Dans Fauve de Jérémy Comte, un jeu entre deux enfants tourne au drame.

Fauve pour la 1re fois au Canada

Après avoir séduit les jurys de Sundance et du Gala Prends ça court ! , Fauve sera projeté pour une première fois au pays dans le cadre de REGARD. Le court métrage mettant en scène un duo de jeunes garçons découverts par le cinéaste Jérémy Comte et son équipe plongera le public dans un voyage au coeur de l’enfance qui ne laissera personne indifférent.

Fauve cumule déjà les honneurs. Il est reparti avec un Prix spécial du jury du Festival du film de Sundance. Il est aussi sorti grand gagnant du 15e Gala Prends ça court ! (où les films ne sont pas projetés), en remportant 10 prix et deux mentions dont celui du Meilleur film, de la Meilleure réalisation et de la Meilleure interprétation masculine (Félix Grenier et Alexandre Perreault).

Pour le cinéaste Jérémy Comte, qui signe ici sa deuxième fiction (une première qui a bénéficié du support financier de la SODEC et du CALQ), il s’agit de tout un aboutissement. 

« C’est exceptionnel ce qui arrive. J’ai commencé l’écriture du film il y a au moins quatre ans. Tout un processus de casting a été nécessaire pour dénicher ces deux perles rares », explique-t-il au cours d’un entretien téléphonique, quelques heures à peine avant de prendre la route en direction de Saguenay. 

Effectivement, le court métrage de près de 16 minutes repose en grande partie sur les jeunes épaules de Félix Grenier et Alexandre Perreault. Ils en sont pourtant tous deux à leur première expérience à l’écran. 

« Après avoir rencontré 30 enfants issus d’agences à Montréal, je me suis rendu compte que j’avais besoin de non-acteurs au talent brut. On a fait appel à 11 écoles primaires de Thetford Mines, endroit où le film a été tourné. On a vu 50 enfants. Félix est tout de suite sorti du lot. Les deux enfants portent le film. Notre priorité était de trouver de bons acteurs », explique-t-il.

Fauve raconte l’histoire de deux jeunes garçons qui s’amusent près d’un chantier minier. Ils se confrontent sans cesse. Le jeu prend toutefois une tournure dramatique lorsque l’un d’eux se prend les pieds dans des sables mouvants. 

Le film est né d’un cauchemar qui a hanté les nuits du cinéaste lorsqu’il était enfant. « Vers l’âge de 10 ans, je rêvais souvent que je m’enfonçais dans les sables mouvants. Ça m’a marqué. J’ai souvent senti l’impuissance devant la nature qui t’avale. Je voulais explorer ce souvenir-là. Je voulais aussi explorer le côté surréel d’une mine à ciel ouvert. »

Jérémy Comte est heureux d’enfin présenter son film au public québécois. « Les enfants parlent en joual. Le public va mieux comprendre les “insides”. Parfois, on gagne à l’international, mais le film est plus ou moins compris au Québec. Cette fois, Prends ça court ! m’a rassuré. »

Fauve sera présenté lors de la soirée d’ouverture officielle, le jeudi 15 mars à 19 h, à la Salle François-Brassard de Jonquière. Le public pourra également le découvrir le 16 mars à 19 h 30 à la Salle Orphée du Foyer des loisirs d’Arvida, ainsi que le 18 mars, 13 h, au Petit Théâtre de l’UQAC.

Squad Leader TD-73028 Soliloquy est issu d’un mélange entre l’esthétique de Star Wars et les mots de Shakespeare.

Shakespeare et Star Wars dans un court

Unir Shakespeare et Star Wars dans un même court métrage. Voilà une idée qui peut paraître saugrenue. Pourtant, c’est exactement ce que propose Maxime-Claude L’Écuyer dans son film Squad Leader TD-73 028 Soliloquy, une fiction de huit minutes qu’il présente en première mondiale dans le cadre de REGARD. 

« Être ou ne pas être, telle est la question. » Le temps d’un court film, un Stormtrooper, soldat tout droit sorti de Star Wars, s’approprie le célèbre soliloque d’Hamlet. Le cinéaste Maxime-Claude L’Écuyer a ainsi voulu mettre en évidence toute la richesse du texte de Shakespeare, tout en humanisant un soldat sans visage. 

« Le film démontre la résonnance contemporaine de l’écriture de Shakespeare. Mis à part la première phrase, la suite du texte est peu connue. C’est une belle opportunité de rendre hommage au texte. C’est une porte d’accès qui s’ouvre pour une nouvelle génération. »

C’est lorsqu’il a découvert le costume de Stormstrooper d’un ami adepte du Cosplay que Maxime-Claude L’Écuyer, un fan modéré de Star Wars, a eu l’idée de faire un film mettant en vedette le personnage. « J’ai trouvé la réplique extraordinaire. Je me suis dit qu’il fallait absolument faire quelque chose avec ça. J’ai eu l’idée de faire un film shakespearien. C’est né un peu à la blague, mais j’ai fait le film sérieusement », raconte le cinéaste au cours d’un entretien téléphonique. 

Effectivement, Squad Leader TD-73 028 Soliloquy n’a rien d’une comédie. 

« Shakespeare ne peut pas être traité à la légère, estime-t-il. C’est un film réflexif assez ouvert. Qu’on soit fan ou non de Star Wars, érudit ou non de Shakespeare, ça laisse place à plusieurs degrés d’interprétation. »

Le tournage d’une seule journée dans une carrière de sable de Saint-Lazare a permis de recréer la planète désertique Tatooine. Tout un travail de postproduction a été nécessaire pour concrétiser le projet. « C’est un film autofinancé tourné avec 1000 $ et un râteau. Heureusement que j’ai pu compter sur plusieurs collaborateurs. »

Squad Leader TD-73 028 Soliloquy sera projeté le 15 mars à 19 h à la Salle François-Brassard de Jonquière. Le public de REGARD pourra aussi le découvrir le 18 mars, 13 h, au Petit Théâtre de l’UQAC. 

Pour le cinéaste, il s’agit d’une première participation à REGARD. « Je suis vraiment content, la sélection de REGARD est tellement bonne et je me sens aussi privilégié qu’il soit présenté dans les conditions idéales », estime celui qui en est à son sixième court métrage.