Festival de l’année: le FIAMS envoie des messages d’espoir

Le Festival international des arts de la marionnette à Saguenay (FIAMS) a trouvé son erre d’aller. Sa quinzième édition, qui s’est tenue entre le 23 et le 28 juillet dernier, a rejoint 30 000 spectateurs. Longtemps associé à Jonquière et au parc de la Rivières-aux-Sables, le FIAMS est maintenant le festival de Saguenay.

« On a reçu un message d’amour et d’espoir. Il y avait plus de 250 invités provenant de plus de 20 pays. C’est mission accomplie au point de vue artistique. Cela nous donne une vision pour l’avenir », disait le codirecteur artistique du festival, Dany Lefrançois, le jour de la clôture de l’événement.

Le Festival international des arts de la marionnette a investi la Place du citoyen pour la première fois.

Ses taux d’occupation de salles, qui ont dépassé les 90 %, démontrent que le public régional aime aussi sa biennale de la marionnette.

Mais en dehors de ce succès populaire, le FIAMS est aussi un rendez-vous de pointe sur l’art de la marionnette, la qualité des spectacles n’ayant d’égal que leur diversité.

Rutinas, un spectacle espagnol, a fait rire le public de Chicoutimi.

Voici un palmarès bien personnel des spectacles que j’ai le plus apprécié pendant le festival.

Le Coup de Coeur

Sur la Saint-Dominique, dans la vitrine du café L’Érudit, des finissantes du Diplôme d’études supérieures spécialisées en théâtre de marionnettes contemporain ont fait revivre le King le temps d’une prestation. Enchaînant les succès du populaire chanteur, les quatre manipulatrices de cet Elvis grandeur nature et un peu bedonnant ont créé une chorégraphie plus vraie que nature, maîtrisant son déhanchement à la perfection.

Les finissantes en marionnettes de l’UQAM ont fait revivre Elvis sur la Saint-Dominique.

Ce spectacle, qui faisait partie de la programmation insolite du FIAMS et qui se déroulait dans des lieux non traditionnels, a démontré tout le potentiel de l’art de la marionnette.

Le classique

Si le FIAMS arrive à présenter des spectacles à l’avant-garde de l’art de la marionnette, il est aussi composé de créations plus classiques, mais qui touchent quand même droit au but. Parmi elles, Rutinas, une production espagnole dans la plus pure tradition du théâtre guignol, a plu aux petits et aux grands. Seul dans un petit théâtre de marionnette, caché derrière un rideau et sans jamais prononcer un mot compréhensible, Eugenio Navarro a fait vivre une multitude de personnages qui ont fait rire avec leur humour pas toujours politiquement correct. Rutinas démontre qu’il y a quelque chose d’universel dans l’art, qui n’a pas d’âge.

Cubix, un spectacle français, mélangeait la technologie au plaisir simple de jouer avec des blocs.

à l’avant-garde

Cubix est un des spectacles que j’ai le plus apprécié pendant le FIAMS, mais il est aussi un des plus difficiles à décrire. Sur scène, en échangeant dans un dialecte inventé qui rappelle une langue asiatique, deux femmes manipulent des blocs blancs. Sur eux, on diffuse des formes, des visages, on fait de petites animations. S’il n’y a pas vraiment d’histoire, Cubix est à propos du plaisir un peu enfantin de jouer avec les blocs. Avec cette pièce pleine d’humour et d’inventivité, la production du Théâtre Sans Toit s’est attaquée à nos idées préconçues.

Le régional

Le FIAMS est une vitrine, et il donne l’opportunité aux créateurs de la région de montrer l’étendue de leur talent aux producteurs de spectacles de partout dans le monde. Si nous avons pu assister à plusieurs productions locales de qualité, pensons notamment à Ogre qui a clôt le festival, Aisselles et bretelles de Guylaine Rivard est sorti du lot. Présenté dans sa maison du centre-ville de Jonquière, ce spectacle de 45 minutes est un trésor d’inventivité. La femme de théâtre y revisite les contes de fées classiques, utilisant les multiples couches de vêtements qu’elle enlève successivement pour raconter son histoire.