Le président du Festival des musiques de création, Jocelyn Robert, croit que la tenue de l’édition 2020 à l’automne, plutôt qu’au printemps, offre des possibilités de développement intéressantes.
Le président du Festival des musiques de création, Jocelyn Robert, croit que la tenue de l’édition 2020 à l’automne, plutôt qu’au printemps, offre des possibilités de développement intéressantes.

Festival des musiques de création: de grandes ambitions pour l’automne

À travers l’afflux de mauvaises nouvelles touchant la scène culturelle, une masse aussi dense qu’une nuée de sauterelles, l’annonce effectuée par le Festival des musiques de création a produit un effet comparable à celui d’un baume. Au lieu de jeter aux orties la programmation qui devait se déployer ce printemps, le conseil d’administration a pris la décision de reporter le tout à l’automne, moyennant quelques ajustements.

De surcroît, ce qui aurait pu n’être qu’un plan B, une manière de sauver les meubles, offre la promesse de beaux lendemains. À tout le moins, cette expérience laisse entrevoir des possibilités de développement intéressantes, comme le souligne le président Jocelyn Robert.

« Nous avons tourné ce problème en opportunité et peut-être qu’à l’automne, nous rejoindrons plus d’étudiants qu’à la mi-mai, une période où plusieurs sont soit partis, soit rendus à la fin de leur parcours académique », a-t-il mentionné au cours d’une entrevue accordée au Progrès.

Pour les vétérans du festival, il s’agira d’un clin d’oeil au passé. « Dans les années 1990, nous étions présents au printemps et à l’automne », note le président.

Il est trop tôt, cependant, pour affirmer que ce déplacement s’inscrira dans la durée. Renoncer au printemps, ce serait en effet compromettre les partenariats noués avec le Festival international des musiques actuelles de Victoriaville.

14 lieux

La migration du festival à l’automne fera passer sa durée de cinq à quatre jours. Tenue du 8 au 11 octobre, l’édition 2020 sera caractérisée, entre autres, par le nombre élevé de lieux de diffusion mis à contribution. Le comité organisateur en a identifié 14, un nombre qui sera maintenu si les agendas de tous les partenaires peuvent être harmonisés.

« On va s’éclater, investir d’autres scènes », se réjouit Jocelyn Robert.

Il donne l’exemple de la chapelle Saint-Cyriac, qui fait toujours partie des plans. Le cas échéant, il s’agirait d’un joli clin d’oeil au regretté Pierre Dumont, l’âme du Festival des musiques de création pendant tant d’années. Il vivait en effet dans le secteur de Lac-Kénogami.

Karen Young

La liste des lieux comprend également la bibliothèque Hélène-Pedneault, la salle Orphée, le Côté-Cour, la salle Pierrette-Gaudreault et l’église Saint-Dominique où, le premier soir, on souhaite accueillir Karen Young. Invitée à monter un spectacle par le directeur artistique André Duchesne, elle a reçu le mandat de célébrer la voix humaine.

« Ce sera une création portant sur l’exploration de la voix. Elle sera réalisée par un quatuor vocal appuyé par une harpe et une basse. Karen Young a accepté de venir à l’automne. Il reste à voir si l’église sera toujours disponible. Sinon, on le fera ailleurs », affirme le directeur général du festival, Dario Larouche.

D’autres participants ont confirmé leur présence, soit un fidèle de l’événement, Jean Derome, ainsi que la formation Akousma. Puisqu’une poignée de spectacles sont tombés entre les craques de la pandémie, des démarches seront effectuées, notamment à l’extérieur du Québec, afin de compléter la programmation d’ici à son dévoilement, quelque part à la fin de l’été.

« Il y aura un festival et il aura la même importance que celui que nous voulions tenir au printemps. L’ajout de plusieurs lieux de diffusion va l’ancrer davantage dans le centre-ville de Jonquière. Ça nous aidera à rejoindre un public différent », anticipe le directeur général.