La série de photos de Nicolò Filippo Rosso vise à sensibiliser au sort des migrants vénézuéliens.
La série de photos de Nicolò Filippo Rosso vise à sensibiliser au sort des migrants vénézuéliens.

Exodus: raconter l'histoire des migrants vénézuéliens 

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
Nicolò Filippo Rosso a passé des mois dans les zones frontalières du Venezuela et de la Colombie à marcher le long des routes avec les migrants. Avec Exodus, il aspire à partager de façon emphatique les sentiments de ces personnes qui fuient en racontant leur histoire en images.

Les Vénézuéliens qui quittent leur pays et tentent d’atteindre la Colombie sont nombreux. Encore aujourd’hui, malgré la fermeture officielle par le Venezuela de sa frontière terrestre avec la Colombie, quelque 300 points de passage clandestins seraient actifs.

«Les migrants n’ont pas d’argent pour rejoindre une grande ville ou la prochaine frontière en bus. Loin de l’oeil des médias, concentrés sur la principale ville frontalière colombienne de Cúcuta, la charité et l’aide sont rares. J’ai choisi de me concentrer sur les migrants les plus vulnérables : enfants, adolescents, mères enceintes et qui allaitent», raconte le photographe.

Son reportage photographique lui a permis de mettre la main sur le troisième prix de la catégorie Sujets contemporains – Récits. Pour celui qui se consacre à la photographie depuis quelques années seulement, il s’agit d’un accomplissement.

«C’est une réalisation importante pour moi. Cela confirme ma conviction que nous devons faire confiance à notre instinct et faire les choses comme nous les ressentons. Je suis particulièrement heureux aussi parce que l’histoire est racontée en noir et blanc. Dans un monde éditorial qui pousse pour des images en couleurs et des actualités rapides, choisir le noir et blanc et travailler lentement est un défi pour un photographe. Sans les distractions des détails que la couleur révèle, j’espère que ces photographies en noir et blanc concentreront notre attention sur les sentiments des gens et nous conduirons tous à une réflexion sur ce que signifie être forcé de quitter une maison et de tenter de survivre.»

Le photographe partage le prix avec les familles vénézuéliennes, forcées de quitter leur maison et d’entreprendre un voyage épique à travers l’Amérique latine.

«Mon souhait est que cette reconnaissance contribue à rendre digne et à respecter la vie des migrants vénézuéliens et à diffuser le message d’humanité qui inspire mon travail. J’établis des partenariats avec des ONG et des organisations de médias afin de poursuivre ce projet et de contribuer à attirer davantage l’attention sur les migrants et leurs luttes auprès des gouvernements.»

Le photographe poursuit d’ailleurs son travail en se concentrant sur les effets de la pandémie sur les migrants.