Les artistes derrière Les bruits de l’eau, un projet porté par Le Vivier, seront à Chicoutimi du 3 au 6 février.

Explorer le potentiel sonore de l’eau

Avec le projet Les bruits de l’eau, le groupe montréalais de musique actuelle Le Vivier veut sensibiliser la population à l’importance de l’eau. Les sons que produisent nos lacs et nos rivières seront utilisés pour la création d’une œuvre faite en collaboration avec le Centre d’expérimentation musicale (CEM) de Saguenay.

Le CEM s’apprête à recevoir, cette semaine, beaucoup de visiteurs et le programme sera plutôt chargé. Pendant que la la directrice artistique du Vivier, Emmanuelle Lizière, donnera une série d’ateliers sur le répertoire aquatique des musiques actuelles, l’ensemble à percussions Sixtrum et Fabrice Marandola travailleront avec le compositeur saguenéen Charles Côté sur une nouvelle création. Le cœur du projet Les bruits de l’eau est d’ailleurs la conception de cette pièce originale collaborative.

Selon Emmanuelle Lizière, l’eau est une richesse dont nous ne mesurons pas toujours l’importance. Il était primordial de parcourir les régions pour aller constater de quelle manière elle a façonné le territoire.

« On a souhaité sortir de nos murs, de Montréal, pour aller à la rencontre de nos partenaires en région. Au Québec et au Canada, l’eau est une richesse à préserver, notamment avec tout ce qui se passe au niveau environnemental. Il faut être solidaire quand on fait des musiques de création. Il ne faut pas être seul dans son coin », explique Mme Lizière.

Emmanuelle Lizière viendra faire découvrir le répertoire des musiques de l’eau à plusieurs groupes.

En plus de passer par Chicoutimi, Le Vivier s’est déjà arrêté à Rimouski en octobre dernier. Il ira à Kingston en septembre.

« On a des approches différentes selon les lieux. À Rimouski, on a fait des prises de son qui vont être utilisées dans une pièce avec des étudiants du Conservatoire. À Chicoutimi, la présence de l’eau est importante, mais en ce moment, ça doit être assez gelé. Il pourrait y avoir une réciprocité sonore entre les craquements de la glace et le débit de l’eau. Ça se construit musicalement, cette relation entre l’immobilité et le flux. Ça peut vraiment être une source d’inspiration », dit la musicienne avec enthousiasme.

Utiliser des éléments de l’environnement sonore quotidien est une pratique fréquente dans la musique actuelle. « Ces éléments on peut les musicaliser. Quand on n’y porte pas attention, on a tendance à ne plus les entendre, mais ils ont un fort potentiel », estime Emmanuelle Lizière.

Les bruits de l’eau aura lieu en deux temps à Saguenay. L’exploration musicale se fera entre le 3 et le 6 février dans le cadre d’une résidence de création. Les musiciens seront de retour en mai, pour présenter le fruit de leur travail. Le résultat final de cette semaine d’expérimentation sera présenté le 16 mai 2020, à la salle Orphée de l’Atelier de musique de Jonquière, dans le cadre du Festival des musiques de création.

Le Vivier organise aussi une journée H2O, le 9 mai, à Montréal. À cette occasion, on jouera une grande partie du répertoire produit dans le cadre du projet Les bruits de l‘eau.