la bachata grâce à un mélange de talent et d’engagement qui force l’admiration. Hormis une ou deux pièces plus tranquilles, dont une remarquable version de Quizas, quizas, quizas, ce qu’on a pu découvrir samedi, c’est rien de moins qu’une force de la nature.

Impossible de ne pas aimer Monika Mesa, une chanteuse originaire de Cuba qui, samedi soir, a effectué sa première apparition dans le cadre du Festival international des Rythmes du Monde.