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Roger Blackburn
Le Quotidien
Roger Blackburn
Le porte-parole de REGARD, Louis-David Morasse, a partagé son goût pour le cinéma court dans la ruelle du Court métrage sur la rue Racine.
Le porte-parole de REGARD, Louis-David Morasse, a partagé son goût pour le cinéma court dans la ruelle du Court métrage sur la rue Racine.

Festival REGARD: une soirée ciné-parc réussie [PHOTOS]

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CHRONIQUE / Les cinéastes présents étaient contents de s’adresser à des gens en vrai sur le site du ciné-parc urbain du festival REGARD sur le court métrage, mercredi, pour la soirée d’ouverture, même si les artistes étrangers étaient restés sur leur continent.

Environ 70 voitures étaient sur le stationnement du Centre Georges-Vézina pour ce premier ciné-parc urbain, qui a permis a des amateurs de partager le visionnement de films courts. Les cinéphiles avaient apporté des chaises pour s’asseoir à l’extérieur des autos, mais la fraîcheur s’est mise de la partie pour les 30 dernières minutes de visionnement. Les klaxons se faisaient entendre en guise d’applaudissements à la fin des projections.

Environ 70 voitures étaient sur le stationnement du Centre Georges-Vézina pour ce premier ciné-parc urbain.

L’expérience a été réussie avec l’écran D.E.L. de haute qualité. Il suffira d’éteindre l’affiche au néon du Pavillon de l’agriculture et les autres sources de pollution lumineuse pour améliorer l’expérience.

La formation The Halluci Nation a réussi à réchauffer les festivaliers au son techno de leurs chants autochtones. Les festifs cinéphiles se sont laissés aller à des rythmes de danse des premières nations.

Plus tôt en après-midi, le porte-parole se disait heureux de pouvoir vivre cette expérience REGARD en plein air.

Un habitué du festival

Le comédien Louis-David Morasse est un habitué du festival REGARD. « Quand ils m’ont demandé pour être porte-parole, j’ai été surpris, je suis parti à rire. Les gens de la place me connaissent, ils m’ont vu en masse, au cours des 25 dernières années. J’ai même remplacé David La Haye qui a dû partir pour Londres à la dernière minute. Ils m’ont dit: ‘‘tu as toujours été disponible pour faire rayonner le festival, fais-le donc comme porte-parole’’ », raconte le comédien, que j’ai rencontré dans la ruelle du Court métrage, près de la rue Racine.

« L’an passé, le 12 mars, mes valises étaient dans l’auto quand Marie-Élaine m’a texté pour me dire que c’était annulé. Là, cette année, je me suis dit, mais comment ils vont faire avec les contraintes sanitaires ? » s’est demandé le comédien.

Ce n’est pas le REGARD de 2019 que les gens vont vivre cette année. « Les organisateurs ont eu le courage et l’audace de faire un événement alors que bien d’autres organisations ont tout simplement décidé d’abandonner. Ce soir (mercredi), le ciné-parc affiche complet, vaut mieux une soirée à 300 ou 400 personnes que pas de soirée du tout », exprime le porte-parole.

« Ils se sont botté le cul pour trouver un système de réservation de billets, ils ont réinventé le ciné-parc, ils ont trouvé d’autres places de diffusion, je suis convaincu que le monde de la place va profiter de ces efforts pour participer encore plus à l’événement », estime le comédien.

Vaut mieux un festival différent que pas de festival

Pour Louis-David Morasse, REGARD donne le goût du cinéma. Cet événement touche à la fois les jeunes en milieu scolaire et les différents acteurs de l’industrie. « J’étais à Chicoutimi dès la troisième édition. On était toute une gang qui commençait à tourner avec de nouvelles technologies. Avant, il fallait étudier à Concordia et voler de la pellicule si on voulait tourner, là, pour 3000 $, on avait une caméra mini DV et on avait toute la liberté de tourner. C’est ici que ça a commencé avec les Ricardo Trogi, Robin Aubert, Stéphane Lafleur, Sébastien Pilote. Le festival a mis dans la lumière de nombreux talents », fait-il savoir.

La volonté des organisateurs de tenir un événement à tout prix a provoqué de belles choses. « Le festival en ligne est une excellente nouveauté. Avant, si tu ne venais pas à Chicoutimi ou dans un autre festival, tu ne pouvais pas voir des courts métrages. REGARD a réussi a offrir sa programmation en ligne, c’est la première fois qu’on voit ça. Ça incite les cinéastes à adapter leur format de diffusion et prévoir d’avance une façon de libérer les droits d’auteur. C’est une façon extraordinaire de rejoindre les jeunes », s’emballe le comédien, conscient de l’influence qu’un cinéaste peut avoir en allant à la rencontre des jeunes.

C’est ici que c’a commencé

De nombreux artistes s’accordent à dire que le festival REGARD a redonné ses lettres de noblesse aux films courts. « Le court métrage était snobé par le milieu du cinéma, à l’époque, et c’est REGARD qui lui a permis de redorer son image. Le festival est devenu tellement important, un moment donné, en donnant accès aux Oscar, de nombreux cinéastes voulaient que leur film soit diffusé ici, un endroit de calibre international », met en relief le porte-parole.

« Dans les contraintes, il faut que tu trouves des victoires et c’est ce qu’a fait REGARD avec la 25e édition. En utilisant le Web pour diffuser leurs films, le festival va toucher plus de monde partout dans toutes les régions du Québec et ailleurs dans le monde, et ça c’est extraordinaire », affirme Louis-David Morasse.

C’est vrai que par le passé il était très difficile de partager un court métrage avec un ami ou un proche s’il n’avait pas participé au festival. C’en était choquant, on revenait d’une présentation, on venait de voir un chef-d’oeuvre et on ne pouvait pas le faire voir à nos proches et nos amis, maintenant ça va être possible et REGARD aura réussi ça.

« Nous savons qu’il y a des professeurs passionnés de cinéma partout en province qui vont se faire un plaisir d’initier leurs élèves au court métrage, et la beauté dans tout ça, c’est que le festival pourra aussi avoir de l’impact ailleurs, dans d’autres régions et auprès ceux qui ne peuvent se déplacer », lance-t-il.