Les manipulations de marionnettes se font de plusieurs manières dans cette pièce coproduite par quatre pays.

FIAMS: l’Afrique à l’honneur

Le Festival international des arts des la marionnette à Saguenay (FIAMS) a lancé les festivités de sa 15e biennale en mettant l’Afrique à l’honneur.

Alors que des marionnettes géantes maliennes ont égayé la Saint-Dominique à Jonquière (voir autre texte), la salle Pierrette-Gaudreault du mont Jacob recevait la visite d’une coproduction internationale de quatre pays intitulée Ganou-Gàla, La Traversée.

Le codirecteur artistique du FIAMS, Dany Lefrançois, trouvait important de montrer un autre visage du continent africain lors de cette journée d’ouverture.

Deux récits se déroulent en parallèle, mêlant tradition et modernisme.

« On a souvent le portrait de pays aux prises avec des problèmes politiques et sociaux. Les Africains sont des être humains qui ont un message à nous porter », a-t-il expliqué lors du lancement des activités du FIAMS.

Ganou-Gàla, La Traversée, une coproduction du Mali, de la Suisse, du Canada et du Mexique était présentée pour la première fois en Amérique. On y suit deux histoires en parallèle, qui se font écho alors qu’elles se développent.

La première est ancrée dans la tradition africaine. Une mère accouche d’un couple de jumeaux qu’elle ne peut allaiter. Sa tristesse lui fera pousser un cri qui provoquera l’éclatement des continents.

Les comédiens proviennent des quatre coins de la planète.

La deuxième histoire, elle, répond aux préoccupations actuelles, sur l’identité, l’immigration et les frontières. Un jeune homme et une jeune femme, qui ont chacune des origines ethniques multiples, se lancent dans une quête qui les mènera à l’opposé du monde.

L’art de la marionnette y est interprété de nombreuses manières. Les jumeaux africains y sont tantôt évoqués grâce à un jeu d’éclairage sur une toile blanche. Les personnages principaux, joués par des acteurs, se transforment ensuite en version miniature d’eux-mêmes, pendant que l’histoire se transporte d’un pays à l’autre. Le tout se déroule avec une trame sonore jouée en direct par des musiciens sur scène.

Le résultat final est à l’image des pays qui ont contribué à la création de ce spectacle. La dizaine de comédiens sur scène racontent ce récit en mélangeant les couleurs et les accents, créant une véritable rencontre des cultures.

Le codirecteur artistique du FIAMS, Dany Lefrançois (en bleu) pose en compagnie de L’Autre dans la cité, cette marionnette qui déambule fréquemment dans les rues de Saguenay.

Ganou-Gàla, La Traversée, est présentée à nouveau, mercredi à 20 h 30, à la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière.

Bonne réponse

Dany Lefrançois était heureux de la réponse du public. Plusieurs personnes étaient présentes lors du lancement des activités extérieures, et la soirée d’ouverture s’est déroulée dans une salle pratiquement comble.

« La population est au rendez-vous. Après deux ans, on est content de voir qu’elle attend avec impatience le retour du FIAMS. Ça démontre qu’on ne fait pas tous ces efforts-là en vain », a-t-il indiqué.

Les manipulations de marionnettes se font de plusieurs manières dans cette pièce coproduite par quatre pays.

Pendant les cinq prochains jours, le FIAMS présentera 45 spectacles, dans divers sites de l’arrondissement de Chicoutimi et de Jonquière.

Problème de visa

Il y avait cependant un contretemps au début de cette 15e édition. Deux artistes cubains qui auraient dû être à Saguenay mardi n’ont pas pu obtenir de visas canadiens.

Dans son allocution d’ouverture, Dany Lefrançois a déploré la situation et a expliqué cette absence par un problème diplomatique liée à l’ambassade canadienne à Cuba.