Elvis fait la sieste, dans la vitrine de L’Érudti Café.

FIAMS: une série de spectacles dans des lieux culturels insolites

En plus de sa programmation extérieure et en salle, le Festival international des arts de la marionnette à Saguenay (FIAMS) propose cette année, pour la première fois de son histoire, une série de spectacles dans des lieux culturels insolites de Jonquière. Le Progrès a expérimenté quatre de ces spectacles qui sont offerts gratuitement.

Elvis n'est pas mort, il est sur la Saint-Do

Si vous vous promenez sur la rue Saint-Dominique de Jonquière samedi, il est possible que vous aperceviez le King en personne.

Quatre finissantes du diplôme d’études supérieures spécialisées en théâtre de marionnettes contemporain à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) font revivre Elvis Presley à l’intérieur de la vitrine de L’Érudit Café, dans le cadre du FIAMS. Elles le font se déhancher de manière on ne peut plus réaliste, dans un spectacle qui s’appelle Aime-moi tendre, une traduction littérale d’un des plus grands succès du chanteur.

En faisant jouer les classiques d’Elvis sur une table tournante, Jonaie Fortin, Mylène Guay, Iris Richert et Marie-Pascale Bélanger redonnent vie au roi du rock’n’roll. À quatre, elles interagissent avec ce personnage plus vrai que nature.

La marionnette de taille humaine n’est cependant pas l’Elvis des beaux jours. Il est bedonnant et fatigué. Il regarde son public pendant la prestation de dix minutes qu’il donne, mais il a de la difficulté à se reconnaître lui-même dans le reflet de la vitrine. Il a perdu de sa forme et s’essouffle vite.

Ce court spectacle, qui fait partie de la programmation insolite, est une adaptation in situ d’une oeuvre présentée en juin par les quatre collègues de l’UQAM.

Elvis Presley se ranimera, à midi, samedi, le temps d’une dernière prestation. Il est possible de passer le voir, mais il fera probablement la sieste. 

Le FIAMS invite les gens à passer au confessionnal.

Mea culpa: faire revivre le confessionnal

Pour le spectacle Mea culpa, le FIAMS investit un lieu solennel : l’église Saint-Dominique de Jonquière. Dans cet événement, on invite le public à passer au confessionnal et à réfléchir à ses péchés. 

Le spectacle, qui fait revivre une des traditions de la religion catholique, se décline en quatre étapes. On invite d’abord le public à entrer dans l’église et à attendre, seulement deux personnes à la fois pouvant entrer dans le confessionnal. Une fois que notre tour est arrivé, il faut passer par le musée de la culpabilité. La majorité d’entre nous reconnaîtra les petits pêchés dont il est question, dans cet endroit.

Après avoir confessé une de nos propres fautes, le temps est maintenant venu d’entrer dans le confessionnal aménagé spécialement pour l’occasion. On y présente une vidéo choisie aléatoirement en lien avec le thème de cette oeuvre, la culpabilité.

Vendredi, Mea culpa avait attiré toutes sortes de curieux. On y retrouvait des personnages âgés, venus revivre une expérience qu’ils connaissaient bien. Il y a avait aussi des petites familles. Les adultes expliquaient aux enfants ce qu’était la confession, à l’heure où la religion n’a plus la même emprise qu’elle avait.

Mea culpa sera présentée à nouveau dimanche. L’horaire est de 14 h à 16 h, en continu. Une fois que nous sommes entrés dans le confessionnal, l’expérience de ce spectacle inusité dure environ cinq minutes

Petite pousse est présentée chez le fleuriste Garçons d’honneur.

Petite pousse: histoire de commencements

Pour le spectacle Petite pousse, une oeuvre qui parle de cycles et de commencements, on n’aurait pu trouver un meilleur endroit que le fleuriste Garçons d’honneur, sur la rue de la Fabrique, à Jonquière. La vie débute toujours par une graine que l’on plante et qui pousse. Ce fleuriste était parfait pour y établir un petit théâtre temporaire.

Avec quelques accessoires, l’interprète Julie Desrosiers, de la compagnie montréalaise Chantiers, illustre la naissance dans un spectacle qui dure un peu moins de dix minutes et qui sera encore joué quatre fois par jour, samedi et dimanche.

Le lieu, comme ce qu’on peut voir dans Petite pousse, parle du cycle de la vie. Entourée des magnifiques plantes vendues chez le fleuriste qui a prêté une de ses pièces dans le cadre du FIAMS, Julie Desrosiers montre de façon figurée comment viennent au monde les histoires et les individus. À force de patience et de soins, elle arrive à faire grandir et à multiplier les mots, les objets, et même la vie.

La créature masquée qui tricote devant nos yeux, ornée de bois de cervidés, est toute en douceur. Une musique classique qui accompagne le spectacle ajoute à l’ambiance un peu baroque de cette expérience. Le détail des masques utilisés dans ce spectacle vaut aussi à lui seul le détour.

Petite pousse est une oeuvre qui s’adresse aux gens de tous âges. Une vingtaine de personnes à la fois peuvent y assister.

Aisselles et bretelles

Aisselles et bretelles: la vie dure aux contes de fées

Aisselles et bretelles, une courte pièce du Théâtre CRI jouée dans le cadre du FIAMS, ne fait pas partie de la programmation insolite à proprement parler, mais elle se distingue par son originalité, tant dans la mise en scène que dans le propos et dans le lieu où elle est présentée.

Jouée dans la maison même de l’interprète et créatrice de l’oeuvre, Guylaine Rivard, Aisselles et bretelles fait la vie dure aux classiques dans une oeuvre créée spécialement pour le FIAMS. Rarement une comédienne nous accueille chez elle, dans une petite salle intime où on peut entasser une quarantaine de personnes.

Pendant 30 minutes, Guylaine Rivard prend tous les contes de fées imaginables, les mélange, les réinvente et rajoute une couche d’actualité. L’histoire porte un regard critique sur la morale pas toujours très morale, justement, de ces contes destinés aux enfants.

Le vrai spectacle n’est cependant pas dans le texte. Il est dans les costumes et accessoires dont la narratrice se sert pour raconter son récit. De la reine de Blanche-Neige à Pocahontas, de Donald Trump à Michael Jackson, le costume de Guylaine Rivard possède une panoplie de trucs ingénieux qui révèlent une foule de décors pour tous ces personnages. L’interprète les manipule, les fait apparaître et les transforme avec une créativité et un humour qui a grandement plu aux spectateurs sur la rue Saint-Antoine, à Jonquière, vendredi.

Il reste une représentation d’Aisselles et bretelles, dimanche, mais tous les billets ont trouvé preneurs.