L’artiste Debby Talbot utilise la technique de l’empâtement d’acrylique, ce qui donne des tableaux très texturés.

Femmes texturées selon Debby Talbot

Telles des écailles, les couches de peinture appliquées par la Montréalaise Debby Talbot se superposent pour créer des portraits texturés et colorés à l’effigie de femmes plus ou moins anonymes, dans Mais où sont les épices ? , présentée jusqu’au 21 janvier 2018 à la salle Desjardins du Centre national d’exposition de Jonquière.

Le titre attise tout de suite la curiosité, comme la technique de l’empâtement d’acrylique sur support de bois. Les éclats de peinture séchée donnent un effet tactile aux oeuvres, qui perdent leur sens si on les regarde de trop près. Les couleurs se mélangent, étourdissantes. Il faut du recul pour apprécier les visages de ces Annie, Carie, Jasmine ou Jessica. D’autres encore n’ont pas de nom, un indice de moins pour identifier ces personnages.

Par son travail, l’artiste a voulu aborder le thème de l’accès à la vie privée. Lorsqu’on reste au milieu de la salle, c’est comme si on avait une fenêtre privilégiée sur la vie de ces personnes. On peut les voir marcher ou patienter sur une chaise, et imaginer leur quotidien avec leur petit chien caché dans un coin du tableau, par exemple. Même si le visiteur est seul à ce moment, il aura plutôt l’impression d’être entouré d’autant de femmes qu’il y a de tableaux.

« Dans une ère virtuelle où tout le monde semble branché sur les réseaux sociaux, la curiosité de découvrir l’univers de l’autre est omniprésente. Mais tout n’est pas forcément authentique. Où se situe le vrai, qu’est-ce qui est maquillé ? Un jeu à double sens où nous sommes peut-être espionnés à notre insu », écrit Debby Talbot à propos de ses oeuvres.

Mais où sont les épices ? devient donc une recherche sur la véritable identité. Il se dégage de l’exposition une atmosphère joyeuse, avec toutes les couleurs. Quelques portraits évoquent même un certain exotisme, avec des ciels bleus et des feuillages luxuriants. Les tenues ne sont pas laissées au hasard. Les femmes portent des robes chics, des cols de fourrure, des chapeaux distingués, quand il ne s’agit pas de gros plans.

En résumé, ce que Debby Talbot a voulu exprimer, c’est qu’on dévoile juste ce qu’on veut bien. Chaque être a beaucoup de facettes cachées, comme les oeuvres de l’artiste lorsqu’on s’approche trop.

Durant les Fêtes, le Centre national d’exposition est ouvert tous les jours de 12 h à 17 h, sauf les 24, 25 et 31 décembre, ainsi que le 1er janvier.