Les numéros spectaculaires exécutés par les membres du cirque Kalabante ont été appréciés par la foule dans laquelle on retrouvait de nombreux enfants, mercredi soir, dans le cadre du Festival international des Rythmes du Monde.

FIRM: grosse soirée sur la rue Racine

On attendait de la pluie, voire des orages, pour le retour du Festival international des Rythmes du Monde sur la rue Racine, à Chicoutimi. Les prévisions de la météo laissaient entrevoir une soirée de misère avec des retards dans la programmation et pas grand monde pour encourager les artistes, alors que c’est tout le contraire qui s’est produit. Il a fait beau, très chaud, et une foule impressionnante a été témoin des spectacles proposés par le comité organisateur, mercredi.

Les premiers à se manifester furent Bob et les Macalous, cinq gars qui ont bien raison d’aimer le bluegrass. Ce sont eux qui ont étrenné la petite scène qui, sachez-le, ne se dresse plus à l’angle de la rue Labrecque. Désormais, elle est adossée au commerce Maya Inca, où quelques centaines de personnes se sont massées aux alentours de 19 h 30. Elles ont eu droit à des airs entraînants où cohabitaient le violon, la planche à laver, le banjo, l’harmonica et autres joyeusetés.

Djely Tapa a charmé les personnes qui ont assisté à ses débuts au Festival international des Rythmes du Monde, mercredi soir. Elle a chanté sur la petite scène qui, désormais, se trouve devant le commerce Maya Inca, plutôt qu’à l’angle des rues Racine et Labrecque.

« Souvent, on nous demande ce que c’est, un Bob », a lancé le guitariste avec humour. Il a ensuite expliqué la signification du mot macalous, une expression baieriveraine désignant les matelots venus de l’étranger. Il n’était pas le seul comique sur place, ainsi que l’a démontré un homme qui, après avoir entendu une pièce instrumentale aux accents traditionnels, a émis ce commentaire : « Le carnaval a commencé de bonne heure cette année. »

Un peu plus tard, c’est la chanteuse Djely Tapa qui a pris possession de la scène. Rappelons qu’elle remplaçait au pied levé Dear Denizen, une situation pas évidente, mais avec laquelle elle a composé avec aplomb. Le temps de quelques pièces, on a pu apprécier sa voix puissante, mais parfaitement maîtrisée, autant que les arrangements raffinés, un brin modernes, un brin traditionnels, balisant le jeu de ses quatre musiciens.

Cette photographie montre à quel point la foule s’est densifiée sur la rue Racine.

C’est de l’autre côté de la rue, cependant, que la soirée a pris sa pleine dimension. Avant même le début du spectacle proposé par le cirque Kalanbante, on sentait une certaine fébrilité. Plusieurs enfants étaient présents pour assister aux danses et aux acrobaties portées par des rythmes africains et ni eux ni les adultes qui les accompagnaient n’ont été déçus.

Les sons émis par les immenses tambours sur lesquels les participants tapaient vigoureusement ont mis les gens dans l’ambiance. Puis, on a été témoin des premières chorégraphies, spectaculaires, donnant lieu à des mouvements saccadés, les bras tendus vers le ciel. La tension montait, rehaussée par une série de pirouettes exécutées par trois hommes et deux femmes.

Le groupe de bluegrass Bob et les Macalous s’est fait beaucoup d’amis pendant son spectacle présenté sur la rue Racine, mercredi soir.

Entre deux numéros sollicitant leurs qualités athlétiques, autant qu’artistiques, il y a eu de jolis solos à la kora, de même qu’au balafon. L’Afrique dans ce qu’elle a de plus séduisant avant le retour des deux femmes, pour qui on avait monté une structure formée de deux rangées de barils. La tension est venue des hésitations de l’une d’elles, qu’on sentait un peu fragile. Ses bras peinaient à supporter son poids, mais elle a fait preuve d’une persistance admirable, saluée par de chaleureux applaudissements.

Ce que ne percevait pas le public regroupé au pied de la scène, toutefois, c’est à quel point la rue s’est remplie pendant le spectacle de Kalabante. On ne progressait qu’à grand peine en direction de la rue Labrecque et la cause était manifeste. Attendue à 21 h 30, la Compagnie Créole faisait déjà le plein de spectateurs.