Le neveu de Thérèse Gagné s’est donné la mission de faire voir ses oeuvres.

Exposition de la peintre Thérèse Gagné: d’Hébertville-Station à Paris

Les amateurs d’art de la région auront la chance de découvrir les oeuvres de l’artiste Thérèse Gagné, et ce, presque 70 ans après son premier coup de pinceau et plus de 30 ans après sa mort. Grâce au désir de son neveu Martin Gagné, qui porte également le chapeau de commissaire, une sélection de ses oeuvres est présentée à la bibliothèque de Jonquière.

Cette histoire découle presque du miracle ou d’un scénario digne d’Hollywood, explosions en moins. La famille Gagné a toujours su que Thérèse Gagné peignait. Au fil des années, ils ont entendu les histoires concernant cette tante qui vivait en France avec son mari, lui aussi peintre. Martin Gagné se souvient avec nostalgie, entre autres, des cartons d’invitation pour les vernissages européens. 

La surprise a été monumentale lors du décès de la tante qui était revenue seulement quelques fois au pays. C’est à ce moment que les neveux et les nièces de la dame originaire d’Hébertville-Station ont découvert l’immensité de sa collection de tableaux. Il était impensable pour les descendants de laisser les oeuvres loin du public et des expositions. 

Rétrospective est la troisième exposition consacrée aux oeuvres de cette Française d’adoption depuis son décès en 2011. Une première exposition a été présentée à Oakville en Ontario, en 2015. Après la bibliothèque d’Alma en 2017, c’est maintenant au tour de la bibliothèque de Jonquière d’offrir une vitrine au travail de Thérèse Gagné. Il s’agit d’une chance unique puisque la majorité de ses oeuvres sont entreposées chez l’une de ses nièces à Toronto.

Dans cette exposition, 23 tableaux sont présentés, dont sept pour une première fois dans la région. Les oeuvres sélectionnées proviennent des années 50 jusqu’à la fin des années 70. Présentée sur deux étages, l’exposition permet de découvrir des créations tantôt à l’huile, tantôt au pinceau, tantôt à la spatule, et parfois, ces deux dernières techniques sont combinées. 

Un penchant pour le romantisme

Déménagée en France en 1952, Thérèse Gagné a, par la suite, peint pendant des décennies. Ces oeuvres présentées à Jonquière témoignent de son adaptation aux différentes époques plutôt que d’un style figé qui résiste au temps. Malgré tout, les oeuvres de l’artiste née en 1921 confirment un fort penchant pour le courant du romantisme.

Élève puis femme du peintre allemand Otto Schauer, Thérèse Gagné a cessé de peindre en 1985, année du décès de son mari. Elle a alors mis de côté ses pinceaux afin de se consacrer à garder vivantes la mémoire et les oeuvres de son mari par le biais d’expositions et d’un livre. L’exposition, présentée jusqu’au 20 mai, permet de découvrir des oeuvres appartenant à la fin de son travail. Ainsi, les paysages de rochers de la fin des années 70 font partie de ces derniers thèmes. Pour celle qui a reçu la Médaille de la Ville de Paris en 1987, les rochers représentaient ces souvenirs des deux côtés de l’Atlantique.

Chez elle

Près de 100 ans après sa naissance, le talent et la carrière de Thérèse Gagné seront enfin reconnus, chez elle, à Hébertville-Station. La famille de l’artiste-peintre est bien fière de confirmer que la municipalité fera l’acquisition de l’une de ses toiles, sous peu. La corne des murs, créée en 1959, risque d’être affichée à l’hôtel de ville.